Ces entreprises qui luttent contre le sexisme

Publié le 02 mars 2015 Séverine Dégallaix

Il y a les entreprises qui respectent les obligations légales, et celles qui vont plus loin. Ces entreprises mettent un point d’honneur à impliquer leurs collaborateurs en les sensibilisant et en les formant. Découvrez comment ça se passe.

Randstad bannit les blagues sexistes au bureau

Chez Randstad, les salariés n’ont pas le droit de faire des blagues sexistes. Ni racistes ou homophobes, d’ailleurs. C’est formellement interdit et ce n’est pas nouveau. Depuis l’obtention du label égalité en 2008, le groupe de recrutement intérimaire Randstad a renforcé ses initiatives anti-discriminations. Comment empêche-t-il ses salariés de faire des blagues douteuses ? Via la sensibilisation et la formation. « Nous avons formé l’ensemble du management Randstad : environ un millier de managers en quatre ans. Nos RH sont aussi sensibilisés et vigilants, notamment sur les questions de recrutement, de promotion et de rémunération  », indique Aline Crépin, directrice RSE du groupe Randstad France.

L’entreprise mise aussi sur une communication externe anti-discrimination. La rédaction des offres d’emploi est soigneusement étudiée pour ne pas donner de genre aux différents postes proposés. « Nous avons d’ailleurs beaucoup de clients sur des domaines techniques qui nous demandent de les aider à travailler sur la féminisation de leurs métiers, précise Aline Crépin. On peut facilement tomber dans le stéréotype de la secrétaire femme et du maçon homme. Nous essayons de véhiculer l’inverse, de mettre en scène des visuels mixtes quel que soit le métier. » Image issue de la campagne contre les discriminations 2014.

BETC, une  agence de pub dirigée par une féministe

La célèbre agence de publicité dirigée par la non moins connue – et féministe affirmée que nous avons reçuMercedes Erra (5 enfants) ne pouvait pas faire autrement que d’appliquer des principes pro-femmes en interne, notamment en faveur de la parentalité. « On sait que le congé maternité est un moment de pause dans la carrière qui risque de créer des discriminations, explique Corinne Buffo, responsable ressources humaines du groupe. Nous essayons de le rendre neutre. » Concrètement, cela signifie insister auprès des managers pour qu’ils mènent l’entretien annuel avec la collaboratrice avant son départ, et pour qu’ils organisent un nouveau rendez-vous à son retour afin de faire le point sur l’avant, le pendant, et l’après congé maternité.

« Nous proposons aussi des séances de relaxation aux futures mamans pendant qu’elles sont encore en situation professionnelle. L’objectif est d’envoyer un signe positif sur la maternité et de leur permettre de concilier vie privée et travail. Ces séances sont menées par une professionnelle, qui est d’ailleurs une ancienne collaboratrice de l’agence reconvertie ! »

BETC ne s’arrête pas là. L’entreprise envoie également une newsletter à ses salariés, en faveur de l’égalité entre hommes et femmes. « L’objectif est une sensibilisation régulière, afin de rappeler à chacun que nous avons des engagements, que nous sommes une entreprise tournée vers l’égalité », explique Corinne Buffo.

SGS fait signer un "code d’intégrité" à ses salariés

La Société générale de surveillance (SGS) a créé ce qu’elle appelle un "code d’intégrité". Celui-ci promeut des valeurs anti-discrimination. Il encourage notamment l’égalité d’accès à la promotion (il y est formellement écrit qu’il est interdit d’écarter une candidature interne d’un poste de commercial parce que la personne a de jeunes enfants). Et, il ne se limite pas à des mots couchés sur papier. « Le code d’intégrité est abordé au cours d’un entretien, explique Caroline Arquie, DRH de Pôle, SGS France. Il y a une formation, qui se fait par e-learning et présentiel pour les nouveaux venus : chaque manager forme ses collaborateurs. Une signature est ensuite demandée. » Une façon d’engager les salariés dans la bonne voie et qui semble déjà porter ses fruits.

Chez SGS, « être une femme et avoir des enfants n’est pas un frein aux responsabilités. Certains de nos postes de haut niveau sont occupés par des femmes. Je suis DRH du Pôle industrie, qui est pourtant un secteur très masculinisé, et la responsable de tout le pôle est une femme. Au niveau mondial, nous avons une directrice financière, une directrice des ressources humaines et une directrice business », détaille Caroline Arquie. Ces valeurs se ressentent aussi sur les salaires, éternel cheval de bataille des associations pour l’égalité : alors que l’écart entre hommes et femmes s’élève encore à 20 % en France (à temps plein, pour les cadres), « il est inférieur à 5 % chez nos cadres. Il est un peu plus élevé pour les cadres dirigeants, mais cela s’explique surtout par une ancienneté un peu supérieure et la moyenne d’âge, pas par des distinctions de genre. »

Séverine Dégallaix
Séverine Dégallaix

Diplômée en presse écrite, Séverine Dégallaix travaille depuis plus de dix ans sur des sujets concernant la recherche d’emploi et la gestion de carrière. A travers des interviews d’employeurs et de spécialistes du marché du travail ainsi que des années de recherches, elle a développé une expertise qui lui permet d’apporter des réponses actuelles aux problématiques rencontrées par les salariés et candidats de tous secteurs.

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