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La région Rhône-Alpes courtise ingénieur désespérément

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Quentin Velluet

25/01/2016

Les secteurs dynamiques de la région Rhône-Alpes recrutent des ingénieurs en masse. Dans un marché qui souffre d’une pénurie de candidats, ces profils sont fortement courtisés.

La région Rhône-Alpes, nouvel eldorado du recrutement ? Mi-janvier, le quotidien Le Progrès a publié un dossier sur l’emploi en Rhône-Alpes où il indique que 3 000 offres sont actuellement à pourvoir dans la zone. Bassin très dynamique où le taux de chômage n’était que de 8,9 % au second trimestre 2015 – contre 10 % pour la France métropolitaine, le territoire rhônalpin est en pénurie d’ingénieurs. Les secteurs comme l’énergie ou les industries chimiques et pharmaceutiques y sont très actives et recrutent à tour de bras. Résultats, des entreprises comme Alten, Agap2, Ekium, GAT International, Innovtec Ingénierie, Corexpert, Davidson Consulting, Esker, Noveka, Sword, ou encore Vidcoin ont toutes pour points communs d’être implantées en Rhône-Alpes et de rechercher principalement des ingénieurs. Sur un marché où la demande est plus forte que l’offre, ces entreprises font la cour aux candidats en proposant notamment de bonnes rémunérations.

« Nous sommes sur un marché pénurique, notamment dans les télécoms et l’informatique », confie Emmanuel Butin, responsable recrutement chez Alten, une grande entreprise d’ingénierie et de conseil spécialisée dans l’innovation, la recherche & développement et les systèmes d’information. « Nous essayons donc d’être créatifs en nous faisant connaître à la source via des interventions directement au sein des écoles concernées ». À la recherche de 230 ingénieurs entre Lyon, Saint-Étienne et Grenoble, Alten, qui compte actuellement 17 700 collaborateurs répartis dans 20 pays, cherche à se faire connaître des jeunes diplômés via des forums et l’organisation d’ateliers.

Si Alten recrute essentiellement des ingénieurs fraîchement diplômés, l’entreprise Agap2, spécialisée elle aussi dans l’ingénierie et le conseil opérationnel, embauche aussi des profils ayant 5 à 25 ans d’expérience (40 % de son recrutement) pour des postes d’ingénieurs consultants ou d’ingénieurs d’affaires. Afin de trouver les 150 personnes sur le bassin lyonnais, elle mise, comme beaucoup d’autres, sur son site et sa présence sur les réseaux sociaux et les jobboards. Mais Nicolas Rossero, directeur opérationnel chez Agap2 pour la zone Sud-Est, croit aussi en la cooptation : « C’est un levier important, il représente 20 % de nos recrutements. Nous menons des campagnes de communication internes pour aider nos salariés à sélectionner des candidats potentiels parmi leurs proches », précise-t-il.

Multiples secteurs, diversité des missions

Les postes diffèrent selon l’entreprise. Agap2 recherche principalement des ingénieurs consultants capables d’intervenir chez les clients – notamment des entreprises du Cac 40 –, sur des problématiques techniques (génie mécanique, génie civil, génie procédés, génie électrique ou climatique) ou de santé (qualité, validation) mais aussi des ingénieurs d’affaires à la sensibilité entrepreneuriale : « Ils sont destinés à développer presque de A à Z des centres de profits par l’identification des clients et de leurs besoins, l’adaptation de l’offre à la demande, jusqu’au recrutement des consultants », détaille Nicolas Rossero.

Chez Alten, certains consultants interviennent directement chez le client, d’autre travaillent depuis le siège de Villeurbanne. « Nous recherchons le désir de mobilité géographique et d’agilité intellectuelle car nos collaborateurs sont amenés à se déplacer en permanence, et à intervenir sur plusieurs types de sujets », souligne Emmanuel Butin. Lorsqu’il est repéré, le candidat est convoqué pour un premier entretien avec un manager. La discussion porte alors sur l’approche technique du poste et les compétences concrètes qu’il requiert. Le second entretien mise ensuite sur le projet professionnel du candidat : « Nous cherchons à connaître les ambitions futures et l’orientation que le candidat souhaite pour sa carrière », assure le responsable recrutement.

