Data scientist, la rock star du numérique

Jean-Luc Prigent [En partenariat avec Safran]

Courtisé par les start-up comme par les grands comptes, ce spécialiste de la donnée est au cœur de la transformation numérique des entreprises. Il invente de nouveaux modèles économiques à coups d’algorithmes.

Quel que soit leur secteur d’activité, toutes les grandes entreprises se sont engagées dans un vaste plan de transformation digitale. Le numérique les amène à revoir leur modèle économique. Au cœur de leur dispositif, on trouve le data scientist. Capable de « faire parler les données », ce professionnel a pour mission d’en tirer la substantifique moelle et d’imaginer de nouvelles sources de valeur.

Associant des compétences en mathématique statistique et en informatique (Hadoop, SQL…), c’est un vrai mouton à cinq pattes. Et comme tout ce qui est rare est cher, le salaire est au diapason, oscillant entre 50 et 100 K euros, voire davantage dans la bancassurance.

À l’horizon 2018, les États-Unis devraient connaître une pénurie de 190 000 data scientists, faute de formations dédiées. En France, la tension sur ces profils est moins forte car de grandes écoles comme HEC, Essec, Polytechnique, ou Telecom ParisTech ont ouvert des cursus "big data". À noter que les métiers de la donnée ne se limitent pas au data scientist (voir encadré).

Un esprit bien fait

Digital champion pour la France auprès de la Commission européenne, ancien président du Conseil national du numérique mais aussi cofondateur de Captain Dash, start-up spécialisée dans l'analyse du big data, Gilles Babinet estime que la France est bien placée dans cette guerre des talents⁽ ⃰⁾. « Le système éducatif français a plein de défauts mais on peut lui accorder qu’il forme bien aux maths. Les métiers de la data exigent un esprit bien fait. »

Si le métier peut faire rêver vu de l’extérieur, il nécessite néanmoins, selon lui, une certaine vocation. « À la différence des codeurs qui voient rapidement leurs réalisations se concrétiser, les data scientists vivent davantage sur un rythme monacal, à l’image des chercheurs.  Chez Captain Dash, nous n’avons pas de problème pour les recruter mais il est plus difficile de les fidéliser. Quand un acteur américain propose plus de 200 000 dollars à un jeune de 28 ans, difficile pour lui de garder la tête froide », explique l’entrepreneur.

Mais les start-up ne sont pas les seules à leur faire les yeux doux. Axa recrute des spécialistes de la donnée pour son Data Innovation Lab. Depuis janvier, Safran a aussi mis en place une entité dédiée. Safran Analytics coordonne les activités de l’équipementier dans le domaine du big data, pour faire de l'exploitation des données un nouveau levier de performance. Cette démarche va permettre à Safran de développer des leviers de différentiation dans l’élaboration de produits et services à haute valeur ajoutée pour ses clients.  De la conception d’un avion à sa maintenance, la donnée est au cœur de tous les processus industriels. Ainsi, Safran Analytics prévoit une quarantaine d’embauches en 2015(**).

⁽ ⃰⁾ Gilles Babinet vient de publier « Big data, penser l’homme et le monde autrement », aux éditions Le Passeur. ⁽ ⃰ ⃰⁾ www.safran-talent.com

Les autres métiers de la data

Le chief data officer est le patron des données en entreprise. Responsable de leur collecte et de leur fiabilité, il organise leur partage avec les directions métiers en veillant à faire respecter une bonne gouvernance.

Le data protection officer ou chief privacy officer veille à la conformité du traitement de données personnelles au regard de la législation. En France, le CIL - correspondant informatique et libertés – est légitime à occuper ce poste à la faveur du nouveau règlement européen.

Le data analyst est l’homme des bases de données. Il gère leur création et leur administration. Il participe à la stratégie de business intelligence (décisionnel).

Le data miner est un "explorateur des données". Il paramètre les logiciels de l’entreprise pour récolter les données à analyser. Il peut s’agir de données non structurées comme les traces laissées sur un site ou sur les réseaux sociaux.

Sources : Apec, Clémentine

Jean-Luc Prigent [En partenariat avec Safran]
Jean-Luc Prigent [En partenariat avec Safran]

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