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Jean-Philippe Bosnet (Global Concept) : "Pas question de venir au travail la boule au ventre"

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Sylvia Di Pasquale

11/01/2016

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[Vidéo] Jean-Philippe Bosnet, le président fondateur de Global Concept, l’affirme. Son problème, n’est pas de faire de la croissance mais d’embaucher. Près de 800 collaborateurs y vendent des solutions de téléphonie aux PME et réalisent 95 millions de chiffre d’affaires. Secteur pas assez sexy ? Faibles salaires ? Carrières trop précaires ? Pas vraiment. Manque de visibilité plutôt. Alors le patron, plutôt que de convaincre au travers de ses produits, les séduit par l’état d’esprit humaniste régnant au sein de sa boîte forte de 790 collaborateurs. Et aligne les preuves.

Quand vous arrivez le matin au travail, que faites-vous ?

Je prends un café avec mes collaborateurs.

 

Avez-vous parlé avec eux du mariage Orange-Bouygues ?  C’est une actualité qui doit les intéresser ?

En effet ! Nous nous retrouvons en général vers 8h45 pour une « causerie », et c’est un des sujets qui a été partagé récemment.

 

C’est un rapprochement qui les inquiète ? Y-aura-t ’il  des conséquences sur votre activité ?

Nous sommes dans un marché qui suit une logique, qui est celle du marché européen. Je pense qu’il y aura une consolidation. Il n’y a pas de raisons d’être inquiet. Il faut savoir respecter la concurrence. Nous passons de 4 à 3 opérateurs, cela me paraît bien.

 

Vous ouvrez 145 postes cette année. Est-ce que cela veut dire que vous allez faire 145 recrutements à l’extérieur ?

Non, l’entreprise a pour habitude de promouvoir en interne un certain nombre de postes – même si tous les postes sont ouverts en internes – mais nous ne pouvons pas tous les pourvoir de la sorte. Par exemple lorsque nous recherchons des commerciaux juniors. J’ai toujours cherché depuis 25 ans à éviter de scléroser, c’est important d’avoir du sang neuf de l’extérieur. Si je résume il y a 40% des postes qui sont pourvus en interne et 60% en externe.

 

Pouvez-vous nous donner des détails sur les profils que vous recherchez ? Des commerciaux principalement ?

Oui, mais aussi beaucoup de fonctions supports, comme des ingénieurs télécom. Nous continuons d’ouvrir des agences en France – nous en avons 38 aujourd’hui – nous avons l’intention d’en ouvrir encore 5 ou 6, il nous faudra staffer localement.

 

Pour revenir sur vos difficultés de recrutement, vous me disiez que vous recherchez surtout chez vos commerciaux de l’audace. Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce qu’ils peuvent se permettre ?

Je pense que l’audace consiste à sortir de sa zone de confort, pour aller dans la zone de « risques maîtrisés ». L’audace, c’est aussi une capacité à pouvoir croire en soi et surtout avoir une perfectibilité par rapport à sa compétence à apprendre, à regarder l’autre, et plus particulièrement, dans le cas présent, son client. Avoir de l’audace pour un commercial c’est accompagner son client, et soutenir, lorsque cela doit être fait, ses propositions, ses prix, son entreprise, et puis soi-même ! C’est là toute l’audace que nous recherchons chez ces nouveaux collaborateurs, qui cherchent un job et sont souvent stressés de rechercher une entreprise plutôt qu’une autre, avec sa capacité à former, à accompagner, à créer une dynamique, un chemin, pour le collaborateur.

 

Pour rester dans le domaine des commerciaux, pensez-vous que l’on nait commercial, ou que l’on peut le devenir, notamment dans votre entreprise ?

Je ne pense pas que l’on naisse commercial. Il y a bien sûr une filière scolaire, qui peut nous amener dans cette direction. Après chacun aura un parcours différent, en termes d’acquisition de connaissances, mais c’est aussi un métier  qui peut se faire sans diplômes. Même si bien entendu nous ne nous interdisons pas du tout de recruter des personnes diplômés.

 

Pourquoi est-ce difficile de recruter de bons commerciaux chez vous, qu’est-ce qui pêche ? Est-ce parce que le Groupe n’est pas assez connu ?

En effet, nous essayons de prendre tous les moyens à notre disposition, l’invitation de ce matin en est un, merci !

 

Autre raison possible, vendre de la téléphonie aux entreprises, ce n’est pas le métier le plus « sexy » du monde, vous le reconnaissez ?

On est d’accord.

 

Comment y remédier ? Vous me parliez d’ « anti-frustration » dans ce métier, du fait que les commerciaux arrivent à nouer des relations privilégiés avec leurs clients, est-ce quelque chose que vous mettez en avant pour réussir à faire venir de nouveaux candidats ?