Dans son processus de recrutement – qui peut durer d’une semaine à un mois –, la société Agap2 cherche d’abord à connaître les valeurs et les qualités du candidat lors d’un premier entretien direct avec l’ingénieur d’affaires du secteur concerné. Ce dernier en profite aussi pour lui détailler l’organisation pratique du poste et ses enjeux. La seconde rencontre porte sur la validation des compétences par des tests. Adaptabilité, motivation, investissement, réel sens du service client, sont les composantes du savoir être requis. « Nous apprécions beaucoup les candidats s’étant investis dans des BDE ou des associations étudiantes », ajoute Nicolas Rossero.

La société, qui emploie actuellement 2 500 salariés dans 8 pays,  intervient également sur des problématiques santé : « Nous sommes de plus en plus à la recherche de profils issus du secteur pharmaceutique et pouvant intervenir sur des tests qualité ou la validation de procédé », indique le directeur opérationnel d’Agap2. Côté ingénieurs d’affaires, certains profils issus de grandes écoles de commerce peuvent également correspondre à ses attentes. « Les personnes ambitieuses, tenaces avec un vrai potentiel relationnel sont celles qui nous intéressent », souligne-t-il.

Compter un salaire à l’embauche de 32 000 à 50 000 euros brut pour les consultants. Même ordre de grandeur pour les ingénieurs d’affaires, qui bénéficient, eux,  d’un variable.

Pas de grille chez Alten : « La rémunération est étudiée au cas par cas selon les expériences, mais aussi les projets de nos futurs collaborateurs », indique Emmanuel Butin. Les jeunes diplômés de la région peuvent tout de même compter sur une fourchette à l’embauche oscillant entre 30 000 et 34 000 euros bruts par an, selon les sommes communiquées par le recruteur. De quoi offrir l’embarras du choix aux ingénieurs.

7

commentaires

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X, Y, Z

29/01/2016

à 11:28

Mise à part la question des salaires déjà traitée dans les commentaires précédents, un certain nombre de contre-vérités sont à revoir dans votre article:
- "Les secteurs comme l’énergie ou les industries chimiques et pharmaceutiques y sont très actives et recrutent à tour de bras."
A priori au vu des offres d'emploi "massives" évoquées, ce n'est pas l'industrie qui recrute mais les SSII, ce qui n'a rien à voir sur le plan du contrat (CDI-strapontin), du travail (en dehors du coeur de métier du client), des conditions de travail (exigences d'un manager et d'un client contradictoires) et encore une fois du salaire (34000 euros si vous sortez de Centrale-Mines-Tcoms contre jusqu'à 40 - 42000 euros dans l'industrie chimique / pharmaceutique)
- « Nous recherchons le désir de mobilité géographique et d’agilité intellectuelle car nos collaborateurs sont amenés à se déplacer en permanence, et à intervenir sur plusieurs types de sujets » (Alten)
Il ne s'agit pas d'un désir mais d'une nécessité. N'envisagez pas de travailler dans une SSII si vous avez une famille.
- « Nous cherchons à connaître les ambitions futures et l’orientation que le candidat souhaite pour sa carrière » (Alten)
Typiquement vous serez recruté par des n+2 / n+3, sur une mission X, et quel que soit l'avis du responsable technique n+1 (expérience vécue).
- « Nous sommes de plus en plus à la recherche de profils issus du secteur pharmaceutique et pouvant intervenir sur des tests qualité ou la validation de procédé » (Agap 2)
Ne vous attendez pas à faire de la recherche développement dans une SSII, il s'agit de pallier à une fonction technique opérationnelle répondant à un besoin ponctuel et en-dehors du coeur de métier de l'industriel.
- « Les personnes ambitieuses, tenaces avec un vrai potentiel relationnel sont celles qui nous intéressent »
Cà c'est vrai, il faut en vouloir pour tenir dans ces entreprises et gare au jeune loup qui aura les dents plus longues que vous.
- « La rémunération est étudiée au cas par cas selon les expériences, mais aussi les projets de nos futurs collaborateurs »
Interprétation: la rémunération est fixée d'après une grille de salaire bien définie et bien inférieure à l'industrie.

