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Banque : ils ont quitté leur employeur, que sont-ils devenus ?

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Sylvie Laidet

30/04/2018

Banque Assurance Finance

Bonne nouvelle, on peut rebondir quand on quitte son employeur même dans un secteur en restructuration comme la banque, même contraint et forcé. Une récente étude du cabinet OaSys Consultants éclaire sur les nouvelles trajectoires de ces outplacés.

Que deviennent les cadres « Out of the bank » ? Ceux qui ont connu des départs majoritairement imposés, suite aux restructurations du secteur bancaire. Si l’on se réfère aux résultats de l’étude OasYs Consultants*, 60 % des personnes interrogées (cadres et non cadres) sont à nouveau salariées, 26 % ont créé leur boîte, et les autres sont en cours de formation ou à la retraite.

Évidemment, on pourra dire que les résultats de cette étude sont biaisés car basés sur les réponses de candidats accompagnés par le cabinet OaSys Consultants. Et donc que les cadres bénéficiant d’un outplacement ont davantage de chance de rebondir après leur démission, licenciement ou rupture conventionnelle, que ceux obligés de mener seuls leur recherche d’emploi. Certes, mais ne perdons pas de vue qu’en matière de négociation de départ, les banques sont en général plutôt enclines (ou forcées en fonction de la nature des plans de départ) à offrir des dispositifs de reclassement. Du coup, l’outplacement est plutôt répandu dans le secteur. A fortiori pour les cadres.

1)    70 % des cadres sont restés salariés

Banquier un jour, banquier toujours… 70 % des cadres poursuivant leur carrière comme salariés, sont restés dans le même secteur, dont 71 % dans des fonctions similaires. Autant dire que les établissements bancaires et financiers, malgré des opérations de restructuration notamment dues à leur digitalisation, continuent d’embaucher. Environ un tiers ont rejoint un autre secteur d’activité comme le secteur public, le conseil aux entreprises ou encore l’industrie ou le commerce.

La bonne surprise se trouve également dans la durée de recherche d’emploi : près de 8 répondants sur 10 ont retrouvé un poste, ou mis en œuvre un projet professionnel, dans les 12 mois suivant le début de leur accompagnement, dont plus de 40 % dans les 6 mois. Donc, un retour à l’emploi salarié relativement rapide et un nouveau job visiblement plus satisfaisant en termes de niveau de responsabilités, d’équilibre vie pro-vie perso, d’ambiance de travail, etc. Seule ombre au tableau : la rémunération. Plus de la moitié se plaint du niveau de son package annuel. Ce qui n'est pas réellement une surprise dans le contexte de baisse des bonus et compte-tenu de l'ancienneté moyenne des personnes accompagnées par le cabinet. De plus, 50% ont rejoint une structure plus petite.

 

Témoignage : Frédéric, 52 ans, resté salarié dans le secteur bancaire

Avant : responsable d’une équipe de vente dans une salle de marché
Aujourd'hui : responsable commercial d’une fintech

« J'avais envisagé plusieurs possibilités de reconversion et j'ai donc accueilli très favorablement la proposition d'un chasseur de tête étranger qui a vu une transférabilité de mes compétences vers un nouveau business en dehors des marchés en s'appuyant sur ma capacité à utiliser mon réseau. Je suis hyper content et les débuts sont encourageants. J'ai retrouvé de la fraicheur, beaucoup d'énergie et l'envie de relever des défis. J'ai le sentiment d'avoir quitté un marché en crise et de me retrouver dans une société pleine d'ambition, ça fait du bien.» [Témoignage extrait de l'étude]

 

2)    26 % ont monté leur boîte

Autre constat étonnant révélé par l’étude, 26 % de ces ex-banquiers ont une vraie fibre entrepreneuriale. Ils ont créé ou repris une entreprise, ce qui est bien supérieur à la moyenne des personnes d’autres secteurs accompagnés par le cabinet (12 %). « La plupart de ces entrepreneurs ont monté leur entreprise rapidement : 40 % d’entre eux ont mis moins de 6 mois, alors que, tous secteurs confondus, la durée moyenne de création d'une activité s’élève à 12 mois. Des créations aussi rapides témoignent de projets mûris en amont », observe Jean-Philippe Di Mascio, directeur au sein de la practice Banque chez OasYs Consultants.

