1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'actualité métiers et régions >
  4. Fintech : des recrutements plus nombreux qu'on ne le croit

Fintech : des recrutements plus nombreux qu'on ne le croit

fintech--des-recrutements-plus-nombreux-quon-ne-le-croit

Sylvie Laidet

01/02/2016

Leur ambition est simple : construire la finance de demain en se positionnant comme des alternatives aux banques. Pour réussir leur pari, celles que l’on appelle les fintech (contraction de finances et technologie) sont entrain de renforcer leurs équipes d’ingénieurs bien sûr mais aussi de staffer leurs forces commerciales. Revue d’effectifs à venir.

Fintech : des recrutements plus nombreux qu'on ne le croit

Recrutements dans la banque : le digital change la donne

[Dossier] Entre transformation digitale des organismes traditionnels et émergence de nouveaux acteurs, les besoins en recrutement du secteur bancaire ...

Les fintech c’est quoi ?

Pour faire court, disons que c’est de la banque sans les banquiers… Plus sérieusement, il s’agit de start-up qui mettent la technologie au service de la finance. Et qui proposent ainsi une alternative au monde des banques et des assurances. « Actuellement, la fintech française compte une centaine d’entreprises, qui ont pour la plupart entre 5 et 50 salariés et affichent une croissante rapide, parfois largement supérieure à deux chiffres », observe Alain Clot, le président de la toute jeune association France FinTech. Dans le secteur de la finance, elles pèsent pour l’instant peu en termes de part de marché, mais tous les analystes leur prédisent un avenir radieux dans l’Hexagone. 40 % des Français se disent même prêts à adopter les services de la fintech. Actuellement, ce marché se concentre autour de quelques lignes de métier : tout ce qui tourne autour des solutions de paiement et de transferts d’argent mais en se passant des banques, le crowdfunding et le crowdequity, la tenue de compte, le "robo-advisor", autrement dit les outils digitaux basés sur des algorithmes et l’analyse de big data prodiguant des conseils sur les achats et ventes à réaliser, mais laissant le client acteur du choix final. Ces derniers permettant au commun des mortels de consulter et de gérer ses comptes issus de différents établissements bancaires à partir d’une même application. Bref, plus rien à voir avec la banque à papa. « Dans les fintech, on part de l’usage du consommateur pour bâtir une solution technologique et pas l’inverse », insiste Alain Clot. Cette façon disruptive d’appréhender l’univers bancaire ne laisse évidemment pas les banques de marbre. « Ces dernières cherchent de plus en plus à se rapprocher des fintech pour profiter de leur agilité et de leur droit à l’expérimentation. En fonction de l’intérêt qu’elles voient dans le projet, elles hébergent la start-up, font office d’incubateur et en deviennent actionnaires, voire les achètent », explique Alain Clot. Derrière mouvement en date, le rachat de Leetchi –cagnotte en ligne- par Crédit Mutuel Arkea. Et de nombreux autres deals seraient en cours. Ou quand le disrupté avale le disrupteur. « En fait, le sujet est plutôt de savoir si les banques vont être capables de se disrupter elles-mêmes ou est-ce que les GAFA -Google, Apple, Facebook, Amazon-, opérateurs télécoms, la grande distribution mais aussi les acteurs de la technologie ne vont pas rafler la mise », analyse cet expert. Orange vient en effet d’annoncer le rachat de Groupama Banque. Facebook s’est lancé dans le paiement mobile. Bref, on n’achètera sans doute plus jamais comme avant. Pour cela, les fintech françaises fourbissent leurs armes et recherchent des forces vives. Combien ? « Nous sommes entrain de recenser le nombre de salariés du secteur donc nous ne sommes pas encore capables de faire des prévisions. Mais une chose est sûre, les fintech recrutent en permanence », assure le président de France FinTech.

 

Quels jobs à pourvoir dans les fintech ?

