May Kassis-Morin, auditeur associée chez Ernst & Young

Publié le 01 janvier 2007 Sylvia Di Pasquale

A 36 ans, elle fait partie des 9 nouveaux associés tout récemment cooptés au sein de l'activité audit du cabinet Ernst & Young en France. May Kassis-Morin revient sur les étapes de son parcours.

Pour May Kassis-Morin, se retrouver nommée, à 36 ans, associée de l'activité audit en France de l'un des « Big » cabinets est une étape importante. Son parcours pour le moins exceptionnel, on l'imagine marqué de coups d'éclats et de moments décisifs. « En réalité, chaque jour de ces 14 dernières années a été décisif. »

Tel celui de son premier entretien, dans ce cabinet qui s'appelait alors Arthur Andersen et où elle comptait bien décrocher son stage de troisième année d'études à HEC. Ce jour là, elle est reçue par un associé, « un ancien d' HEC. Il m'a mis le pied à l'étrier, m'a fait travailler sur le grand compte dont il s'occupait. » Après son embauche, May Kassis-Morin a continué à suivre cette grande entreprise du secteur pétrolier pendant neuf ans, « tout en gérant d'autres clients en parallèle, bien sûr. »

 

En 2002, Arthur Andersen et Ernst & Young fusionnent et la consultante demande à s'expatrier au bureau de Londres. « Dans un grand groupe international, on a plus de chance de décrocher une expérience à l'étranger, » commente-t-elle simplement. Elle apporte sa collaboration au « french desk » destiné aux clients français qui ont créé des filiales en Grande Bretagne. « Ces trois années d'expatriation se sont bien passées, résume-t-elle. J'ai pu découvrir le secteur des telecoms et poursuivre des audits dans celui des media. Ce qui m'a permis de revenir en France sans problèmes. » Et de s'attaquer à de nouvelles missions, comme les certifications Sarbanes-Oxley.

 

En septembre dernier, elle est cooptée associée en compagnie de 14 autres consultants, dont une seule autre femme. « Le fait que je sois une femme n'a joué ni dans un sens, ni dans l'autre, analyse-t-elle. Je suis mariée, j'ai trois enfants, cela n'a pas été un frein. Et à l'inverse, on ne m'a pas facilité la tâche pour respecter de quelconques quotas. » La seule recette pour parvenir à ce stade ne serait donc que ce que May Kassis-Morin veut bien en dire : de l'opiniâtreté au quotidien ? « Bien sûr, je ne suis pas associée par hasard. En 14 ans, j'ai réussi à démontrer que je possède des atouts importants que sont le sens du commercial, du management et de l'innovation, complète-t-elle. C'est cet ensemble qui fait que j'ai été choisie. »

 

Une fois le titre d'associé en poche, n'est-on pas tenté de se reposer sur ses lauriers en attendant une lointaine retraite ? Ou partir rejoindre une entreprise cliente ? « Pas du tout, il y a plein de choses à faire, à créer, à développer, insiste l'auditrice. Ernst & Young n'est pas seulement un cabinet, c'est aussi une entreprise à part entière et en tant qu'associés, nous participons à sa gestion. Moi, dans le pôle dont je m'occupe, j'ai des responsabilités RH, avec des implications très opérationnelles. » Le consultant associé serait donc un cadre comme un autre ? « Sauf que mon horizon ne se limite pas à mon seul bureau. J'ai accès au cœur même d'autres entreprises, ce qui élargit chaque jour mon univers. »

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

Vous aimerez aussi :