Mais aussi de compétences duplicables dans une aventure entrepreneuriale. Près des trois quarts ont choisi de limiter les risques en se lançant dans une activité de service ou conseil financier aux particuliers ou aux entreprises. Donc un secteur qu’ils maitrisent déjà très bien… mais moins rémunérateur. « Même si 57 % d’entre eux ont vu leur niveau de vie baisser par rapport à la période où ils étaient salariés, on remarque un bel optimisme quant au futur : au total, 83 % de ces entrepreneurs se déclarent confiants pour l’avenir ! », conclut-il. 


Témoignage : Katy, 40 ans, a créé sa boîte dans un secteur similaire

Avant : conseillère crédit immobilier dans une banque

Aujourd'hui : courtier en crédit immobilier

« Le challenge a consisté à s'adapter à la dimension commerciale beaucoup plus forte que dans mes expériences précédentes, dans un contexte concurrentiel très intense. Aujourd'hui je m'épanouis dans ce métier tant sur le plan intellectuel que relationnel. Il nécessite pour bien y réussir de réunir des qualités de patience et d'endurance, un goût prononcé pour les chiffres, de savoir travailler en réseau sur la base de liens de confiance. Je ne regrette pas un instant mon choix d'évolution professionnelle ». [Témoignage extrait de l'étude]

 

Témoignage : Fatimata Wone, 32 ans, a créé sa boîte dans un secteur radicalement différent

Avant : chargée du financement des matières premières dans une salle de marché

Aujourd'hui : cheffe d’entreprise pâtissière
« Au bout de 5 ans, j’ai eu envie de faire autre chose. J’ai longuement hésité entre un master en finances et un CAP pâtisserie, pour finalement opter pour le second, en candidate libre. Durant un an, en plus de mon job de salariée, j’ai réfléchi et testé mon projet de livraison de pâtisseries artisanales en tant qu’auto entrepreneur. Une fois mon business plan abouti et mes compétences en marketing digital et entrepreneuriat accrues, j’ai démissionné en novembre 2015 pour me consacrer entièrement au développement de W’one. Durant cette phase, j’ai bénéficié d’accompagnements d’un expert comptable, de Pôle emploi et de la Chambre des métiers et de l’artisanat. Mon passé de banquière m’a aidé (et m’aide encore) dans la gestion administrative et financière de mon entreprise officiellement créée en mars 2017. Pour l’heure, j’ai tout financé sur mes fonds propres mais pour grandir correctement, je dois lever des fonds. C’est sûr que mon expérience en banque d’affaire va m’être précieuse ». [Témoignage extrait de l'étude]

 

Laurence, 50 ans, devenue consultante

Avant : responsable des risques opérationnels d’une banque de financement et d’investissement

Aujourd'hui : consultante free lance en mission dans une BFI

« Le métier de consultant est très stimulant, permettant notamment de s'adapter à de nouveaux sujets et environnements, ce qui est une vraie opportunité à mon âge. Je regrette cependant de ne plus être au centre des décisions et de ne plus avoir d'équipe à gérer. Je suis donc toujours en questionnement pour savoir si je vais continuer ou non dans le voie du consulting. Je pense que passer d'un rôle opérationnel en entreprise à un rôle de consultant ne convient pas à tout le monde, il faut être humble, très autonome et avoir l'habitude et le goût de travailler en mode projet ». [Témoignage extrait de l'étude]

 

* « De Lehman Brothers au Brexit : Repositionnement et vécu des salariés du secteur bancaire ». Etude publiée en janvier 2018 et réalisée entre mars et juin 2017 par OasYs Consultants. Les 188 répondants ont été accompagnés en outplacement entre 2008 et 2016, dont 59 % de femmes, 59 % niveau études supérieur à Bac+4, 57 % de fonctions front-office.

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