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Christophe Burgaud (Signium International) : "Nous manquons de grands leaders à chasser"

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Sylvia Di Pasquale

02/02/2015

Les entreprises ne forment pas assez de leaders. Débusquer des dirigeants devient de plus en plus difficile.

Parfois, les espèces en voie de disparition sont aussi les plus chassées. Il en va ainsi des présidents et des directeurs généraux. « Les choses changent. Il y a une véritable pénurie de leaders, de moutons qui n’ont même plus cinq pattes, mais six. » Celui qui constate cette raréfaction est chasseur de têtes justement. Directeur associé au sein du cabinet Signium International, Christophe Burgaud s’est fait, depuis le temps qu’il en côtoie, une idée du patron idéal.

« Quelqu’un qui doit à la fois gérer l’incertitude, maîtriser les technologies, avoir d’énormes capacités d’apprentissage, gérer ses émotions, être authentique et prendre du recul. » C’est beaucoup pour un seul être. En plus, quand ce super-héros veut changer de poste et donc se retrouver dans la ligne de mire de Christophe Burgaud –  puisque les offres d’emploi sont rares à ce niveau –, il doit être visible. Si la proie reste cachée dans son bureau, le chasseur ne la voit pas.

« C’est parfois difficile de convaincre un PDG ou un DG surbooké qu’il doit consacrer une demi-journée de travail par mois à se montrer, même à son niveau. » Un moment pour « se marketer », apparaître dans les médias, donner des conférences ou publier des tribunes. Et soigner son réseau, évidemment, puisque la cooptation représente la première source de transferts de patrons.

Mais il ne suffit pas d’apparaître dans les phares de la voiture du chasseur, il faut être capturé par une entreprise. A cette étape, le chasseur Burgaud devient coach. Et prépare les candidats. Pas seulement à mieux appréhender les séries d’entretiens avec l’entreprise qui pourrait peut-être les intégrer, mais aussi, parfois, à changer de division. A passer de Ligue 1 en Ligue 2, d’une grande entreprise, à une plus petite.

« Difficile en France, où l’on est très arquebouté sur le statut social, sur le paraître plus que sur le faire. Mais la jeune génération est en train de faire changer les choses. » La remise en question de ces grands fauves de l’entreprise doit parfois en passer par une autre épreuve, un refus. « Quand la réponse est non. Que l’entretien a échoué ». Pas toujours facile à accepter pour des patrons dont l’une des tâches consiste justement à dire non aux autres. Mais pas à l’entendre.  

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commentaires

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ODON

03/02/2015

à 12:50

n'est pas l'image même de cette crise morale qui affecte l'ensemble de notre société : l'homme ne sait plus qui il est mais que ce qu'il fait . et si l'homme devenait inutile? à quand le transhumanisme du mouton à six ou cinq pattes...et la piqûre pour sélectionner ...dans la dignité?

bonne nouvelle ce n'est pas une fatalité c'est la conséquence de la sécularisation qu'un simple mot peut balayer l'Amour, comme le disait à regret le Pr ALTRAN l'homme a encorde des sentiments ; et oui l'autorité n'est féconde et légitime que si elle est soutenue et orientée par l'amour-du vrai du beau et du bon à la française!
l'autorité est grave et joyeuse parce qu'il s'agit d'être premier de cordée avec humilité et détermination, un sens aigu du sacrifice et une grande ascèse pour soi et pour les autres car l'homme ça s’empêche.
comme le disait St-Exupery donnez des miettes au gens ils se déchireront , donnez leur un truelle des briques et ils bâtirons .

> Répondre

yeravel76

03/02/2015

à 12:43

Ce résultat n'est pas surprenant après avoir rencontré des formateurs ou chasseurs de tête qui ne sont pas sur le terrain.des entreprises
Il faut profiter des personnes expérimentées qui sont en fin de carrière avec plus de 30 ou 40 ans de compétences pour montrer l'exemple à suivre.

> Répondre

autre

03/02/2015

à 10:37

il serait peut-être temps aussi que les chasseurs remettent en cause leurs méthodes de travail....

> Répondre

Stephsea

03/02/2015

à 10:26

Rarement lu un texte aussi violent et cru sur l'état de notre société...
On nous dit que les leaders sont rares et peu visibles. Mais de quels leaders nous parlent t'on?
On nous parle d'une élite organisée en société, en club. On nous parle donc d'une aristocratie, d'une ploutocratie, d'une techno-sphère de haute altitude, d'une caste, d'un cercle quasi secret qui ne fonctionne que par l'entre soit et la cooptation.
C'est ça un leader moderne? Un petit bourgeois qui a fait de hautes études grâce à papa/maman qui étaient déjà aux affaires, qui passe sa vie à se faire admettre dans des clubs de plus en plus fermés, de plus en plus élitistes, de plus en plus consanguins.
C'est donc donc un petit monde de connivence ou les vrais leaders, ceux qui font bouger le monde et donc le change, n'ont absolument rien à faire, et bien au contraire.
Qu'on ne me dise pas qu'on cherche des leaders, non. Ces chasseurs de tête cherchent des moutons cupides que le destin à posé en haut de la pyramide sociale, avec un mérite personnel microscopique et des certitudes inébranlables sur leur position dominante et la perpétuation du système aristocratique auquel il appartiennent, et doivent tout.
Ces leaders de pacotille se trouvent bien aux clubs les plus fermés et les plus impénétrables mais ils sont en effet par nature rares puisque limités en nombre, comme toute aristocratie qui se respecte. C'est un principe.
Par contre des hommes et femmes qui répondent à lé définition première de leader (« Quelqu’un qui doit à la fois gérer l’incertitude, maîtriser les technologies, avoir d’énormes capacités d’apprentissage, gérer ses émotions, être authentique et prendre du recul. » blablabla... ) sont nombreux et repartis partout dans la société. Ils sont aussi humbles et ne veulent pas forcément des privilèges de l'aristocratie.
Les chasseurs n'ont donc qu'a ouvrir les yeux et leur porte : les leaders qu'ils recherchent sont partout et ouverts à de nouvelles opportunités (c'est leur nature de leaders naturels) pourvu qu'on leur en donne l'occasion.
Qu'on arrête nous prendre pour des imbéciles et de nous faire avaler n'importe quel discours improbable sur l'emploi, la compétitivité, les leaders et autres sujets récurrents... Toutes les forces vives sont là mais étouffées par des principes archaïque et par une aristocratie aussi discrète que totalitaire, une élite qui dirige aussi les boites de chasseurs de tête, il ne faut pas l'oublier.

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