Emploi cadres en région : les secteurs qui recrutent

Publié le 23 janvier 2014 Séverine Dégallaix

À l’heure où les entreprises bouclent leur bilan 2013 et établissent leurs prédictions pour 2014, des spécificités se dessinent en fonction des régions, rapporte le dernier baromètre Hudson. Les ingénieurs et les commerciaux restent globalement les plus courtisés. Les entreprises de taille moyenne, implantées en régions, recherchent de plus en plus de cadres au profil international.

Ile-de-France : des ETI et PME dynamiques

De par la nature de son tissu économique, l’Ile-de-France recrute plus de cadres que les autres régions, comme l’explique Marc Puyoulet, directeur général adjoint de Hudson France : « elle rassemble 35 % des cadres du pays et 50 % des recrutements. » Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les grandes entreprises ne sont pas celles qui embauchent le plus, car elles ont tendance à se focaliser sur l’international. En revanche, « les activités autour de ces grands groupes bénéficient de leur dynamisme. Les ETI et PME se développent et recrutent. » À noter que c’est l’une des régions où les cadres de la banque-finance-assurance s’en tireront le mieux en 2014.

Nord : des ingénieurs avant tout

Le Nord est à la recherche d’ingénieurs, principalement dans l’industrie textile et dans le domaine de la logistique. Mais ce n’est pas tout, d’après Marc Puyoulet : « il y a beaucoup de grandes entreprises de distribution, les commerciaux sont donc indispensables. Et il ne faut pas oublier les patrons intermédiaires : directeurs régionaux, responsables… » Enfin, les NTIC sont assez présentes dans la région. Les offres pour ce début d’année concernent notamment les ingénieurs télécoms et les ingénieurs application mobile ainsi que les chefs de projet web.

Grand Est : une pénurie marquée

La Lorraine, l’Alsace, la Champagne-Ardenne, la Bourgogne et la Franche-Comté souffrent de leur éternel problème : le manque d’attractivité. « En Alsace et Lorraine notamment, il existe des spécificités culturelles très marquées qui ont tendance à rebuter les candidats extérieurs », souligne Marc Puyoulet. Ainsi, si la reprise de l’activité dans la région a tendance à s’effectuer au ralenti, les entreprises peinent tout de même à trouver des talents pour occuper leurs postes clefs.

Rhône-Alpes : l’international en pleine ascension

Comme en Ile-de-France, le marché rhônalpin rassemble de nombreuses PME et ETI très actives à l’international qui affichent d’importants besoins à l’export. Des besoins qui se ressentent sur les compétences recherchées : l’anglais est indispensable, et une expérience de l’international appréciée. Heureusement, « rares sont les formations qui ne prévoient pas d’échanges avec d’autres pays, qu’ils s’agissent de stages ou de passer un ou deux semestres dans une école à l’étranger. »

Grand Ouest : un podium pour les ingénieurs

Dans les régions atlantiques, trois secteurs seront porteurs cette année : l’agroalimentaire, l’énergie et l’aéronautique. Selon Marc Puyoulet, « il y a eu tout un mouvement de restructuration des grandes filières agroalimentaires avec une vigilance sur les coûts et des années difficiles, mais la reprise est en vue. » Côté énergie, le marché de l’emploi bénéficie du dynamisme de l’éolien. Enfin, « dans l’aéronautique, l’industrie des composites est très active. Il y a aussi ce projet d’aéroport à Nantes qui fait polémique, mais s’il va à son terme, il générera des recrutements. » Tout ceci explique que le Grand Ouest souffre particulièrement de la pénurie d’ingénieurs généralisée.

Méditerranée : les services en tête

« Traditionnellement, c’est une région où le commerce, les services et le tourisme sont très bien représentés, rappelle Pierre-Louis Cisamolo, Directeur Senior chez Michael Page Sud-Est. On y voit des créations de postes dues à l’externalisation d’activités qui ne sont pas dans le cœur de métier de l’entreprise, en logistique par exemple. » Les cadres qui souhaitent partir à la recherche du soleil peuvent aussi avoir toutes leurs chances dans le domaine de la santé et des biotechnologies : « clairement, il superforme par rapport aux autres. » Enfin, certaines fonctions sont estampillées métiers d’avenir : toutes celles liées au e-commerce et aux NTIC.

Sud-Ouest : des activités diversifiées

« Le quart sud-ouest tire plutôt bien son épingle du jeu, notamment grâce à la diversité de son environnement économique, » estime Patrick Favre, Directeur Senior chez Michael Page. Car le Sud-Ouest, ce n’est pas seulement Toulouse et l’aéronautique : « c’est aussi l’agroalimentaire, avec des coopératives dynamiques qui se musclent sur les fonctions commerciales et les activités viticoles du Bordelais qui recrutent pour l’international. C’est aussi l’informatique, l’électronique, la logistique. C’est aussi la papeterie, région forestière oblige. » Mais quel que soit le secteur, le Sud-Ouest ne fait pas exception à la règle : ce sont les ingénieurs et les commerciaux qui s’en sortent le mieux. Et pour peu qu’un candidat cumule des compétences en vente avec une formation technique, il sera activement courtisé !

Séverine Dégallaix © Cadremploi.fr

Séverine Dégallaix
Séverine Dégallaix

Diplômée en presse écrite, Séverine Dégallaix travaille depuis plus de dix ans sur des sujets concernant la recherche d’emploi et la gestion de carrière. A travers des interviews d’employeurs et de spécialistes du marché du travail ainsi que des années de recherches, elle a développé une expertise qui lui permet d’apporter des réponses actuelles aux problématiques rencontrées par les salariés et candidats de tous secteurs.

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