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Charles Ragons (Colliers International) : Travailler autrement grâce à des bureaux différents

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Sylvia Di Pasquale

16/02/2016

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Pour cet employeur, aménager des bureaux ce n’est pas seulement entasser des gens dans un open space pour réduire les mètres carrés. C’est plutôt les transformer en espaces plus flexibles, plus collaboratifs et plus adaptés aux besoins des salariés tout au long de leur journée de travail. Ce n’est pas un hasard si la filiale française de ce géant de l’immobilier d’entreprise figure au palmarès des entreprises où il fait bon travailler. 30 à 50 postes sont à pourvoir cette année, dans des métiers que vous ne vous attendez pas forcément à trouver chez un acteur de l’immobilier.

 Cadremploi : Dans vos nouveaux locaux de Levallois, avez-vous fait des aménagements qui prouvent que vous êtes un employeur attentif aux  besoins de vos salariés ?

Oui, notre siège est un peu particulier puisque nous sommes en aménagement  « dynamique » : personne n’a de bureau attribué. Nous avons utilisé les mètres carrés ainsi gagnés pour créer des espaces qui sont adaptés aux différents usages dont on peut avoir besoin au cours d’une journée. Par exemple, certains postes sont dédiés à la concentration, d’autres au travail en mode projet, ou bien encore aux échanges – ils sont sur des assises hautes. Il y aussi des bulles pour s’isoler, des salles de réunion de différentes tailles évidemment, et une cafétéria, qu’on appelle « la place du village », et qui est aussi un espace de travail.

Est-ce que vous, le DG, avez un bureau fermé ?

Il m’arrive de m’installer dans un des bureaux vitrés « plus ou moins » dédiés aux dirigeants, situés juste à côté de cette fameuse Place du village. Mais ce ne sont pas des bureaux attribués. Au moment où je vous parle il y a sûrement quelqu’un dans mon bureau. Cela est facilité par notre politique du clean desk. Le bureau de Président, qui est un plus grand, est également une salle de réunion.

Chez Price Minister, l’un de vos clients, il y a des cabines téléphoniques au milieu de l’open space, pour pouvoir s’isoler afin de ne pas déranger les autres. D’autres exemples chez d’autres clients ?

Nous travaillons au cas par cas sans dupliquer de recettes. Certes, on retrouve partout les espaces de téléphonie individuels dans lesquels il est possible de s’isoler. L’open space a beaucoup d’avantage, mais on ne peut pas y établir de collaborations à plusieurs sans déranger autour de soi. Autre exemple, chez GDF-Suez IT, nous avons installé des bulles en plein milieu de l’open space, pour permettre aux collaborateurs d’utiliser cet espace en mode projet, pour des échanges formels ou informels.

Et vous tenez compte des besoins de fonctionnement individuels et collectifs ?

Notre conviction, c’est que l’immobilier d’entreprise n’est pas uniquement une question d’immobilier, et qu’à travers un projet de bureau on aborde de nombreuses problématiques de l’entreprise : humaines, organisationnelles, d’image, de communication, et financières. Nous développons une approche holistique qui aborde l’ensemble de ces enjeux, grâce à nos compétences internes très variées :  architectes, designers, graphistes, ingénieurs techniques qui s’occupent de la climatisation, de l’électricité entre autres…

Vous avez aussi des sociologues  au sein d’une équipe appelée « Change management ». Que fait cette équipe ?

Cette équipe sert à accompagner celles de nos clients dans le changement. Et au sein de cette équipe, le sociologue identifie la perception de l’espace de travail initial et  celui vers lequel ils tendent. Ce n’est pas la démocratie participative, on ne leur demande pas leur avis sur tout mais l’objectif de cette démarche de sociologie, c’est de de lever des freins au changement afin de susciter de l’adhésion au projet. Par exemple, nous organisons des visites de sites pour que les gens comprennent vers quoi ils vont aller, pour lever des peurs qui sont inhérentes à l’impossibilité de s’exprimer ainsi qu’à des incompréhensions de sens. Relayer le sens du projet immobilier, le sens du projet d’entreprise, est essentiel. C’est notre conviction profonde.

