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Bernard Proux, DRH de Scania : "Nous valorisons le bien-être au travail, pas le stress négatif"

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Sylvia Di Pasquale

24/11/2015

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Afin d’attirer davantage de candidats, le constructeur de poids lourds Scania part en lutte contre les clichés sur son secteur. Produits de haute technologie mais aussi ambiance bienveillante au travail sont les arguments que le DRH est venu démontrer sur le plateau de l’Invité RH.

Implanté dans l’Hexagone depuis 1978, Scania construit et commercialise des poids lourds, des autocars, ainsi que des moteurs industriels et marins. Il dispose d’un effectif de 1 500 personnes en France sur les 42 000 à travers le monde. Scania est filiale à 100 % du groupe Volkswagen.

Cadremploi : Êtes-vous conscient des clichés que les candidats peuvent avoir en tête à propos de votre secteur d’activité ?

Bernard Proux : Bien sûr, car je suis aussi un automobiliste qui n’aime pas être derrière un camion, surtout quand il m’empêche de doubler ! Effectivement les produits Scania, comme ceux du secteur, véhiculent des clichés, qui sont : « c’est gros », « ça pollue », etc.  Mais derrière ces clichés se cache un haut niveau de technologie. Toutes proportions gardées, un camion consomme moins qu’une voiture : côté camion, 30 litres de carburant/100 km  pour 40 tonnes transportées, vs 7 litres/100 km par tonne transportée par une voiture. S’ajoute à cela une pollution proportionnellement moindre. Le scandale qui touche les véhicules Volkswagen ne touche pas les camions, conformes aux normes euro 6.

Les candidats évoquent-ils les  « déboires » de Volkswagen pendant les entretiens ?

Non, parce que les gens qui s’intéressent à notre activité savent faire la part des choses, entre ceux qui trichent, et ceux qui, grâce à leurs technologies et leurs compétences, ont réussi à faire des produits propres et nobles. Une entreprise ne peut pas en trichant être la première. Scania n’est pas la première d’ailleurs dans son activité, mais nous sommes les meilleurs en termes de résultats financiers. L’entreprise existe depuis 120 ans, et n’a pas cessé de dégager des bénéfices depuis. Ce qui n’est pas le cas de nos concurrents.  

Les 3 premiers critères  de choix d’un employeur sont 1/ l’innovation, 2/ l’environnement de travail dynamique, 3/ la sécurité de l’emploi. Scania peut-elle tenir ces promesses ?

Nous sommes une entreprise franco-suédoise, donc marquée par la culture suédoise. Notre management des ressources humaines est basé sur une valeur fondamentale, que l’on appelle le respect des personnes. Cela recouvre la délégation et la confiance. Il y a une véritable délégation des responsabilités, une confiance envers les collaborateurs. Notre deuxième priorité,  c’est de favoriser le bien-être au travail, et non pas un stress négatif.  

Toutes les entreprises le disent … Avez-vous des preuves ?

Oui, nos enquêtes annuelles de satisfaction du personnel. A 90% les gens sont fiers de travailler chez Scania et se disent heureux dans leurs emplois. D’ailleurs beaucoup de salariés ont une ancienneté importante. Nous cherchons à faire progresser les personnes sur le développement des compétences, et nous tenons à leur accorder de justes contreparties, c’est-à-dire une bonne rémunération, et un intéressement aux résultats de l’entreprise.

Comment se situent vos rémunérations par rapport au marché ?

Plutôt au-dessus du marché.

Vous nous disiez que vous étiez franco-suédois chez Scania. Alors qu’est-ce qu’il y a de suédois dans le management ?

Certains traits culturels sont marquants. Par exemple, en France, une réunion ne commence pas à l’heure, et ne finit surtout pas à l’heure. Chez Scania, les réunions commencent et  se terminent à l’heure, elles suivent un ordre du jour extrêmement précis auquel on se tient. Nous ne fixons jamais de réunions au-delà de 17h. La rigueur et le respect de la personne sont des éléments très scandinaves.

Combien d’embauches en 2015 ? Et combien en 2016 ?

Une centaine de personnes environ. Nous sommes 1 500 en France pour donner une idée.

Vous avez 3 grosses entités basées à Angers (le siège commercial, l’usine d’assemblage de camions et les activités de financement et d’informatique). Quelle entité recrute le plus ?

L’entité commerciale. Un camion c’est comme une voiture, il faut le vendre ! Ce sont des produits très techniques. Nos clients sont des investisseurs. Un camion c’est au moins 100 000 euros, alors quand on en achète 10, 20, 30 ou 50 … Nos commerciaux sont issus d’écoles de commerces, ou encore sont autodidactes et réussissent très bien. C’est ce que nous appelons des « grands comptes ».

Avez-vous créé de nouveaux postes en informatique ?

Oui, notre activité liée à l’informatique dite « embarquée » se développe de plus en plus et nous aurons bientôt besoin d’ingénieurs dans ce domaine.

Est-ce que les salariés peuvent évoluer entre vos différentes entités ?

Oui tout à fait. Il est d’abord possible de travailler à l’étranger. Scania est une société internationale, qui est présente dans une centaine de pays environ (sauf aux Etats-Unis). Nous favorisons cette mobilité à l’étranger mais aussi dans le Groupe. Il y a également une mobilité interentreprises entre Scania Production, Scania France, et Scania finances.  

Combien de mobilités internes avez-vous effectué cette année ?

Assez peu, une dizaine en fait. Il n’y a pas eu véritablement de besoins cette année. Ce n’est pas « la mobilité pour la mobilité » qui compte, il faut qu’il y ait une opportunité de développement pour la personne.

Quel sera le grand chantier RH que vous allez mener l’année prochaine  ?

Il s’agit d’un chantier sur 4 ans. Nous travaillons sur le développement des compétences pour nos ouvriers vers des postes de management. Chez  Scania, nous visons plutôt des carrières longues donc nous favorisons la promotion interne. Nous sommes une entreprise qui a plus de 120 ans, et cette idée qui consiste à dire qu’il faut changer de société si on veut réussir sa carrière n’est pas vraiment la nôtre. Il y a 42 000 salariés dans le Groupe au niveau mondial, on peut parfaitement réussir sa carrière, sa vie professionnelle et sa vie privée en restant chez Scania mais en évoluant au travers du développement des compétences. Il y a bien évidement des évolutions transversales ou verticales. D’anciens techniciens et commerciaux sont devenus des patrons de succursales. Chacune d’elle représente 40 ou 50 millions de chiffre d’affaires, donc déjà de belles petites entreprises.

Je vous ai invité également parce que vous venez de rafraichir votre site de recrutement : scaniarecrute.fr, qu’est-ce qu’il a de différent par rapport à avant ?

Il apporte aux candidats une autre vision du monde du poids lourds. Un aspect plus humain avec notamment des témoignages de salariés.

Est-ce que vous invitez les gens à visiter vos sites ?

Chaque année il y a environ 10 000 personnes qui visitent nos usines.

Est-ce que vos salariés parlent de « camions » ou bien utilisent-ils d’autres mots comme « bahut » ou autres ?

Non ils  n’utilisent pas d’argot. Ils parlent des « camions » Scania. Vous savez pendant longtemps on disait que Scania c’était la Rolls des camions. Aujourd’hui, on les compare plutôt avec des BMW. C’est un beau produit, d’un point de vue technique, technologique, et confort du conducteur. C’est mieux qu’une voiture !

 

 

 

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