Il est vrai que nous ne pouvons pas parler d’un métier « sexy », mais nous essayons de mettre l’humain au centre de l’activité, et le client au centre de nos préoccupations. La particularité de notre Groupe c’est d’essayer d’apporter à la fois de la formation – ça c’est dans notre ADN et notre sens du devoir en tant qu’entreprise – de l’intégration et du suivi. Pour illustrer mon propos avec des chiffres, nous pouvons parler de plus de 2 500 jours de formation par an pour nos 800 collaborateurs, 3 000 heures à l’année, dont 3h57 par collaborateur,  en e-learning. Cela veut dire qu’ils disposent d’outils  qui leur permettent tout au long de l’année d’acquérir de la compétence, ce qui est déjà une forme de reconnaissance. Et c’est un vrai pari que nous faisons maintenant depuis plus de 10 ans. Mettre l’humain au centre de l’activité, c’est aussi créer des équipes à taille humaine : pas plus de  20-25 personnes maximum dans nos agences par exemple. Nous parlions du fait que je prenais le café le matin avec mes collaborateurs, cela suppose qu’il y ait un lieu de vie où l’on peut aussi se réunir dans nos agences. L’entreprise n’est pas le domicile, c’est un moment de partage. Vous avez dit que ce n’est pas très « sexy » de travailler dans les telecom, mais vivre ensemble cela peut l’être. L’entreprise ne doit pas être un lieu où l’on stresse forcément, du moins le mauvais stress, celui qui fait venir au bureau avec une boule au ventre.

 

Est-ce qu’on peut commencer au télémarketing chez vous, c’est-à-dire avec un job, disons, « alimentaire », et ensuite amener de la professionnalisation dans ces métiers qui ne sont pas souvent bien vus ?

Ce sont en effet des métiers qui sont réputés « alimentaires », mais que nous essayons de faire autrement. Deux exemples me viennent à l’esprit. Nous avons au télémarketing une moyenne de 3 ans d’ancienneté, ce qui n’en fait pas un petit travail. Bien sûr nous avons comme tous les plateaux de télémarketing du turnover, mais nous avons aussi cette moyenne d’ancienneté, et des personnes qui sont là depuis 6 à 7 ans parfois. Le deuxième exemple que j’ai est celui d’un de nos techniciens qui est entré par le télémarketing, et au bout de quelques mois, alors que je le croise, il me dit qu’il aimerait faire autre chose. Je lui ai dit que c‘était possible et qu’il fallait qu’il rencontre la RH. Depuis, cela fait plus de 10 ans qu’il est technicien chez nous. Il a suivi une formation technique, et bien évidement il s’est donné corps et âmes pour acquérir ces connaissances.

 

80% de vos managers et des fonctions supports sont issus de la promo interne. Vous avez créé une « Académie », un lieu où l’on se forme. Pourquoi l’avez-vous appelé ainsi ?

En tant qu’entrepreneur il me semble que l’on a un devoir, c’est de transmettre de la connaissance et du savoir. J’ai personnellement eu la chance de beaucoup recevoir. J’ai croisé beaucoup de belles personnes, tout en ayant eu cette faculté à les détecter.

 

C’est ce qui vous intéresse à titre personnel, la transmission ?

Oui, mais avec mon équipe, car c’est tous ensemble que nous travaillons sur ces sujets-là. C’est une dizaine de personnes qui travaillent pour l’Académie. Mais au-delà il y a aussi tous les intervenants.

 

Dans le programme de l’Académie, on trouve aussi de la psychologie. Vos commerciaux ont besoin de comprendre l’autre ?

De se trouver eux-mêmes je pense. Pour pouvoir mieux écouter l’autre.

 

Vous avez nommé dans votre entreprise des ambassadeurs, à quoi cela sert-il ?

C’est une reconnaissance donnée à un groupe de collaborateurs, cadres, représentant l’ensemble des fonctions , qui ont une mission d’exemplarité, dans l’accompagnement, dans la transmission, dans l’aide et l’assistance vis-à-vis des autres collaborateurs. Ils peuvent également avoir la fonction de parrains pour les nouveaux arrivés.

 

Est-ce que ce sont des clones de Jean-Philippe Bosnet ?

Absolument pas, ce serait triste.

 

Vous dites que vous préférez travailler avec des gens plus brillants que vous. Pourquoi ?

Oui, toujours ! Et j’ai cette chance de pouvoir travailler avec des gens très brillants, qui ont de la pertinence, qui croient en l’humanité, qui sont des créatifs et font grandir l’entreprise. Cette entreprise c’est 790 personnes qui la font, et non pas un entrepreneur, ce serait triste.

 

Mais vous avez insufflé les valeurs qui sont les vôtres.

Tout à fait mais je ne suis pas le seul.

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