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Cadres : les profils recherchés en Méditerranée en 2015

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Lucie Lautrédou

27/11/2014

Région Méditerranée

Commerciaux, informaticiens et ingénieurs : le Sud-Est à vous ! Les employeurs cherchent des collaborateurs motivés et formés. Si c’est votre cas, la crise n’est pas pour vous.

Certes, il y a le chômage. Mais paradoxe, les recruteurs cherchent plus de 250 000 collaborateurs en Paca et Languedoc en 2014. Certains postes ne trouveront pas le candidat idéal faute de profils adéquats et les employeurs se verront obligés d’abandonner des projets de recrutement, donc de développement. Outre les métiers en tension dans toute la France (boucherie, charcuterie, hôtellerie…) les recruteurs méditerranéens recherchent des profils spécifiques et qualifiés d’ingénieurs, informaticiens, commerciaux ou encore cadres dans le sanitaire et social.

Un marché du travail animé par l'agriculture et l'hôtellerie restauration 

En 2014, Paca enregistre 166 051 projets de recrutement et Languedoc-Roussillon 85 950, selon l’enquête annuelle Besoins en main-d’oeuvre réalisée par Pôle emploi et le Crédoc. À l’échelle nationale, les prévisions d’embauche s’élèvent à 1,7 million de projets, révèle l’étude qui mesure chaque année les intentions de recrutement des employeurs, via un questionnaire envoyé à plus de 1,6 million l’établissements.

Dans le pays, les métiers les plus recherchés sont ceux de l’hôtellerie restauration et les services aux entreprises (13 % des intentions d’embauche) talonnés par la santé-action sociale (11 %). Le secteur des services concentre 64 % des projets de recrutement, le commerce 11,5 % et la construction 5,3 %, d’après l’enquête qui vise à anticiper les difficultés de recrutement, améliorer l’orientation des demandeurs d’emploi et les informer.

Paca ne déroge pas à la règle puisque l’on retrouve en tête du tableau régional des projets d’embauches les serveurs de cafés et restaurants, qui totalisent à eux seuls 11 705 intentions, dont 80,4 % pour des emplois saisonniers. Suivent les viticulteurs et arboriculteurs (9 010 projets en 2014, saisonniers à 96,7 %) et les aides et apprentis de cuisine, employés polyvalents de la restauration (8 839 projets, 58,9 % d’emplois saisonniers). La saisonnalité est une spécialité locale, puisque la moitié des 166 051 projets de recrutement locaux concernent des emplois saisonniers, comme en témoignent les métiers les plus recherchés.

En Languedoc-Roussillon, les intentions d’embauche sont tirées par l’agriculture, et elles sont encore plus marquées par la temporalité des contrats. Parmi les 85 950 recrutements programmés, 60 % correspondent à des emplois saisonniers, et 9 326 sont des postes de viticulteurs, arboriculteurs salariés, des emplois saisonniers à 95,2 %. Suivent les serveurs de cafés restaurants avec 6 358 projets de recrutements, temporaires à 84,5 %, et les agriculteurs salariés, avec 4 299 postes à pourvoir, éphémères pour 88,8 % d’entre eux.

Recherche commerciaux, désespérément

Bien plus bas dans les tableaux régionaux, après les cuisiniers, caissiers et autres ouvriers, apparaissent les postes plus qualifiés. S’ils sont moins caractérisés par leurs volumes et leur saisonnalité, ils se démarquent par la difficulté des employeurs à dénicher la perle rare pour les secteurs clés que sont l’ingénierie, l’encadrement, le commerce et l’informatique.

Ainsi, 2 112 projets de recrutements ont été déclarés en Paca pour des postes d’attachés commerciaux, incluant les techniciens commerciaux en entreprise. Ces métiers ne comptabilisent que 3,9 % de saisonnalité, mais connaissent des difficultés importantes puisque 45,5 % des dossiers sont problématiques d’après les déclarations des recruteurs. Sur les mêmes profils en Languedoc-Roussillon, le niveau est de 734 dossiers, dont 41,9 % sont problématiques. Dans le même temps, les employeurs recherchent 337 cadres commerciaux acheteurs et cadres de la mercatique, chefs de produit marketing cette année en Paca (36,7 % de difficulté à recruter) et 126 en Languedoc-Roussillon (52,3 % de difficulté).