Cette équipe est donc composée de communicants, de sociologues, de RH… est-elle au complet ou avez-vous l’intention de la compléter ?

Elle est pour l’instant au complet, mais elle est en forte croissance et nous serons donc amenés à recruter dans un avenir proche.

A quel poste recrutez-vous majoritairement ?

Nous recrutons beaucoup de directeurs de projet. Ce sont comme des chefs d’orchestre, ils coordonnent l’ensemble de nos compétences : architectes, techniciens, mais aussi financiers, urbanistes, juristes…  

Vous recrutez également pour votre équipe « Conseil en investissement » ?

Oui, nous l’avons constituée tout récemment. Son responsable nous a rejoint en décembre dernier. Et va constituer une équipe d’une dizaine de personnes, avec des profils à dominante finance. Qui vont conseiller nos clients dans l’achat/vente d’immeubles.

Plus étrangement, vous recrutez aussi pour une activité logistique / supply chain ?

Aujourd’hui nous intervenons principalement sur de l’immobilier de bureau, mais dans le cadre de nos ambitions de développement en France qui sont fortes, nous allons développer de nouveaux métiers, dont la logistique, qui va de pair avec  la problématique retail que nous allons être amenés à traiter. Notre idée ce n’est pas de nous focaliser sur la solution immobilière logistique, mais sur la problématique de l’approvisionnement (supply chain) pour les entreprises qui utilisent des entrepôts logistique. Donc nous aurons des besoins sur ces métiers-là. Du type ingénieurs logistiques, consultants supply chain, des gens qui ont déjà travaillé sur des fonctions logistiques en entreprise, chez des industriels par exemple et qui passeraient côté conseil.

 

Au global, vous aurez recruté combien de personnes en 2015 ?

Sur le périmètre France, 42 personnes en 2015.

Et combien de recrutements prévoyez-vous en 2016 ?

Environ 30 à 50 personnes dont  30 créations de postes et une vingtaine de remplacement de fonctions existantes. Notre turnover de 12% reste plus faible que la moyenne du secteur (15%)

Quelles sont vos méthodes de recrutement préférées ?

Nous utilisons les annonces mais aussi les réseaux sociaux. Mais 90% de nos recrutements se font par cooptation, c’est-à-dire que ce sont des gens de chez nous qui en parle autour d’eux et qui recommandent des candidats.

Est-ce qu’ils reçoivent des primes de cooptation ?

Non.

Combien de temps dure un recrutement chez vous entre le moment où l’annonce est passée et le moment où la personne arrive ?

Cela dépend de la durée du préavis de la personne. Je n’ai pas de chiffres sur la moyenne, mais nous avons des circuits courts. Si la personne nous plait, cela peut aller assez vite.

Quels parcours d’évolution professionnelle proposez-vous ?

Nous sommes une entreprise très apprenante, très innovante, et entrepreneuriale. Nos parcours professionnels sont faits complètement sur-mesure. Nous faisons en sorte d’élargir la vision des gens qui rentrent chez nous. Les plus curieux peuvent même changer de fonction.  A titre d’exemple, des architectes sont devenus conseillers en stratégie immobilière.  Comme nous appartenons à un Groupe international de 17 000 personnes implanté dans plus de 70 pays, les carrières internationales sont aussi possibles.

Et combien de personnes partent en moyenne ?

 4 cette année, sur 200 c’est quand même pas mal.

Et la promotion interne ?

Une trentaine ou une quarantaine par an.

Vous êtes en 23ème position des entreprises où il fait bon travailler. Il est vrai que vous faites pas mal de choses pour vos employés, comme le « déjeuner du premier vendredi du mois », où une équipe présente à toute l’entreprise un projet qu’elle vient de mener. Quelle utilité ?

