Ernst & Young s'entrouvre aux universitaires

Sébastien Tranchant

Des universitaires dans les cabinets d'audit ? Après PricewaterhouseCoopers, c'est au tour du cabinet Ernst & Young de leur faire savoir qu'ils sont les bienvenus chez eux. Objectif affiché ? Embaucher 70 diplômés des masters gestion, compta et finance, d'ici à la rentrée de septembre. Une initiative remarquée même si sa portée reste limitée.

Parrain de la dernière promo d'HEC, Ernst & Young fait aussi son marché dans les facs et les IAE de province. A la faveur d'une campagne de recrutement lancée il y a quelques semaines, le célèbre cabinet d'audit international s'apprête à embaucher, d'ici au 1ᵉʳ septembre, 70 étudiants diplômés de master 2 en gestion, comptabilité et finance.

Sourcing diversifié

Sélectionnés après une journée de tests intensifs (personnalité, études comportementales, raisonnement verbal, études de cas, jeux de rôle...), 188 candidats ont été conviés à participer à deux sessions d'entretien organisées le 16 mai et le 20 juin. Les places à prendre sont des postes de spécialiste en maîtrise des risques, en fiscalité ou en transaction rémunérés à partir de 31 K€ par an pour ces débutants. Cette opération, qui vise à rassurer les universitaires souvent snobés au profit des diplômés des grandes écoles, a tout de même une portée limitée : 70 postes sur environ un millier de recrutements en CDI opérés dans ce cabinet chaque année. On ménage les habitudes de la maison.

Cent établissements contactés

« Pour cette première édition, nous sommes très satisfaits des contacts engagés, se réjouit Frédéric Huynh, responsable du sourcing chez Ernst & Young. Nous avons approché au total une centaine d'établissements universitaires (les universités Paul Cézanne d'Aix-en-Provence, Lyon III, Littoral de Boulogne-sur-Mer...) et reçu plus de 800 candidatures d'étudiants. Les universitaires ont généralement tendance à s'autocensurer. Le but de cette opération était de leur montrer que leur profil peut aussi nous intéresser. » Concernant les formations en comptabilité (masters comptabilité et contrôle d'audit), Ernst & Young prend au fond assez peu de risque puisque « tous les programmes pédagogiques sont calqués  sur le référentiel de l'Ordre des experts comptables » rappelle Marc Garcia, responsable du master CCA de l'université de Boulogne-sur-Mer.

Prise en charge totale des frais

Et ceux qui verraient dans l'initiative d'Ernst & Young une version « maison » de l'opération Phénix engagée par le cabinet concurrent PriceWaterhousecoopers, « ils se trompent », commente Frédéric Huynh. « Alors que l'opération Phénix  vise à recruter des profils originaux, nous avons fait le choix d'intégrer uniquement de jeunes diplômés formés à nos métiers. Chaque nouvelle recrue suit la même formation interne que nos autres collaborateurs. Ce qui n'est pas le cas des recrues « Phénix » qui doivent suivre en plus une formation de mise à niveau pour assurer leur adaptation à leur nouvel environnement, » explique Frédéric Huynh.

Outre la possibilité pour les universitaires de faire valoir leurs qualités, Marc Garcia voit un autre avantage à cette initiative : « C'est la première fois qu'une entreprise propose la prise en charge de la totalité des frais engagés par les candidats pour se rendre aux diverses étapes du recrutement. J'ai été très agréablement surpris. Ernst & Young a vraiment mis le prix dans cette campagne, » souligne le maître de conférences.

Et après ?

« Sur le principe, il est tout à fait envisageable de pourvoir plus de postes lors des prochaines éditions mais il est encore trop tôt pour l'assurer, précise Frédéric Huynh. Attendons de voir comment s'intègrent nos nouvelles recrues. Quelque chose à améliorer tout de même à l'occasion d'une prochaine édition ? « Il faudrait avancer l'opération à janvier ou février car plus tard dans l'année scolaire de nombreux étudiants sont déjà en stage et il est plus difficile pour eux de se libérer, estime Marc Garcia. Beaucoup de mes étudiants n'ont pu participer à la campagne cette année à cause de cela. C'est plutôt dommage. »

Sébastien Tranchant
Sébastien Tranchant

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