Dominique Le Douce (Adapt) : "3 000 à 4 000 cadres en poste porteurs d’un handicap"

Publié le 17 novembre 2014 Sylvia Di Pasquale

Les entreprises peinent à trouver des candidats en situation de handicap, formés à minima à Bac+2. Aidées par l’Adapt, elles encouragent les formations et investissent davantage le supérieur afin de faire savoir aux étudiants qu’ils sont les bienvenus pour devenir leurs futurs cadres.

C’est un paradoxe. Les personnes handicapées subissent un taux de chômage deux fois supérieur à celui des autres Français, puisque plus de 19 % des premiers sont sans emploi. Du côté des employeurs, nombre d’entre eux déclarent peiner à trouver des candidats qualifiés. Du moins ceux qui ont compris ce que l’embauche de personnes affichant l’abréviation RQTH (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) sur leur CV pouvait leur apporter, y compris en termes d’avantages financiers. « Ces entreprises là sont militantes et travaillent avec nous », affirme Dominique Le Douce. Il est l’un des responsables de l’Adapt, l’Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées.

30 % des personnes handicapées ont un niveau inférieur au CAP

Et le paradoxe entre « le nombre de chômeurs handicapés qui progresse et la pénurie de candidats », c’est l’un de ses combats. « 30 % des personnes handicapées ont un niveau de formation inférieur au CAP, alors que les recrutements se font plutôt au niveau bac +2. Résultat : 20 % sont au chômage depuis 3 ans au moins. » Alors, l’Adapt s’est adaptée et tente de former et d’accompagner. « Avec nos 15 centres dans toute la France, nous formons 3 000 personnes chaque année, que nos bénévoles accompagnent vers l’emploi. »

Entre 8 000 et 14 000 étudiants handicapés dans le supérieur

Rien n’est gagné, évidemment. Mais les progrès sont réels. « En 1981, on dénombrait 681 étudiants handicapés dans le supérieur. Aujourd’hui, on en compte entre 8 000 et 14 000. » Depuis quelques années, davantage d’entreprises se rapprochent de ces étudiants pour leur faire savoir « qu’ils sont les bienvenus. » Ce qui permet à davantage de diplômés bac+4/5 d’accéder au fil du temps à des postes d’encadrement. Selon Dominique Le Douce, « entre 3 000 et 4 000 cadres en situation de handicap seraient en poste, mais il ne s’agit que d’une évaluation car nous n’avons pas de sources fiables.»

Les entreprises à la traîne

Des progrès qui devraient ravir les entreprises contraintes par la loi de disposer de 6 % de personnes handicapées dans leurs effectifs, faute de quoi elles doivent s’acquitter d’une pénalité. Mais elles ne sont pas encore toutes convaincues de l’intérêt de ces embauches. Alors l’Adapt continue de les sensibiliser en s’associant, à partir d’aujourd’hui, à la 18e Semaine pour l’emploi des personnes handicapées. Histoire de faire tomber les dernières réticences. Celles des recruteurs, et celles aussi des personnes à la recherche d’un emploi mais qui hésitent encore à faire reconnaître leur handicap.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

Vous aimerez aussi :