Daniel Dreux (Euro Disney) : "Nos salariés perçoivent 14 à 14,5 mois de salaire par an"

Publié le 16 septembre 2013 Sylvia Di Pasquale

Emplois précaires, bas salaires et absence de vraies carrières : des idées fausses selon le DRH de Disneyland Paris, venu les démonter une à une, chiffres en main, au Club emploi. Le point avec Daniel Dreux, vice-président ressources humaines d’Euro Disney.

Et si la fée Clochette faisait disparaître la machine à rêve d’un coup de baguette magique dès que les derniers visiteurs quittent le parc ? Et si pour ses salariés, le carrosse rutilant de Marne-la-vallée se transformait en citrouille de la pénibilité au travail ? Une réputation que Daniel Dreux, vice-président ressources humaines d'Euro Disney, est venu démolir au Club emploi. Chiffres en main. « Nos cadres ont en moyenne 15 ans d’ancienneté, 87 % de nos 15 000 salariés sont en CDI, 80 % des managers sont issus de la promotion interne. »

Des cadres, chez Mickey ? Ils sont aussi nombreux qu’ailleurs (18 % des effectifs), exercent les mêmes fonctions de management et de support qu’ailleurs et bénéficient d’autant de formations qu’ailleurs. « Même davantage : nous investissons 5 % de notre chiffre d’affaires dans ce domaine, donc bien au-delà de l’obligation légale.» Mais on peut se former sans pour autant grimper les échelons hiérarchiques. « Pas chez nous. La preuve : 80 % de nos managers sont issus de la promotion interne. » En revanche, peu d’espoir de faire une carrière ailleurs dans le groupe grâce à un passage à Disneyland Paris : « Ce n’est pas impossible mais seul un petit nombre de collaborateurs part chaque année vers Orlando. » Des heureux élus, triés sur le volet.

Quid des salaires, que l’on dit minimalistes au pied du château de la Belle au bois dormant ? « Ils sont ceux du marché mais avec nombre d’avantages en plus, comme les transports remboursés à 80 %, un plan d’épargne retraite, un 13ᵉ mois au bout d’un an d’ancienneté, etc. Globalement, nos collaborateurs perçoivent 14 à 14,5 mois de salaire. » La machine à rêve doit bien exclure les seniors, que l’on du mal à imaginer derrière le masque de Dingo. « 20 % de nos salariés ont plus de 45 ans et 45% d’entre eux ont dépassé les 35 ans. En plus, nous sommes en train de finaliser un contrat de génération avec les partenaires sociaux. » Des seniors, des jeunes, un personnel récompensé « et fidèle puisque notre taux de turnover ne dépasse pas 7 % ». Certes, mais toutes ces qualités peuvent-elles compenser la pénibilité de certains métiers exercés dans le parc ? Là encore, Daniel Dreux décoche ses chiffres. « Certains personnages doivent parfois faire face à des situations délicates avec certains visiteurs. C’est pourquoi ils sont toujours accompagnés d’un autre membre du personnel. Et nous avons une équipe médicale intégrée de 100 personnes pour résoudre les problèmes, y compris psychologiques. »

Tout de même, côté recrutements, Disneyland Paris doit bien rencontrer quelques difficultés comme nombre de ses confrères de l’industrie du tourisme ? « Nous recevons 100 000 candidatures par an donc nous n’avons aucun mal à pourvoir les 500 CDI que nous recherchons cette année, y compris pour les 150 postes de cadres proposés. » Faire rêver semble être un métier convoité.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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