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Guillaume de Monplanet (Adidas France) : "Un candidat qui n’aime pas le sport serait malheureux chez nous"

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Sylvia Di Pasquale

17/05/2016

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Adidas figure cette année encore au palmarès des grandes entreprises où il fait bon travailler en France. Son directeur général détaille ce qui rend cette entreprise différente. Télétravail, horaires flexibles, pas de mail le vendredi, mais aussi salle de sport, salle de sieste… C’est son directeur général Guillaume de Monplanet qui nous explique pourquoi l’employeur Adidas soigne les temps de récupération de ses salariés.

Interview intégrale retranscrite ci-dessous – Extraits de l'interview dans la vidéo ci-dessus

Cadremploi : Vous accordez des temps de récupération à vos salariés, comme à des sportifs ?

Guillaume de Monplanet : La performance en entreprises ressemble beaucoup  à celle d’un sportif. Encore plus dans un environnement comme le nôtre. Effectivement, aux temps de compétition, qui sont exigeants et très demandeurs d’énergie doivent succéder des temps d’équilibre, des temps de récupération. Où chacun peut puiser une réserve d’énergie pour attaquer la prochaine compétition.

Il paraît qu’on travaille beaucoup chez vous ?

Oui, on travaille pas mal, beaucoup d’exigence et de performance demandées à nos collaborateurs.

Vos dispositifs peuvent paraître gadget... Une conciergerie par exemple, ça sert à quoi ? En quoi ça aide les salariés à être davantage dans la récupération ?

Une conciergerie, c’est comme dans un hôtel de luxe. C’est un service que nous offrons à nos collaborateurs à Strasbourg et en région parisienne. Ce service remplit pour vous des tâches du quotidien qui prennent du temps et qui sont parfois pénibles pour nos collaborateurs en dehors des heures de travail. La conciergerie peut à votre place changer les pneus de votre voiture, déposer vos vêtements au pressing, passer chez le cordonnier, commander des paniers de produits frais aux producteurs locaux, aller chercher votre pain, votre café, etc.

Vous proposez aussi du homeworking et des horaires flexibles ?

Notre activité étant à majorité tertiaire,  nous dépendons assez peu d’horaires très précis. Donc on essaie d’accorder un maximum de flexibilité à nos collaborateurs, de les responsabiliser sur leur journée de travail et la quantité de travail qu’ils ont à effectuer, et sur leur organisation personnelle.

Si j’ai besoin de commencer à 10 heures, parce que j’ai un rendez-vous…

Oui, vous faites juste un petit mail à votre manager pour dire que vous arrivez à 10 heures…

Et si je dois partir à 17 heures exceptionnellement, personne ne va me dire « tu prends ton après-midi ? » ?

Evidemment pas. Vous pouvez même allez faire 2 heures de sport en plein milieu de journée.

Il y a une salle de sport au siège ?

Pas qu’une, une dans chaque site !! A Strasbourg et à Paris.

Et dans les magasins ?

Non. C’est un peu plus compliqué car ils sont soumis à des horaires d’ouverture pour nos clients. Mais nous essayons quand même d’offrir des avantages liés à cette culture Adidas à nos collaborateurs dans les magasins.

Ils ont des salles de sieste ?

Non pas encore. Mais j’aimerais bien.  Nous y réfléchissons. J’aimerais faire des salles de repos un peu plus confortables que celles qu’on trouve dans les arrières-boutiques.

Quand avez-vous fait du sport pour la dernière fois ?

Hier soir. J’ai eu une longue journée hier et elle s’est terminé en course à pied avec mon fils, pendant une heure. C’était sympa... Il n’y a pas de hasard, en tous cas en ce qui me concerne. Le sport est une passion, aussi bien la pratique que la consommation. J’ai cette chance-là de pouvoir allier le plaisir et le boulot.

Pas de réunion avant 10 heures le matin et après 18 heures, est-ce respecté ?

Oui pas avant 10 heures de façon à permettre aux collaborateurs qui viennent d’un autre site (de Strasbourg à Paris et inversement) de pouvoir partir le matin même. Pas de réunion entre 12 heures et 14 heures non plus, car c’est la plage sportive par excellence. Et nous incitons  nos collaborateurs à pratiquer un sport car nous pensons que c’est une bonne chose. Nous offrons même des cours de sport dans nos salles à ces horaires-là. On ne force personne mais comme la majorité des collaborateurs partagent cette passion pour le sport… On ne vient pas travailler chez Adidas complètement par hasard.

Et s’il y a des réunions avant 10h ou après 18h, est-ce sanctionné ?

Pas besoin car c’est dans la culture et c’est respecté. Je parle des réunions imposées. Mais si deux personnes sont d’accord pour se rencontrer après 18 heures, à partir du moment où elles n’ont pas de lien hiérarchique, elles ont le droit !

J’ai l’impression que vous veillez à « responsabiliser » vos salariés plutôt que de les infantiliser ?

Oui, nous faisons confiance. D’abord, c’est dans notre culture : on s’inspire beaucoup de l’environnement sportif. Les sportifs de haut niveau ont ce sens des responsabilités et sont très engagés eux-mêmes dans leur performance. Personne ne leur dit ce qu’ils ont à faire. Leur coach les accompagne mais ils ressentent cette responsabilité. Ensuite, moi-même en tant que leader, je crois aussi beaucoup à ça. Dans une autre vie, j’ai été entrepreneur. Je suis de ceux qui font et je crois dans l’effort collectif et la responsabilisation de chacun.  Effectivement, je pousse beaucoup mes managers à responsabiliser leurs équipes.

