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Quitter Paris pour Bordeaux : "Nous voulions vivre là où nous partions en vacances"

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Quentin Velluet

09/10/2017

Région Sud Ouest

Après 39 ans dans les Yvelines, Damien Verplaetse et sa famille ont choisi de s’installer à Bordeaux. Une ville qui le comble mais dont il perçoit aussi les limites. Portrait.

« Nous avons toujours eu envie de nous installer dans les lieux où nous passions nos vacances ». Aujourd’hui c’est le cas. La quarantaine passée, Damien Verplaetse vit et travaille depuis deux ans à Bordeaux comme directeur conseil dans une agence événementielle. Cela faisait plusieurs années qu’avec sa femme et ses enfants, il rendait visite à sa famille dans la région, entre Angoulême, Bordeaux et Dax. À chaque retour de vacances la même question revient comme un leimotiv : pourquoi s’obstiner à rester en région parisienne, se fatiguer avec de longs trajets entre le domicile et le travail et vivre dans le stress ?

>> À lire aussi aussi : Parcours France, un rendez-vous pour ceux qui veulent partir travailler en régions

200 kilomètres par jour

Il faut dire qu’avant d’atterrir en Gironde, Damien a eu la fâcheuse tendance d’éviter la facilité. Né, élevé et formé dans les Yvelines, il débute sa carrière en tant que chef de projet dans l’événementiel, au sein d’une agence basée à La Queue-lez-Yvelines. Il y reste 10 ans, gravit les échelons, accède même à un poste de direction.

Mais au printemps 2010, un vent d’indépendance souffle dans sa tête. Il devient freelance et décroche plusieurs missions pour des agences parisiennes. C’est l’expérience du stress parisien et le début des trajets en voiture qui ne feront que se rallonger. Car après deux ans d’émancipation, il retourne au salariat et décroche un CDI : toujours en tant que chef de projet, toujours dans l’événementiel, mais cette fois-ci, le poste est basé à Orléans.

Plutôt que de déménager, Damien choisit la route : 200 kilomètres par jour entre son domicile au Perray-en-Yvelines et son travail à Orléans. Une période qui durera tout de même 4 ans : « À la même époque, ma femme mettait elle aussi une heure pour se rendre au travail. On était loin de tout, même de Paris », se rappelle-t-il. Un rythme infernal qui aura le mérite de le décider à aller au bout de son vieux rêve : partir s’installer à Bordeaux et rejoindre la famille.

>> À lire aussi : Est-une bonne idée de quitter Paris pour Bordeaux ?

Un an pour trouver, deux mois pour partir

Le changement ne s’est pas fait du jour au lendemain. Malgré sa détermination, Damien met un an et demi avant de décrocher un poste début 2016 en répondant à une annonce en ligne. Encore dans les Yvelines, il se rend deux fois à Bordeaux pour rencontrer ses futurs employeurs : l’agence Côte Ouest, spécialisée dans la communication événementielle.

Une fois son CDI signé, il cherche et trouve un appartement à Bordeaux en quatre jours. Puis tout s’accélère. En l’espace de deux mois, il démissionne, met sa maison en vente, déscolarise les enfants et prend ses nouvelles fonctions en mars 2016. « Le plus compliqué sont les longues démarches et le coût du projet. Pour des enfants en bas âge aussi, c’est dur de partir en pleine année scolaire, mais ils suivent et finissent par adhérer à votre motivation », témoigne-t-il.

« Mieux vaut rester humble »

À sa grande surprise, l’intégration se fait facilement : « Les bordelais sont réputés pour être plutôt bourgeois et fermés. Mais en fait pas du tout », confie Damien Verplaetse. Il a même trouvé plus facile de s’intégrer dans la capitale girondine qu’en région parisienne : « En l’espace d’un an et demi nous avons réussi à créer des liens très forts. Les girondins sont des gens souriants, accueillants et spontanés. Les barrières sont moins fortes », estime-t-il.

Au travail aussi, l’atmosphère est plus sereine : « C’est plus zen avec moins de stress. L’ambiance est plus légère ce qui n’enlève rien à la qualité ». Il est ravi, pourtant comme tout cadre quittant la région parisienne, Damien a perdu environ 20 % de son salaire. Il y était préparé : « Mieux vaut être humble car si on est trop exigeant, on ne trouve pas », assure-t-il. Et puis il a gagné en confort de vie : l’immobilier moins cher, le centre-ville proche et plus que 15 minutes de vélo pour se rendre au travail.

Une ville à la hauteur de sa réputation ?

Depuis dix mois Damien s’occupe de développer les activités de l’agence orléanaise qu’il a quitté début 2016. Un nouveau poste qui lui donne un regard plus lucide sur ce que Bordeaux propose aux cadres en quête d’ailleurs. : « Pour le moment du moins, la ville n’a pas la dynamique économique qu’on lui prête : les entreprises ont moins de budget donc peinent à trouver des clients. Résultat, les salaires sont bas et les contrats précaires pour la plupart », analyse-t-il. Et il en sait quelque chose, puisque sa femme n’a pu retrouver qu’un CDD au bout de 3-4 mois de recherche.

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Annie

11/10/2017

à 08:46

Dont il a déménagé toute la famille et obligé les enfants à changé d'école pour un emploi offrant un salaire 20% moins élevé et sans que sa femme n'ai trouvé d'emploi au préalable?!?! Hmmm... je ne pense pas que ce soit un example à suivre mais ça lui convient c'est ce qui compte

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En réponse à Annie

Ana

12/10/2017

à 14:13

Effectivement, j'ai l'impression que les femmes pâtissent énormément de cette délocalisation. Aucun des témoignages ne fait était d'une approche stratégique ou les deux conjoints prennent le temps de trouver un travail avant de tout quitter. J aimerais bien voir qu'un témoignage ailles dans ce sens pour montrer qu'une autre façon de faire est possible

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