« Il y a pénurie sur le marché des commerciaux », affirme Denis Amblard, président de l’antenne marseillaise des Dirigeants Commerciaux de France (DCF). Le responsable voit deux raisons à ce déficit. Il place en tête le fait qu’il n’existe « pas de formation supérieure dédiée » à ces métiers pourtant très particuliers. Loin de l’image de « vendeur à la sauvette » et « d’ouvreur de porte », le métier de commercial est aujourd’hui très technique, « il faut des collaborateurs qui sachent développer un territoire, aller chercher les clients. On veut des profils multi-facettes », détaille-t-il. « Il est temps de comprendre que le commercial est une pièce maîtresse de l’entreprise, qu’aujourd’hui ce métier est exigeant en termes de disponibilité horaire, déplacements... », estime Denis Amblard. Et justement, c’est là qu’arrive la deuxième raison. Face à ce niveau d’exigence, l’observateur pose la question de la rémunération, qui n’est pas forcément en adéquation avec les sacrifices consentis par le salarié. « Est-ce qu’on rémunère les commerciaux comme il se doit ? Des jeunes démarrent sans salaire fixe, sans frais, payés à la commission, pourtant un commercial est comme les autres collaborateurs de l’entreprise, il a besoin de stabilité et de visibilité. »

Jean-Luc Chauvin, président de l’Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE13) ajoute une troisième explication : « Nous avons du mal à garder nos jeunes diplômés, ils ont envie de partir à l’étranger ou ailleurs en France pour progresser plus vite », observe-t-il, ajoutant que les jeunes commerciaux « veulent vite grimper les échelons, sans passer par les premières étapes du terrain. Ils préfèrent dire non aux PME locales pour aller travailler dans des grands groupes ». Pour résoudre ce problème, les patrons vont par exemple embaucher des jeunes en BTS, mais « au bout d’un an ils sont découragés, c’est un métier usant avec des heures de transports. Souvent, ils jettent l’éponge », constate le président de l’union patronale. Alors au final, « les commerciaux, on les débauche ».

Des ingénieurs requis dans tous les domaines

Dans des régions boostées par les centres de compétitivité de hautes technologies et l’aéronautique de pointe (Sophia, Montpellier, Marseille…) les ingénieurs sont des profils précieux, demandés dans des secteurs variés. Ainsi, en Paca cette année les entreprises recherchent, et peinent parfois à trouver, des ingénieurs et cadres d’études, R&D en informatique, chefs de projets informatiques (1 729 projets de recrutement, 71,8 % des cas jugés difficiles), des ingénieurs et cadres d’études, recherche et développement dans l’industrie (988 projets, 65,2 % de difficultés), ingénieurs et cadres de la fabrication et de la production (161 postes, 34,7 % de difficultés), ingénieurs et cadres en télécommunications (126 postes, 20,1 % de difficultés)…

L’aéronautique, l’économie verte et la logistique

Les besoins sont polarisés autour de secteurs très pointus. Il y a l’aéronautique d’un côté, tiré par le pôle de compétitivité Pégase qui vise à fédérer la filière en Paca et regroupe notamment des géants comme Eurocopter, Thales Alenia Space, Dassault... « Dans ce domaine 45 % des offres concernent des cadres et nous avons dû développer des formations spécifiques pour des métiers comme dessinateur mécanique, ingénieur avionique, ingénieur d’étude… Les salariés qui vont collaborer à l’écriture des cahiers de maintenance ou de sécurité par exemple sont des cadres », observe Denis Cavillon, directeur régional adjoint de Pôle emploi Paca.

Il cite ensuite le secteur de l’économie verte, notamment stimulé par la future Éco-Vallée à Nice et qui offre un « potentiel de nouveaux cadres autour des métiers verts : management, inspection en environnement urbain... » ou même de nouveaux métiers comme celui de la « supervision d’exploitation éco-industrielle », qui vise à organiser, coordonner et contrôler des moyens et des process dans un objectif d’exploitation d’installations de traitement des eaux ou d’élimination, valorisation ou stockage de déchets. « On apporte une touche verte dans toutes les industries d’aujourd’hui. Ça n’existait pas il y a dix ans tout comme les normes qui se sont développées », observe M. Cavillon. Danielle Ducreux, directrice de PACA Mode d’Emploi, Agence Régionale pour l’Innovation et l’Internationalisation des Entreprises en Provence-Alpes-Côte d’Azur, insiste elle aussi sur l’aéronautique, qui « génère à elle seule plus de 450 emplois par an, dans un secteur où tous les métiers sont représentés avec une chaîne de valeur complète : R&D, études, production, maintenance… ». Pour elle, ce potentiel ne fera que s’accroître avec l’émergence du projet Henri Fabre, projet structurant pour le territoire qui réunit dans un centre mutualisé les ressources et compétences pour les industries et la recherche.