Tout le monde n’a pas comme vous la mentalité d’un entrepreneur… Que mettez-vous en place pour les aider à rester motivé ?

Nous avons beaucoup de formations. Par exemple, nos managers ont suivi une formation commune à l’inter-générationnalité. Pour les aider à manager plus efficacement des gens plus âgés ou plus jeunes. Pour la première fois dans notre histoire, cinq générations cohabitent dans l’entreprise. De 20 ans à 60 ans et tous les âges au milieu. Le type de leadership pour fonctionner efficacement ensemble, c’est une responsabilité. Si chacun se sent responsable de son parcours, de sa performance individuelle et doit sa performance au collectif, ça fonctionne.

D’autres exemples de formation originale ?

Une formation avec des chevaux. He oui... Mais vous ne montez pas sur le cheval. C’est un animal qui ressent énormément les ondes. Et nous avons fait un travail avec nos managers sur le ressenti. Et l’énergie que les managers peuvent dégager au-delà de la parole. Juste par le geste, l’intonation de la voix. Par le positionnement auprès du cheval, etc. Le cheval est un animal étonnant par sa réceptivité. Il vous permet de renvoyer  une image qui fonctionne très bien dans une formation managériale. C’est un peu étonnant. On essaie de sortir des sentiers battus et d’innover aussi dans nos formations.

Parlons de vos recrutements. L’argument classique du candidat qui veut rentrer chez Adidas ?

La passion du sport le plus souvent.

Quel argument préféreriez-vous qu’il vous donne ?

Celui-là est juste. Quelqu’un qui n’aime pas le sport serait malheureux chez nous. Donc ça me va très bien que les candidats soient passionnés de sport.

Et si un candidat vient pour un parcours à l’international ?

Super ! C’est une de nos forces dans le groupe Adidas. On peut offrir des parcours à l’international à nos talents. L’an passé, 15 français sur les 130 qui ont bougé (sur 700 collaborateurs) sont partis à l’international. C’est beaucoup. Avec leur famille pour certain.

Est-ce qu’on vient pour le salaire chez Adidas ? Est-ce que vous faites partie de ces patrons qui disent « non le salaire c’est pas le plus important…. »

Mais non ! Bien sûr que le salaire c’est important… On fait des benchmark tous les ans. On est un peu au-dessus du marché. D’ailleurs l’étude menée par l’Institut Great place to work met en avant notre package salarial un peu au-dessus du marché comme un des éléments- clés de notre réussite. Notre structure de rémunération est attractive et fonctionne car elle est juste : fixe + bonus sur les performances individuelles et collectives + intéressement + participation…

Mais pourquoi ne l’indiquez-vous pas sur vos annonces de recrutement ?

C’est une bonne question…

Si c’est un avantage, autant l’afficher, non ?

Ce n’est pas facile car il variable en fonction des profils, l’expérience…

Oui mais ça tout le monde le dit. Les candidats aimeraient au moins avoir une fourchette…

Souvent, nous indiquons que le salaire est attractif…

Votre feuille de route en France consiste notamment à développer le réseau de vente en propre et le site marchand. Comptez-vous embaucher pour tenir ces objectifs ?

Oui bien sûr. En 2015, nous avons recruté 70 personnes. Ce qui est important puisque ce chiffre représente 10% de notre effectif en France. Pour 2016, c’est difficile à dire, mais on va être à peu près sur le même rythme. Nous avons des plans d’expansion, nous ouvrons des points de vente. On a aussi de gros projets de corners dans les grands magasins, parisiens notamment. La plupart du temps, ce sont des vendeurs salariés Adidas.

Recrutez-vous également des directeurs de magasin ?

Oui bien sûr. J’invite les gens à postuler. Nous avons en permanence des centaines d’offres disponibles sur nos sites. En France et à l’international.

Quel type de leader êtes-vous ?

Je pense que je suis direct, transparent et très honnête. Ce sont  les valeurs qui me forgent. Avec moi on sait à quoi s’attendre et c’est plutôt simple. Ensuite, je pense que je suis aussi très exigeant, rapide et impatient. J’aime bien quand ça suit…  Je pense être quelqu’un dans l’action. Je suis proche de mes équipes. J’appelle ça « faire l’hélicoptère » : je suis capable de descendre dans les points de détail précis parce que je pense qu’on parle bien de ce qu’on connait. De ce fait, j’aime bien avoir les détails de notre activité. Et je suis bien évidemment capable de parler de stratégie à 5 ans avec nos actionnaires.

Adidas déménage, à la fois son site de Strasbourg et celui de Paris. Allez-vous faire des aménagements spécifiques pour être une entreprise encore plus « Great Place to Work ? » ?

C’est évidemment l’objectif. L’idée est d’inscrire Adidas dans le XXIe siècle avec de nouveaux locaux qui ressemblent à ce que nous sommes. Nos collaborateurs font partie du projet, ils dessinent avec nous les futurs locaux.

Quand auront lieu les déménagements ?

Pour Paris, ce sera début d’année 2017. Et pour Strasbourg, début 2018. (voir images du projet dans la vidéo). 

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commentaires

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Frantz Massougbodji

29/09/2016

à 18:23

Félicitations à cette approche. Mais pourquoi diable les employés ne comprennent-ils pas les formidables bienfaits du sport? Je trouve en outre que cette pratique de gestion des ressources humaines est cohérente avec l'image de marque et la culture de l'entreprise. Adidas ne se contente pas de "vendre sa salade" mais la mange.

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