Faute de chiffres globaux, nous avons interrogé des fintech pour connaître leurs prévisions de recrutement pour cette année. Et là surprise, ce n’est pas un, ni deux, ni trois postes à pourvoir par-ci par-là. Non, à chaque fois des dizaines d’offres d’emploi. Ainsi, suite à une levée de fonds de 15 millions d’euros en juillet 2015 pour se développer en Europe, Slimpay (paiement en ligne) mise sur 40 nouvelles recrues. « Nous recherchons des ingénieurs en développement Java, des spécialistes du service client capables de comprendre les enjeux de nos clients (entreprises) mais aussi des commerciaux pour des postes en France et à l’étranger et des data scientist », détaille Jérôme Traisnel, co-fondateur et CEO de Slimpay. La plateforme de prêts de particuliers aux TPE/ PME Bolden entend doubler ses effectifs sous trois mois. À la clé, 7 postes à pourvoir (développeurs, commerciaux et analystes financiers). Prêt d’union, qui elle, lève des fonds auprès de particuliers ou d’institutionnels pour accorder des crédits à la consommation à d’autres particuliers, table sur 40 CDI supplémentaires cette année. « Nous recherchons des développeurs .net, des product owner, des ingénieurs test et automatisation, un responsable web marketing référencement, un responsable média, des conseillers commerciaux à distance, des analystes crédit consommation et bientôt un country manager pour l’Espagne », illustre Marine Crovella, responsable RH de Prêt d’Union.

 

Avez-vous le profil fintech ?

Tous les recruteurs interrogés sont unanimes sur le sujet : vous devez être « entrepreneur de votre poste ». Si on traduit, dans les fintech (comme dans les autres start up), on a le poste que l’on se construit. Donc, il faut être innovant, autonome, proactif, dynamique et capable de se fondre dans une équipe souvent très jeune. Chez Bolden, le candidat passe ainsi les 2 entretiens de rigueur mais au final, il aura croisé, au détour d’un couloir, autour de la machine à café, les 5 autres membres de l’équipe. « Chacun donne son avis sur le premier contact, le ressenti dans sa façon de se présenter », précise Joël Gaudeul, directeur marketing et opérations de la plateforme. Côté diplôme, tout dépend des fonctions. « Qu’il soit ingénieur informatique ou autodidacte, un développeur doit être malin et passionné par le technologie. Pour devenir conseiller commercial, une première expérience dans une banque web est appréciée. Les analystes crédit doivent avoir une connaissance de ce secteur. Par exemple via une première expérience dans des organismes de crédit à la consommation », détaille Marine Crovella. Chez Slimpay, les candidats à des postes commerciaux doivent avoir travaillé dans l’univers du paiement. « Le vocabulaire et l’éco système sont vraiment techniques. On préfère donc les candidats qui maîtrisent l’univers des paiements et on se charge de les former aux nouvelles technologies », commente Jérôme Traisnel. Mais pour lui, le plus dur n’est pas de trouver des candidats… mais des candidats qui parlent bien anglais. « Notre développement en Europe impose au minima une bonne maitrise de l’anglais voire d’une deuxième langue comme l’allemand, l’espagnol ou le néerlandais », ajoute-t-il.

 

Ça paie combien dans les Fintech ?

« En règle générale, la rémunération se compose d’un fixe égal ou inférieur au marché, d’une part variable indexée sur les résultats et d’outils d’association à la valeur de l’entreprise, type BSPCE », précise Alain Clot, président de France FinTech. Les BSPCE sont effectivement très appréciés des nouvelles recrues car c’est un pari sur l’avenir de l’entreprise, et souvent, si elles rejoignent ces Fintech c’est justement pour participer à fond à cette épopée. « Et si ca marche, c’est bingo pour les salariés au capital », conclut-il. Chez Prêt d’Union, les bons de souscriptions de parts de créateur d’entreprise (BSPCE) sont distribués à la méritocratie. Les plus investis sont les mieux servis. Un tiers des salariés de Slimpay ont pour l’instant été associé au capital de l’entreprise. « 20 personnes qui se révèlent être indispensables à la réussite de l’entreprise », précise Jérôme Traisnel. Vous voilà prévenu.

 

1

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

filali gmar zarzis 4170

15/02/2016

à 15:35

Magnifique explication , merci

> Répondre

+
Confidentialité de vos données
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires permettant l’utilisation de données relatives à un même utilisateur par notre société ainsi que par des tiers comme les régies publicitaires partenaires, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services en lien avec votre recherche d’emploi, une offre publicitaire adaptée à vos centres d'intérêts et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus
J'accepte