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Christophe Sausse, DRH de Parrot : "Des responsabilités très élevées dès le démarrage"

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Sylvia Di Pasquale

22/02/2016

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Après sa toute récente levée de fonds de 300 millions d’euros, Parrot prévoit 200 recrutements en 2016, dont une moitié d’ingénieurs. A quoi ressemblent les emplois proposés chez Parrot aujourd’hui ? Comment y travaille-t-on ? Peut-on y faire carrière ? Quels types de profils ont leur chance ? Réponses de Christophe Sausse, son DRH.

 [Extraits en vidéo ci-dessus et interview intégrale ci-dessous]

Cadremploi : vous n’êtes pas venu seul…  Pouvez-vous nous dire quels sont les métiers qui participent à l’élaboration du drone que vous tenez en main ?

Christophe Sausse : Ils sont nombreux à avoir participé à la conception de ce mini-drone Cargo. Des designers l’ont d’abord dessiné en 3D puis l’ont transformé en prototype grâce à une imprimante 3D. Ensuite  nous avons constitué des moulages afin d’en faire un produit. Par la suite, nous avons inséré du traitement du signal, au travers de l’automatisme, pour définir le pilotage. C’est un produit très compliqué à piloter, il nécessite donc des algorithmes qui vont automatiser et simplifier certains aspects du pilotage : coordination des moteurs, traitement d’image pour définir la vitesse, ou pour les drones un peu plus importants pour faire de la vidéo. Il faut également faire du développement de logiciel, du système d’exploitation du produit, et ensuite du développement d’applications pour tablette ou smartphone et qui serviront à piloter. En parallèle de tout cela, il y a aussi la conception électronique, c’est-à-dire tous ceux qui vont créer les cartes, les processeurs, les mémoires... Tous ces métiers concourent à la conception d’un drone.

Combien d’ingénieurs travaillent chez Parrot actuellement ?

Presque 50% des effectifs, donc environ 400 personnes, qui sont toutes basées à Paris. Et nous allons en recruter une centaine cette année (voir à l’écran la liste des postes à pourvoir) car nous nous développons sur le marché des drones civils, mais aussi des drones professionnels pour l’agriculture, la cartographie 3D et l’inspection.

Les entreprises manquent d’ingénieurs. N’est-ce pas difficile d’attirer les profils qu’il vous faut ?

En 2015 nous avons reçu environ 10 000 candidatures pour l’ensemble des postes, tous profils confondus. Notre notoriété en tant qu’employeur est en train de se développer.

En plus des ingénieurs, vous recherchez dans le digital, dans la vente, dans le marketing… ?

Oui, car nous nous développons sur un marché grand public. Nous renforçons nos actions en marketing, presse et communication… Sur le digital, nous comptons sur notre site e-commerce pour développer nos ventes. Nous avons également des commerciaux, qui vont prospecter sur les différents marchés et renforcer la présence de notre marque.

Vous proposez également des postes en supply chain ?

Nous sommes sur un modèle « fabless », c’est-à-dire que la fabrication se fait principalement chez nos sous-traitants chinois. Il y a donc toute la chaîne de fabrication à suivre. Comme elle concerne plus d’un million de produits, cela nécessite un suivi très rigoureux, sur un cycle de vie qui est assez court : il va de la plateforme du fabricant, aux stocks de nos clients jusqu’aux clients finaux.

Où se situent ces plateformes ?

Nous en avons 3 dans le monde. Une en Asie (à Hong-Kong), une aux Etats-Unis, et la 3e est en France.

Le processus de recrutement est plutôt classique chez vous : un test technique suivis de deux entretiens. Combien de temps dure ce processus ?

Il est rapide, car nous aimons aller vite. Le test technique concerne les métiers d’ingénieurs principalement. Une fois ce test passé, nous avons en effet deux entretiens : le premier avec le manager, le second avec la DRH. Tous les candidats que nous rencontrons reçoivent dans tous les cas une réponse personnalisée. Et nous informons les autres sur l’état d’avancement de leur candidature.

Recherchez-vous des entrepreneurs dans l’âme ?

Oui, car le niveau de responsabilité est élevé dès le démarrage. L’ingénieur, ou le collaborateur, va être responsable des choix qu’il va faire dans ses missions. Même s’il est très jeune. Nous évaluons l’esprit d’innovation, la réactivité, la vitesse de décision au sein de l’entreprise, mais aussi la responsabilité qu’ils peuvent avoir indépendamment de leur niveau d’expérience.

Il faut d’avantage aimer travailler en solitaire ou en équipe ?

Le travail en solitaire n’est pas compatible avec Parrot. Nos différents métiers travaillent en mode projet et sont dans un mode coopératif permanent. C’est la raison pour laquelle toutes notre R&D est regroupée à Paris. Nous sommes en open space afin de favoriser l’échange d’informations.

L’élément important du CV que vous regardez toujours ?

La passion. Nous nous attachons à l’expérience professionnelle bien évidement, mais ce que le candidat fait « à côté » est très important : la passion pour le modélisme, pour l’aviation, pour les jeux vidéo, le développement… beaucoup de personnes continuent de se livrer à ses passions à côté de sa vie professionnelle, et ce sont ces profils que nous recherchons.

Il vous faut un mail de motivation ou vous ne les lisez pas ?

Ce n’est pas essentiel. La motivation elle, se voit en face-à-face.

Vous dites « tout part du projet chez Parrot ». Qui décide ? 