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Bernard

26/01/2016

à 13:21

Si la région Rhône-Alpes ne trouve peine à recruter des cadres, c'est essentiellement parce-que les niveaux de rémunérations proposés sont trop bas au regard de ceux proposés en région Parisienne on en Suisse voisine !
Travailler et vivre à Lyon coûte pratiquement aussi cher qu'à Paris, voire même plus dans certains cas et les recruteurs lyonnais proposent souvent des postes dont le salaire n'est pas en adéquation avec leur niveau d’exigence demandé.
Dit autrement, ils recherchent des "cadres moutons à 5 pattes" tout en proposant des rémunérations inférieures de 30% par rapport aux rémunérations parisiennes ou inférieures de 50 à 70% comparativement aux salaires suisses... Cherchez l'erreur !
A titre personnel, j'ai travaillé à Lyon, Paris ainsi qu'en Suisse, c'est donc en connaissance de cause que je peux affirmer préférer grandement travailler chez nos voisins helvètes, car en plus d'un salaire confortable, la vie de "tous les jours" y est tout de même plus agréable et au travail nettement moins stressant.
Donc, Mesdames et Messieurs les Lyonnais, si vous voulez des cadres pointus et performants, la recette est simple et tient en 2 points :
- 1°) Retirez les oursins de votre porte-monnaie
- 2°) Proposez des conditions de travail plus agréables et moins stressantes
Cordialement

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En réponse à Bernard

Tienbasse

26/01/2016

à 23:43

Tout à fait d'accord avec Bernard, j'ai la même expérience (travail aux Etats-Unis, en Angleterre, aux Pays-Bas et en France), et les mêmes conclusions: à de très rares exceptions près, les salaires Rhône-Alpins des cadres sont assez ridicules au regard des aptitudes demandés (on est dans le mouton à 10 pattes, plus à 5). 30-34k€ brut pour un ingénieur débutant ? Je paie mes techniciens ce prix-là, et ils ont un travail moins "stressant" qu'un cadre au regard de la différence de "mission".
Le niveau de salaire monte un peu quand on s'approche de Genève, mais ça part d'extrêmement bas à Lyon et ça reste très éloigné des salaires de cadres suisses ou parisiens, pour un coût de vie à peine 10-20% moins cher selon les endroits (sauf à habiter à plus de 30km des agglomérations, si vous aimez la voiture et les bouchons).

Non, soyons sérieux, compte-tenu du travail demandé, le cadre rhône-alpin est une espèce exploitée telle la vache laitière. Il suffit comme moi de travailler dans une multinationale américaine pour voir ce que les collègues gagnent en Californie pour des postes similaires (environ le double, sachant que la Californie a un niveau d'imposition proche de la France pour un cadre).

Je passe aussi sur les recrutements de cadres senior à coup de "on vous fait une fleur mais il faut revoir vos prétentions salaires à la baisse". Exploitation quand tu nous tiens, elle a bon dos la crise...

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En réponse à Tienbasse

Eric.S

30/01/2016

à 08:56

Bonjour,

Je partage votre opinion,je crois pour avoir passé un entretien de recrutement récemment chez Agap2 (entre autres) que :

Les salaires ne sont pas en adéquation avec l'expérience du candidat(loin des effets d'annonces),
Le chargé d'affaires est une personne connaissant le marché à développer mais ne connaissant pas les compétences métiers du candidat,
Les Ressources Humaines sont souvent des personnes jeunes sans expériences,
Le modèle économique est celui d'une rentabilité maximum à très court terme avec un turn over élevé des jeunes recrues.
Le modèle collaboratif se limite au partage de soirées pour créer du lien,ce qui est fort sympathique mais sans résultats réels pour créer un " sentiment" d'appartenance à l'entreprise et insuffisant pour motiver les salariés...
Le partage de connaissance qui devrait permettre de créer une véritable collaboration entre les personnes n'existent pas réellement.Les "outils" ou réunions n'existent pas entre les individus pour partager leurs expériences et compétences.

Pour avoir passé de nombreux entretiens dans ce type de sociétés d'engineering,il s'agit avant tout de sourcing.L'occasion est trop belle pour récupérer de nouveaux contrats/marchés chez ses concurrents.
Après avoir fournit les renseignements :il n'y a plus de contacts ou plus d'offres existantes comme évoqués au départ (report des projets,compétences/expériences désormais plus en adéquation avec les besoins des clients finaux,prétentions salariales trop élevés....sont les réponses communiquées aux candidats)

> Répondre

En réponse à Eric.S

MarleneARW

31/01/2016

à 15:18

Je confirme pour Agap2 !! Et même en les relançant par mail ou par téléphone, on n'obtient aucune réponse !

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En réponse à Bernard

Jean de lyon

26/01/2016

à 22:34

Bien dit.

> Répondre

En réponse à Bernard

Jean de lyon

26/01/2016

à 22:34

Bien dit.

> Répondre

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