Jacques Trottier (Labeyrie) : "Les cadres parisiens sont les bienvenus"

Publié le 15 décembre 2014 Sylvia Di Pasquale

À 10 minutes des spots de surf et à une heure des pistes de ski, Labeyrie dévoile ses atouts de petite entreprise agroalimentaire qui a tout d’une grande, pour attirer les cadres des grandes entreprises.

Les premiers signaux sont alarmants. Noël 2014 ne figurera pas parmi les grands crus en matière de consommation. « Pas chez nous » coupe tout de suite Jacques Trottier. Il est directeur général de Labeyrie. Et ses saumons fumés comme ses foies gras, sont « sanctuarisés » comme il aime à le répéter. « Les gens font des efforts partout. Mais les jouets des enfants et la gastronomie du réveillon sont sauvés. » La gastronomie made in Labeyrie en tout cas.

50 postes de cadres ouverts en 2015

L’entreprise réalise entre 50 et 70 % de ses 260 millions d’euros de chiffre d’affaires entre novembre et décembre. Pas d’inquiétude donc dans les Landes. Pas plus en raison des frimas financiers du moment, que de l’entrée du fonds d’investissement PAI Partners dans son capital. « Ce n’est qu’un fonds qui succède à un autre fonds » analyse le patron optimiste. Et il a quelques raisons de l’être. Il est en pleine croissance, entend bien augmenter son chiffre d’affaires de 50 % d’ici 6 ans, espère diversifier ses produits, faire entrer d’autres entreprises dans son giron, mais aussi se développer à l’international et embaucher en conséquence. « Une cinquantaine de cadres en 2015 pour le groupe, dont une vingtaine pour la France. »

Formation à HEC offerte

Et comme Jacques Trottier est du genre sans peur, il veut les meilleurs. Y compris des exfiltrés des grandes entreprises de la région parisienne. « Parce que nous avons des produits plaisirs. C’est plus facile pour nous d’attirer des talents que pour une entreprise qui fabrique des vis de 12. » Mais aussi parce que son siège est situé dans les Landes. « À 10 minutes des spots de surf et à une heure des pistes de ski. » Sauf qu’il ne suffit pas de les attirer. « Sinon ils repartent au bout de 6 mois ». Afin de les fidéliser, il déploie une étonnante batterie d’avantages pour une entreprise agroalimentaire de cette taille (1 500 collaborateurs). Notamment un cycle de formation certifiante d’un an au management, baptisé Campus des managers. À raison de plusieurs sessions de 2 à 3 jours, ce programme conçu avec HEC, a permis aux 60 cadres qui l’ont suivi de parfaire leur savoir-faire managérial et de développer leur potentiel. « Pour nos cadres, cette formation fonctionne comme un déclic car elle offre une possibilité supplémentaire de continuer leur carrière chez nous. »

Sea, fun et foie-gras

Chez Labeyrie, on peut aussi télétravailler à raison d’une à deux journées par mois, faire du sport dans une salle dédiée, se reposer dans des locaux tout juste rénovés parmi les divers avantages offerts par l’entreprise. Surtout l’on peut compter sur une charte du management réellement appliquée, chose rare. « Normal, ce sont les managers qui l’ont écrite, avec les managés ». L’on y trouve pêle-mêle : de l’enthousiasme et de la convivialité qui figurent dans les objectifs annuels de chacun. Sea, fun et foie gras : un cocktail qui devrait attirer moult cols blancs coincés dans la grisaille du périphérique matinal.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

Vous aimerez aussi :