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Grand groupe, ESN, start-up ... : quels ingénieurs informatiques recherchent-ils en 2016 ?

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Sylvie Laidet

18/01/2016

Si les grands groupes, ESN et start-up ne recherchent pas les mêmes profils de candidats, toutes ces entreprises se font la guerre pour attirer les mêmes expertises. Découvrez quels ingénieurs informatiques sont les plus courtisés en ce début 2016.

Des milliers de postes à pourvoir

Cette année, on prend les mêmes et on recommence mais en rebattant un peu les cartes. Dans l’ordre, les entreprises sont accros aux développeurs logiciels. « Les logiciels libres ont beaucoup mûri donc les entreprises sont plus enclines à les exploiter. Pour cela, elles recherchent de bons développeurs experts en PHP, .net et J2E. Le problème est que tout le monde veut les mêmes profils et on ne trouve pas assez de bons candidats disponibles », observe David Majorel, directeur de la division systèmes d’information et conseil du cabinet de recrutement Michael Page. Alten recherche à lui seul 300 à 400 développeurs « front » et « back end ». À cela s’ajoutent de nombreux postes de développeurs d’applications mobiles, des profils très prisés par les start-up. La filière sécurité informatique est également en pleine montée en puissance. « Il y a quelques années, les entreprises traitaient leurs données en interne. Désormais, elles sont stockées sur des serveurs chez des prestataires externes. La sécurité est donc primordiale. Toutes les données clients remontées du terrain doivent obligatoirement être sécurisées. À chaque échange de données, il y a un risque potentiel d’intrusion. Les entreprises, ESN mais aussi client final, recherchent donc des experts en cyber sécurité », détaille-t-il. Dont une centaine de pros de la sécurité chez Alten qui vise aussi le recrutement de 150 à 200 ingénieurs spécialisés en infrastructures et réseaux ainsi que des data scientist et des gestionnaires de projets. Aubay, une autre ESN implantée à Boulogne-Billancourt (92), entend recruter 200 ingénieurs informaticiens pour des postes de développeurs, de data scientist mais aussi d’experts pour intervenir sur des projets en banque-finance. Autre ESN, en manque de cerveaux, Synchrone Technologies table sur 230 nouvelles recrues spécialisées en informatique (ingénieur développement, chef de projet infrastructure, production, expert en cloud et big data, en sécurité des systèmes d’information, en business intelligence). CGI prévoit 1400 embauches dont une majorité d’analystes développeurs, des consultants et des experts techniques.

Les grandes entreprises consolident également leurs équipes internes. Ainsi Société Générale prévoit 500 recrutements pour ses trois directions informatiques (banque de détail, finance et marchés, et informatique groupe). La filière informatique de BNP Paribas recherche de son côté 200 nouveaux collaborateurs. « Une moitié pour renforcer la direction informatique groupe, l’autre moitié interviendra dans nos métiers et filiales », précise Béatrice Perrot, responsable adjointe du recrutement de BNP Paribas en France. A la clé là encore, des postes d’analystes développeurs, de concepteurs, de responsables d’application, des chefs de projet, des ingénieurs intégration en production mais aussi des architectes en systèmes d’information. Enfin, dans des volumes évidemment moins importants, les start-up font les yeux doux aux développeurs, très attirés par ces environnements réputés plus agiles que dans les ESN ou les grandes entreprises.

 

À chacun ses profils

Dans les grands groupes, on ne fait pas toujours dans la nuance : c’est bac +5 sinon rien. «On a bien essayé de leur proposer des bac+3/4, mais rien à faire. Si le DRH a décidé une montée en compétences générale des troupes et davantage de juniors, impossible de déroger à la règle. Même s’il y a pénurie de candidats », regrette un consultant en recrutement expert du sujet. BNP Paribas recrute surtout des ingénieurs bac+5 issus d’écoles d’ingénieurs ou d’universités avec une spécialisation informatique. « Nous recherchons principalement des jeunes actifs avec une ou deux expériences réussies mais aussi des candidats plus expérimentés sur des problématiques ciblées (bases de données, architecture des systèmes d’information) », précise Béatrice Perrot. Pour les ESN, le son de cloche diffère. « Elles ont fait une croix sur les grands diplômes. Du moins, elles sont moins strictes qu’avant. Ainsi, elles sont ouvertes à des diplômés de bonnes formations Miage, Bachelor mais aussi à des BTS », constate David Majorel de Michael Page. Pour des questions de coût, ces entreprises de service recrutent essentiellement des jeunes fraîchement sortis de l’école ou avec une première expérience. « Au bout de 5 ans, ils coûtent plus cher, or les taux journaliers facturés par les ESN à leurs clients ne s’envolent pas. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de turnover dans ce type d’entreprises », argumente Emmanuel Stanislas, dirigeant du cabinet de recrutement Clémentine. Et quid des profils recherchés par les dirigeants de start-up ? En règle générale, ces jeunes entreprises innovantes sont moins regardantes sur le diplôme que les plus grandes structures. Certaines ouvrent même volontiers leurs portes à des autodidactes car la passion du métier et la capacité à s’intégrer dans l’équipe priment. « En fait, tout dépend du stade de développement de l’entreprise. Un diplôme qui claque sur un CV peut être la cerise sur le gâteau pour convaincre des investisseurs lors de levée de fonds », précise Emmanuel Stanislas.

 

Des parcours professionnels ouverts

Plus encore dans la filière informatique qu’ailleurs, on ne fait pas toute sa carrière dans une même entreprise. « Les ESN étant les plus gros recruteurs, on débute souvent dans ce type de structures très formatrices. Et puis, quand on a en assez d’être balloté d’une mission à une autre, d’un client à un autre, d’une région à une autre, en principe, on part chez un client pour lequel on a travaillé », observe Emmanuel Stanislas. Voilà pour la théorie. Car depuis quelques années, la situation est moins linéaire et systématique. D’abord, les grandes entreprises n’attirent plus nécessairement autant cette population d’informaticiens. « Certains candidats refusent des postes chez les clients – de grandes entreprises de la banque ou de l’assurance par exemple- au profit d’offres dans des start-up. Aussi pour attirer ces profils, les grandes entreprises créent des digital lab. Elles cultivent ainsi en interne le fameux « esprit start-up » si cher à cette population », observe David Majorel de Michael Page. Et puis, les recruteurs classiques doivent aussi compter avec la concurrence des start-up. Du fait de leur fonctionnement réputé agile, ces entreprises innovantes viennent jouer les troubles fêtes en "aspirant" des centaines de développeurs attirés par ces environnements. Donc, le traditionnel passage de l’ESN au grand groupe peut être aujourd’hui court-circuité par un crochet (plus ou moins long) dans une start-up.

 

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