Fabrice Coudray (Robert Half) : "On ne s’improvise pas manager de transition"

Publié le 13 avril 2015 Sylvia Di Pasquale

Seuls 10 % des candidats sont sélectionnés pour prendre en charge ces missions complexes, comme nous l'explique Fabrice Coudray, directeur Robert Half en charge du management de transition.

Le management de transition n’est pas qu’une solution de dépit pour cadres seniors sortis du circuit. Certes, les cols blancs qui pratiquent ces missions complexes en intérim ont majoritairement les tempes grises. « Même s’ils ont en moyenne dépassé la cinquantaine, ils affichent surtout un état d’esprit très particulier, un rapport à l’emploi très différent, » observe Fabrice Coudray, directeur chez Robert Half et en charge de cette activité au sein du cabinet.

Qui sont les managers de transition ?

Des mercenaires de l’entreprise ? « Ils sont surtout dotés d’une forte résistance au stress et d’une bonne stabilité émotionnelle. Ils ne doivent ni forcer, ni brusquer, plaire sans plus, être efficace, fédérer. Et bien sûr être des experts hyper-compétents dans leur domaine,» ajoute-t-il histoire de dissuader les dilettantes.  À la clé, le cabinet leur propose des missions de 5 à 6 mois en moyenne, payées entre 500 et 900 euros la journée. Pour quoi faire ? D’abord du changement (dans 30 % des missions) lorsqu’il est nécessaire ou de la conduite de projet (30 %) « et notamment de la transformation digitale », du remplacement temporaire d’un cadre clé (25 %) et du redressement d’entreprise qui va mal (15 %).

Peu d'élus

Évidemment, pour dénicher ces oiseaux rares, Fabrice Coudray opère une sélection drastique. « Nous ne retenons que 10 % des candidats ». Et se méfie des cadres seniors qui ont fait toute leur carrière dans la même entreprise. « Quand on a connu une seule culture d’entreprise, c’est rare d’être éligible. » Les femmes, en revanche, trouvent plutôt grâce à ses yeux et représentent près de la moitié de son contingent. Et pour cause : dans ce drôle de métier, on travaille 70 % de son temps en moyenne dans l’année. Ce qui arrange certains conjoints ravis de la situation.

10 à 15 % des contrats signés

Bien sûr, en examinant la progression de cette forme de travail – elle représenterait 10 à 15 % des contrats signés – on pourrait se dire que se dessine-là un futur de l’emploi. Mais le chômage des cadres est en deçà de 5 % et la pénurie de cols blancs guette. Pourtant, selon Fabrice Coudray, les entreprises qui ont goûté à la transition en redemandent. « Quand on leur parle de CDI, certains cadres quittent la salle ».

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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