On rencontre également « de gros besoins en ingénieurs dans le monde de la logistique, un secteur en développement notamment aux alentours de Fos-sur-Mer », avance Olivier Robert, coordinateur Education et Formation au Medef Paca. « On a des demandes en logistique multimodale pour gérer les flux de camions, trains, avions… Les plateformes de logistique ont des besoins de distribution sur toute l’Europe », explique-t-il. Danielle Ducreux abonde en ce sens. « La logistique est un secteur économique à part entière qui englobe des activités de transport de marchandises, d’entreposage, de manutention, de conditionnement et de services et intégre de plus en plus d’activités à valeur ajoutée. Elle occupe une place de premier rang dans l’attractivité des investissements et a généré entre 2000 et 2012 des volumes d’emplois conséquents. »

Les facteurs de la pénurie

La région est dynamique et les écoles sont bonnes, alors pourquoi cette pénurie d’ingénieurs ? Pour Jean-Luc Chauvin, l’explication est la même que pour les commerciaux : « On forme de bons ingénieurs ici mais ils partent à l’étranger ou à Paris et Lyon. Nous n’arrivons pas à les conserver car il y a un problème d’infrastructures. En termes de loyers, ils seront aussi mal lotis ici qu’à Paris, sauf que là-bas il y a un bon réseau de transports en commun. Et une fois partis, très peu de professionnels reviennent réellement. » En outre, attirés par des salaires plus élevés et des conditions de travail réputées meilleures, « beaucoup d’ingénieurs fuient l’industrie pour se tourner vers la banque et la finance qui les attirent plus que les PME de la région Paca », observe par ailleurs Olivier Robert. Et le tissu de PME locales a du mal à attirer… Annie Boyer, chargée d’étude à l’Observatoire régional des métiers Paca pointe aussi le « problème d’attractivité de l’industrie » et l’absence de « tradition de formation industrielle dans la région, qui a du mal à s’auto-suffire en ingénieurs. » En Languedoc, les acteurs économiques recherchent 318 ingénieurs et cadres d’études, R&D et informatique, chefs de projets informatiques (69,4 % de difficultés), 240 ingénieurs et cadres d’étude, recherche et développement dans l’industrie (40,6 % de difficultés), 72 ingénieurs et cadres de la fabrication et de la production (36,3 % de difficultés)…

Et le secteur phare, polarisé à Montpellier, c’est l’informatique, où l’on enregistre « de gros besoins », observe Corinne Navel, conseillère Pôle Emploi Cadres à Montpellier. Si la pénurie de commerciaux et d’ingénieurs fait consensus parmi les observateurs dans le sud de la France, ils citent également d’autres secteurs en difficultés : les cadres du secteur sanitaire et social, les comptables, responsables marketing… « Malgré la faculté de médecine, nous avons une pénurie sur les métiers de la santé comme ceux de médecins généralistes, neurologues... », regrette Corinne Navel. « Le secteur de la santé est pourtant prometteur en termes de valeur ajoutée des emplois, mais pas forcément en nombres », explique Danielle Ducreux, qui cite « un projet comme celui de Marseille Immunopole, pôle de recherche et d’expertise dans les maladies infectieuses, qui contribuera à faire rayonner l’expertise marseillaise dans le monde, et attirera des investissements et des emplois à l’instar des start-up devenues leaders mondiaux comme Ipsogen avec 70 emplois et Innate Pharma ».

Pourtant, « le milieu hospitalier, les maisons de retraite et les grands groupes sont de gros consommateurs de cadres, que ce soit dans le sanitaire hospitalier privé ou public, mais les structures ont du mal à trouver du personnel de qualité », note Olivier Robert. La qualité des candidatures, c’est le point de blocage avancé par la majorité des experts. Héliotropisme et bonne image de la région entraînent parfois un nombre de postulants beaucoup plus important que dans d’autres régions sur les offres, mais si la quantité y est, la qualité pêche souvent. Maîtrise des langues, formation adéquate, cocktail savoir-faire et savoir-être… Atteindre l’alchimie parfaite n’est pas chose aisée.

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Elisa30

22/12/2014

à 10:42

Bonjour,

Autre gros problème, les débutants. En Languedoc_Roussillon il ne fait pas bon vivre quand vous avez terminé vos études (M2) et que vous recherchez un travail en relation avec lesdites études. Aucune offre et/ou aucune convocation à un entretien si vous n'avez pas au minimum 2 ans d'expérience, 5 années étant plus généralement demandées.
Comment voulez-vous commencer ?Si vous n'avez pas de "relations" vous êtes foutus.
C'est désespérant !

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corinne13

17/12/2014

à 08:30

Bonjour,

Vous désignez les ingénieurs comme des profils précieux et vous avez raison.
Mais savez vous qu'il existe aussi des docteurs en sciences (droit, chimie, environnement, langues etc...) ?
Le doctorat est le plus haut grade universitaire et aujourd'hui de nombreux ingénieurs s'inscrivent en doctorat pour compléter leur formation.

Le magazine Capital vient d'établir une liste des start-up françaises de moins de 10 ans aux produits innovants qui recrutent en 2015. De nombreuses emploient justement des docteurs en sciences....

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bird

03/12/2014

à 15:11

Je confirme, j'ai postulé sur différents postes de commercial grands comptes dans la région dans divers secteurs d'activités.
Et les propos tenus sont : "vous n'avez pas assez d'expériences dans le secteur alors qu' à la base un bon commercial sait tout vendre.
C'est la technique et l'approche qui compte!!
Le produit, on l'apprends ainsi que son marché.

Après il faut juste que le secteur et la mission plaise pour se sentir investi.

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