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Ingénieur informatique dans une start-up : soyez agiles !

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Sylvie laidet

18/01/2016

Gestion des projets de A à Z, prise de responsabilité rapide, agilité technologique, innovation… Telles sont les principales raisons pour lesquelles les ingénieurs informaticiens sont attirés aujourd’hui en nombre par l’univers des start-up.

Quand il rejoint la start-up Clustree en novembre 2014, Romain Vrignaud est embauché comme responsable de production. « Je gérais à la fois l’infrastructure des serveurs et l’ajout de fonctionnalités à la plateforme », se souvient-il. Un an plus tard, en novembre 2015, il est nommé VP Engeneering par la CEO de la boîte. A 29 ans, il est aujourd’hui aux manettes d’une équipe de 10 développeurs et porte un double regard sur son évolution rapide dans cette structure spécialisée dans l’analyse des big data RH. « Au départ d’une start up, il n’y a pas vraiment d’organisation, pas de département, pas de barrière. Les premiers salariés, dont j’ai fait partie, prennent la place qu’ils ont envie de prendre. La structure ne leur prédéfinit pas de rôle précis. Et puis, deuxième avantage de ce type de structure agile, les dirigeants ne s’arrêtent pas sur les schémas standard d’évolution de carrière. On promeut des capacités et des compétences plus que des profils », argumente-t-il.

 

Créativité et responsabilisation

Ce jeune informaticien ayant décidé de débuter sa carrière dans une start-up, n’est pas un cas isolé. Au contraire. Les jeunes informaticiens (et les moins jeunes aussi d’ailleurs) sont de plus en plus nombreux à rejoindre ce type de structure.

Leurs motivations ? D’abord le droit à davantage de créativité. Après deux expériences en TPE et une autre dans une grosse agence web, Rémi Sézille, qui a rejoint Pageyourself (création de site social) comme développeur en septembre dernier, apprécie « la facilité à imposer des changements de langage informatique. Ici, toutes les bonnes idées sont prises en compte ». Pouvoir apprécier rapidement les effets de son boulot est également systématiquement mis en avant par les informaticiens des start-up. « On a une idée, on la développe, on la teste, on la met en « prod » le soir et dès 23h, je peux évaluer les conséquences immédiates de mon travail. Si ça ne marche pas, on change, on trouve autre chose », illustre Mathieu Perez, CTO de Travelercar (auto partage et location de voiture). Dans une entreprise de services informatiques (ESN, nouvelle appellation des ex-SSII), la mise en production peut intervenir de longues semaines après, le consultant ingénieur est souvent déjà passé sur une autre mission. « Dans une ESN, on n’a pas le temps de s’approprier le produit, « l’ownership » est moindre. En start-up, on est davantage impliqué », ajoute Romain Vrignaud.

 

Débrouillardise requise

L’implication des candidats dans le projet de l’entreprise et dans les nouvelles techno est en effet un critère déterminant aux yeux des dirigeants de start-up. « Chez Weenect, nous sommes très intéressés par l’open source. Donc, je regarde par exemple si le candidat est actif sur github.com, une site de partage open source où chacun peut contribuer en partageant des bouts de codes », apprécie Jonathan Bouzekri, directeur technique de Weenect, spécialisée dans la géolocalisation « familiale ». En start-up, un ingénieur informaticien se doit d’être polyvalent, un peu touche-à-tout car tout est à construire. « Lors de mon entretien de recrutement, j’ai précisé que je n’étais pas un crack en informatique mais que mes nombreuses connaissances dans de multiples domaines me permettraient de résoudre des problèmes complexes », illustre Rémi Sézille. Eh oui, en start-up, on passe son temps à résoudre des problèmes techniques… le tout avec moins de moyens que dans une grande entreprise ou une ESN. Il faut donc faire preuve d’inventivité. « Un informaticien ne peut pas dire, je n’ai pas cet outil donc je ne peux pas faire ce projet. Il doit au contraire créer l’outil », insiste Charlotte Grenet, DRH de SAVE (réparation d'objets connectés). Enfin, en start-up, tout bon candidat, informaticien ou pas, doit être capable de s’intégrer à l’équipe en place. « On ne peut pas se permettre d’avoir un chat noir dans l’équipe, sinon, on court à la cata. Donc, le jour de l’entretien, lors de la visite de nos locaux, je regarde si le candidat dit bonjour, essaie de nouer des contacts avec l’équipe », explique Jonathan Bouzekri. Chez SAVE, les candidats passent une demi journée en immersion dans l’équipe. « Ils en découvrent le fonctionnement, les projets, apportent un regard neuf sur d’éventuels axes d’amélioration. Cela nous permet d’apprécier son "fit" avec le reste de l’équipe », précise la DRH.

 

Des packages salariaux négociables

Côté rémunération, les start-up ne sont pas en reste. « Nous sommes dans le marché. A savoir entre 30 et 40 000 euros annuels pour un développeur débutant. Mais le package se négocie », commente Charlotte Grenet. Préférant rester discrets sur leur rémunération, les ingénieurs un peu plus expérimentés, confirment qu’ils sont mieux payés que dans leur précédent emploi. « Je gagne plus que dans la SSII où j’étais avant, sans doute car il y aussi moins de coûts annexes », argumente Jonathan Bouzekri. Même son de cloche pour Romain Vrignaud chez Clustree qui dès son embauche a été associé au capital de l’entreprise via des bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE). « C’est un moyen pour le management d’impliquer et de fidéliser encore davantage les salariés dans l’entreprise. C’est un programme prévu sur 4 ans. Les parts seront plus ou moins valorisées selon l’évolution de la société », détaille-t-il. Un pari sur l’avenir qui semble convenir à ses ingénieurs informatiques friands de nouveaux challenges.

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