« Pourquoi j'ai décidé de quitter Paris pour Lyon »

Laurent Poillot

Murielle Zel, 35 ans, a relancé sa carrière dans la ville de son enfance. En 2006, elle a choisi d'abandonner son poste parisien chez Club Internet pour suivre son époux embauché à Lyon. Elle y est aujourd'hui consultante en web marketing dans une agence conseil en centre ville. Avec une autre qualité de vie...

Lorsque Muriel Zel débarque un matin de juillet 2006 à la gare de Lyon Part-Dieu, un sentiment partagé l'envahit. A 32 ans, elle s'est toujours prétendue lyonnaise, mais elle n'y a vraiment vécu que jusqu'à l'âge de trois ans, n'y revenant qu'en été, chez ses grands-parents. Or la ville a changé.

Allers-retours impossibles

Murielle a grandi en région parisienne et s'est formée dans plusieurs facs de la Capitale. DESS de communication en environnement en poche, ces premières expériences l'amènent à travailler en web agency puis chez Club Internet, où elle est devenue spécialiste en web marketing.

Elle vient à présent retrouver son époux, "chassé" quelques mois plus tôt sur un beau poste dans le secteur financier. A Lyon, où réside une partie de sa famille, un nouvelle vie commence pour elle. Difficile, cependant, de mettre un terme à six années chez Club Internet, où elle était entrée chef de projet pour le portail web, en 2000, pour devenir "responsable fidélisation et marketing relationnel" à la direction du marketing. Il lui aura fallu négocier âprement sa période de préavis pour anticiper son départ d'un mois et demi. "C'était impossible autrement", dit-elle. "Avec mon mari, nous n'en pouvions plus de ces allers-retours, chaque week-end".

Elle change d'employeur, pas de salaire

"Les premiers temps à Lyon ont été durs", poursuit la jeune femme. "Je suis passée brutalement d'une forte charge de travail à... plus rien. J'avais du temps, mais personne avec qui le partager". Elle s'inscrit pour la première fois de sa vie à l'ANPE. Elle se tourne aussi vers l'Assedic, car une démission pour suivre son conjoint autorise des allocations de chômage. Sinon, elle s'emploie à décorer leur appartement et profite de l'été. A la rentrée, tout va très vite. "Je réponds à des annonces - seulement sur coup de cœur - et je suis contactée par un cabinet de recrutement, Arthur Hunt. Par son intermédiaire, j'entre en relation avec une PME de quinze personnes, qui vend sur Internet des aliments et accessoires pour animaux domestiques". Elle signe son CDI en janvier 2007, sans perte de salaire.

Retour à la case chômage

Nommée chef de projet marketing, elle s'occupe de l'animation du site, des relations presse, du recrutement de nouveaux clients... Une mission généraliste, en fait, qui lui demande de concevoir la stratégie marketing et de la mettre œuvre. Elle n'a que dix-huit mois pour y prendre goût : son employeur la licencie pour motif économique à l'été 2008. Le retour à la case chômage sera bref. Une spécialiste du recrutement dans les métiers de la communication, Claire Romanet, repère son CV sur la toile et lui propose un rendez-vous. Concluant : elle vient de se relancer en novembre chez Bolero, une agence de conseil web 2.0.

Un club d'affaires pour étoffer son réseau

Entre-temps, elle s'est constitué un solide réseau social. Elle fréquente par exemple un "club d'affaires" dédiée aux femmes, Business woman Rhône-Alpes, qu'elle a trouvé sur Viadeo. "Les clubs, c'est pas mon truc, mais ce réseau-là est vraiment sympa. J'ai rencontré des personnes de tous profils, qui prennent simplement plaisir à se retrouver pour échanger. Elles sont chefs d'entreprises, juristes, graphistes... D'autres viennent comme moi du marketing. Nous sommes à présent près de 700, âgées de 18 à 60 ans". Murielle s'est jointe aux "ambassadrices" de l'association : "J'aide à préparer nos réunions mensuelles, à trouver un thème, un lieu et un restaurateur."

Nostalgie

A-t-elle le spleen de Paris ? "Pas du tout. Nous avions besoin de trouver du calme, de quitter l'effervescence de la capitale. Mon mari est parisien dans l'âme, mais il a vite accroché. Lyon, c'est un petit Paris". L'étroitesse des logements en moins : "Notre premier appartement nous a marqué : il y avait une terrasse ! C'est le premier endroit que nous avons aménagé !".
Murielle a pris ses marques chez Bolero. Elle a annoncé elle-même son intégration sur le site de l'entreprise. Elle s'y affiche pleine d'allant. Pas du tout le genre nostalgique. Pourtant, tout près de cette agence basée en centre ville, sur la Presqu'île, il lui arrive d'emprunter une rue qui a compté pour elle. Celle de ses grands-parents, chez qui, petite, "je traversais le salon en patins à roulettes !"

Laurent Poillot
Laurent Poillot

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