Nous fonctionnons à partir d’une roadmap, qui est le planning des produits à développer dans les 12-24 prochains mois. Elle est élaborée par le directeur technique et le président. Et une fois que la roadmap est établie, on lance en mode projet ces développements. Et chaque lundi matin, rituellement,   chacun des projets est examiné dans le bureau du président : son état d’avancement, les difficultés rencontrées, les décisions à prendre...

Donc chaque lundi matin, Henri Seydoux, le PDG, est là pour décider ?

Oui, il anime ces réunions, il fait en sorte que l’information soit partagée. Et s’il y a des difficultés techniques sur des projets particulièrement innovants, il peut prendre des décisions pour lever les points de blocage.

Il me fait un peu penser à Tony Stark, alias Iron Man ! Il paraît qu’il a un petit cahier où il note toutes ses idées ?

Oui tout part du cahier ! C’est quelqu’un de très créatif qui a beaucoup d’idées. Chaque projet part de ses croquis… qu’il partage avec les ingénieurs du service R&D. C’est passionnant pour eux, de pouvoir créer à partir d’une feuille blanche, c’est ça le métier d’ingénieur.

Est-ce qu’il y a des horaires chez Parrot ?

Il y a un cadre, avec de la flexibilité, qui va de pair avec la responsabilisation. La contrainte, c’est de pouvoir communiquer avec ses collègues. Le bon fonctionnement d’un projet nécessite d’être ensemble, d’interagir, de parler ensemble. Cela limite le travail individuel, à la Tony Stark par exemple !

Ces échanges ne seraient-ils pas possible en télétravail par téléconférence ?

La présence physique est indispensable. Nos locaux sont une fourmilière. Il y a des tests de vols de drones dans une salle pendant qu’on partage des outils dans l’open space, des idées autour de la machine à café ou au moment de la pause déjeuner…  Toute cette richesse fait qu’il y a besoin d’être ensemble.

Quel est le rôle d’un manageur chez Parrot ?

Notre moyenne d’âge est assez jeune : 33 ans au sein de l’entreprise et même 31 ans au sein du service Recherche & Développement. Le manageur a un rôle important car il doit guider ces jeunes collaborateurs. Donner du sens à leurs missions : sur le projet auquel ils participent, les objectifs, la stratégie de l’entreprise. Et puis, il doit aussi orienter, conseiller, guider chacun au sein du projet et l’aider à se développer. Enfin, il contrôle et évalue à la fin.

A la fin d’un projet de 12 à 18 mois, le collaborateur peut-il changer de filière ou de secteur ?

La mobilité interne est encouragée. A la fin d’un projet, un collaborateur a le choix, s’il le souhaite, d’évoluer sur la filière managériale, de poursuivre son évolution au sein d’une filière d’expertise, ou alors d’évoluer au sein du management de projet. Il peut aussi changer de métier : un ingénieur peut passer au marketing, à la validation, à la DRH…  Dans le secteur de l’agriculture, nous avons aussi une filiale basée à Lausanne pour le marché professionnel, et nous avons eu plusieurs mobilités récentes.

Embauchez-vous des seniors, des gens qui ont déjà fait une carrière ailleurs mais qui souhaiteraient vous rejoindre ?

Bien sûr ! Les gens expérimentés apportent un savoir-faire nécessaire pour encadrer et donner du sens à ces jeunes ingénieurs.

Qu’est-ce que votre PDG vous demande à vous, DRH, de privilégier pour les salariés ?

Garder les valeurs de l’entreprise : préserver notre esprit start-up et notre convivialité qui font partie du succès et de l’attachement de nos collaborateurs.

Votre PDG vous demande-t-il de travailler sur l’employabilité des gens ? C’est-à-dire aussi le fait qu’ils puissent partir ailleurs ?

Oui c’est une conviction partagée avec Henri Seydoux. L’un de nos enjeux est que l’expérience au sein de Parrot doit apporter un plus à chaque personne. Après plusieurs années chez nous, ce serait un échec si la personne n’avait pas gagné en compétences. Notre rôle n’est pas de les garder à vie, mais qu’ils en gardent un bon souvenir, et qu’elle compte dans leur expérience professionnelle.

 

 

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commentaires

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Mat

22/04/2016

à 16:41

Roadmap impossible à tenir avec pressions des managers qui n'y croient pas non plus.
Beaucoup de belles paroles mais peu d'actes en accord avec les valeurs affichées. Dommage, cela pourrait être une boite où il fait bon vivre... Quand ils disent esprit start-up c'est plutôt dans le sens "arrivez quand vous voulez mais partez tard le soir "(sinon vous n'êtes pas occupés à plein temps). Quel toupet!

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Aymeric

26/02/2016

à 14:40

Il faudrait déjà qu'ils répondent quand on postule !

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Ironman

26/02/2016

à 12:21

Je suis restée laborieusement 3 ans car pas dévolution possible (tous les postes de managers sont pris par les anciens qui sont des experts techniques et justement pas des managers dans l'âme) et atmosphère très stressante (les délais des projets sont juste intenables). J'ai changé pour une start-up plus petite et avec plus de possibilités de carrière

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bidaubayle

26/02/2016

à 11:18

impressionnant , je ne pensais pas qu'une approche managériale de ce type puisse exister

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vince

23/02/2016

à 15:18

Je garde un très bon souvenir de mon passage dans l'entreprise. C'est un tremplin pour une carrière technique. La qualité et l' ingéniosité des produits conçus augmente sa notoriété et en font une vitrine technologique. Dommage qu'elle ne soit pas présente en province et qu'elle ne produise pas plus en France ou en Europe.

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