Ces entreprises qui cherchent à recruter des femmes

Agnès Wojciechowicz

En manque de femmes dans leurs effectifs, certaines entreprises cherchent à les attirer. Elles ajustent leurs processus de recrutement, promettent un meilleur équilibre vie pro-vie perso ou vont carrément les chercher… à l’école.

Les femmes cadres manquent cruellement dans certains secteurs traditionnellement masculins. L’industrie, l’automobile, l’énergie, l’aéronautique et le numérique, par exemple. C’est pourquoi, même si la discrimination à l’embauche est interdite, certaines entreprises ont décidé de prendre le problème à bras le corps.

Elles orientent leurs recrutements en faveur des femmes

L’éditeur de logiciels Oracle fait ainsi toujours figurer au moins une femme dans la short-list des candidats, lorsqu’un poste est à pourvoir. « À défaut, les recruteurs doivent expliquer les raisons de cette absence », précise Martine Liautaud, auteur du livre "Culture mentoring, accompagner les femmes pour réussir" (éd. Eyrolles, 2014).

Pascale Salut, présidente du réseau régional de distribution de pièces de rechange automobile Dasir (Dépôt Auto Sport Industrie Rhodanien) a aussi modifié ses habitudes de recrutement. « J’ai décidé d’orienter un peu plus mon recrutement en direction des femmes en les recrutant sur des fonctions en logistique, explique-t-elle.  En visitant quelques entreprises de logistique, je m’étais aperçue qu’elles employaient beaucoup de femmes. On m’avait expliqué qu’elles étaient rigoureuses, organisées et très soucieuses de la qualité. Aujourd’hui, nous avons quasiment atteint la parité. »

Des initiatives pour renforcer l’équilibre vie pro-vie perso

Modifier les process de recrutement ne suffit pas toujours pour recruter des femmes. Car avant de les embaucher, encore faut-il qu’elles candidatent… Or « même lorsque nous recherchons activement des candidatures féminines, nous ne parvenons pas à les trouver ! », déplore Véronique Di Benedetto, directrice déléguée de la société de services numériques Econocom et présidente de la commission du Syntec Numérique "Femmes du numérique".

« Elles s’excluent elles-mêmes de certaines fonctions techniques », constate Frédérique Dofing, directrice générale du fournisseur d’accès Céleste. En cause, notamment, la peur de ne pas pouvoir maintenir l’équilibre entre leur travail et leur vie privée. C’est pour contrer cette idée reçu que certaines entreprises ont mis en place des mesures pratiques. « Nous avons créé une conciergerie offrant de nombreux avantages aux femmes et dont les hommes de l’entreprise profitent aussi finalement : un pressing, une cordonnerie, des services de baby-sitting, de couture… indique la directrice déléguée d’Econocom, société de conseil informatique. Nous réservons des places en crèche et proposons des cours de soutien scolaire en ligne pour les enfants. »

L’entreprise de services numériques Capgemini a quant à elle signé un accord sur l'équité hommes-femmes et la parentalité il y a deux ans. Elle offre, par exemple, 2 heures à celles qui souhaitent faire la rentrée des classes de leurs enfants.

Des actions dans les collèges et des lycées

Frédérique Dofing a un autre problème : « sur les fonctions d’administrateurs réseaux, moins de 10 % des jeunes diplômés sont des femmes ». Impossible donc, d’en recruter. C’est pourquoi ces sociétés ont décidé d’aller encore plus loin dans la démarche de "séduction" des femmes. « Nous allons dans les collèges et les lycées pour faire de l’information, promouvoir l’apprentissage de codes de programmation dès le plus jeune âge car ce sera de plus en plus indispensable dans le futur. Nous rencontrons les mères pour qu’elles soient prescriptrices de ces métiers du numérique auprès de leurs filles », confie Véronique de Benedetto.

Même démarche pour Frédérique Dofing : « je vais dans les écoles pour parler de l’évolution des femmes dans le secteur numérique et de mon parcours. Il est important d’expliquer que les fonctions informatiques ne nécessitent pas forcément des compétences techniques : dans la fibre par exemple, plusieurs métiers pourraient être exercés par des femmes à l’instar de celui de conducteur de travaux. » « De plus en plus de femmes ont des fonctions clés dans de grands groupes comme HP ou IBM mais il en manque encore beaucoup dans ces postes-clés, d’où l’importance de travailler sur les viviers car les femmes ne peuvent être absentes du numérique », ajoute Véronique di Benedetto. Pour le moment, la France compte seulement 21 % de femmes ingénieures, selon la dernière enquête de l’Observatoire des ingénieurs et scientifiques de France.

Que dit la loi sur la parité en entreprise ?

La loi n’impose aucun quota de femmes dans les entreprises, même si la loi Copé Zimmerman les oblige à en compter au moins 40 % dans leurs conseils d’administration.

 

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Agnès Wojciechowicz

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