Dans une logique d’ouverture de l’ensemble de l’entreprise à ce que font les uns et les autres, ça sert à connaître ce que fait le voisin d’à côté. On parle souvent du projet GDF IT, KPMG, Allianz, on voit souvent des images, des photos, des aménagements mais on n’en connaît pas toujours la logique. Qu’avons-nous fait gagner au client ?  Qu’elle est la valeur ajoutée créée ? Quelles sont les difficultés que l’équipe projet a rencontrées ? C’est important de pouvoir partager tout cela, c’est cela aussi une entreprise apprenante.

Et tout le monde joue le jeu ? Même en cas de difficultés ?

Tout à fait, ils expliquent également les difficultés rencontrées, et le client vient aussi témoigner.

Les nouveaux arrivants ont droit à un véritable « Vis ma vie » avec chaque fonction dans l’entreprise. Est-ce que cela sert à favoriser la coopération interservices ?

Tout à fait. Cela sert aussi à faire découvrir la palette de nos 40 métiers. Cela permet aux gens d’être davantage « intrepreneurs ». Si quelqu’un a une idée pour développer quelque chose de nouveau chez nous, il a carte blanche pour le faire. Même si ce n’est pas dans son service. La contrepartie c’est bien sûr de donner le droit à l’erreur aux gens et nous le donnons. Nous avons par exemple des salariés qui ont souhaité travailler en transverses sur le « BIM », qui est une modélisation 3D de l’immeuble et de tout ce qui le compose. Ce sera une révolution technologique à venir.

Vous avez également un partenariat avec que qu’on appelle les « tiers-lieux », ces bureaux où l’on peut télétravailler un peu partout dans les villes. Est-ce à dire que vous autorisez le télétravail dans ce cadre ?

Nous avons d’abord testé cette formule avec une vingtaine de collaborateurs de Colliers. Car nous voulions d’abord expérimenter ce que nous recommandons à nos clients et savoir de quoi nous parlions.  Pour avoir recours à des tiers-lieux, c’est-à-dire à des lieux de travail qui sont en dehors de l’entreprise, il faut savoir dans quels usages ça s’inscrit. L’accord de télétravail, nous l’examinerons en 2016.

Est-ce dans votre culture de célébrer les succès ?

Absolument. Nous avons récemment fêté les un an de Colliers France, car jusque-là l’entreprise s’appelait AOS et donc nous avons fêté le rachat par Colliers international.

Faites-vous des benchmarks pour savoir si vos salaires sont compétitifs sur le marché ?

Oui bien entendu nous en faisons, et nous sommes au niveau du marché. Nous donnons surtout des perspectives, et c’est ça qui est le plus important. Quand vous rentrez chez nous ce n’est pas pour y être statique, c’est pour apprendre, pour bouger, changer de fonction, de domaine, devenir un expert pointu, devenir manager, il y a autant de parcours que de gens, et je ne voudrais pas que l’on norme les parcours justement.

Et l’intéressement, la participation cela existe également ?

Oui, l’accord de participation peut monter à un peu plus d’un mois de salaire.

Et y’a-t-il de l’actionnariat salarié ?

Non. Ce n’est pas encore au programme. L’entreprise est côté depuis 3 mois au NASDAQ, et donc on devrait pouvoir travailler sur ces sujets-là prochainement.

Pour moi appartenir à un grand groupe international c’est surtout faire beaucoup de reporting. Est-ce le cas ?

Non, c’était une peur de beaucoup de gens quand nous avons repris le Groupe. L’entreprise a été fondée il y a 17 ans par son Président qui est toujours en place, Gilles Betthaeuser. C’est une entreprise qui a une forte culture d’entreprenariat et qui envisageait mal qu’il en soit autrement. Les équipes finances sont certes très mobilisées par les reporting, mais les opérationnels le sont moins. Nous essayons de faire en sorte que ce ne soit que le strict nécessaire au bon pilotage de l’entreprise. 

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