Le développement durable : un secteur qui recrute

Valérie Froger

Si de plus en plus d'entreprises s'engagent dans une démarche de développement durable, le gros des emplois cadres se situent chez les prestataires de services.

Développement durable ! Les entreprises n'ont plus que ces mots à la bouche. Depuis le Grenelle de l'environnement, elles sont de plus en plus nombreuses à se vanter d'avoir mis en place une démarche de développement durable (DD). Seulement voilà, mis à part les grands groupes cotés tels Unilever, BNP Paribas, Accor, Carrefour, L'Oréal... qui sont obligés depuis la loi NRE de 2002 de publier des informations relatives à l'impact de leur activité sur la société et l'environnement, peu d'entreprises possèdent de vrais services et des équipes dédiées.

« Les offres d'emploi sont rares sur ce secteur, alors que l'intérêt des étudiants pour travailler dans les entreprises ayant une démarche de DD se renforce. La plupart des postes sont pourvus en interne ou par le bouche-à-oreille. Résultat, peu de postes concernent les jeunes diplômés compte tenu des compétences demandées », explique Elisabteh Laville, fondatrice d'Utopies, un cabinet conseil en DD. Les services DD des entreprises sont, en outre, petits et constitués de quelques personnes : la plupart du temps, il y a juste un directeur ou un responsable du DD et quelques chargés de mission.

Où postuler ?

L'emploi, le vrai, est ailleurs, notamment dans les cabinets de conseils chargés d'accompagner les sociétés dans le management des enjeux environnementaux. « Le marché des consultants explose et c'est là que se créée le plus de postes cadres », indique David Ascher, directeur de la publication du site emploi-environnement.com, spécialisé dans le DD. Petits ou grands, ces cabinets recrutent à la sortie des écoles mais embauchent aussi des bac+5 avec 3 à 5 ans d'expérience pour diriger leurs nouvelles business unit. Beaucoup cherchent également à s'assurer une position de leader sur un marché qui pourrait bien devenir lucratif à long terme. En effet, le Grenelle 2 devrait imposer de nouvelles obligations aux entreprises, notamment aux PME de + de 500 salariés qui seront contraintes, d'ici 2011, de produire un bilan carbone.

A quels postes ?

Les petits cabinets comme Utopies recherchent des profils généralistes, notamment pour traiter les bilans carbone, les économies d'énergie, la préservation de la biodiversité... La petite vingtaine de salariés du cabinet est issue pour la plupart d'école de commerce et a été formée aux enjeux « verts » une fois recrutée. Des agences hyper spécialisées ont également émergé et recrutent des cadres. Parmi elles : Viageo qui note et compare les performances sociales et environnementales des entreprises ou encore Novethic qui effectue un travail d'information et d'expertise. Les gros cabinets, comme PricewaterhouseCooper, Deloitte, Ernst & Young... gèrent davantage des questions d'ordre technique : élaboration des rapports environnement, évaluation de l'empreinte écologique des produits. Résultat, les postes sont « multicasquettes » et un peu plus ouverts.

Les pionniers

Les candidats désireux de travailler dans le DD peuvent également se tourner vers les sociétés de commerce équitable. Il existe aujourd'hui des centaines d'entreprises installées sur ce créneau, dans tous les secteurs, de l'habillement à l'alimentation en passant par les fleurs. Certaines ONG comme WWF renforcent leurs actions dans le DD et cherchent elles aussi des compétences pour développer leur activité de conseil et d'évaluation auprès des entreprises.

 

 

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