Jean Agulhon (DRH de Renault) : "La passion de l’auto est moins vitale que l’anglais"

Publié le 22 mai 2015 Sylvia Di Pasquale

[VIDEO] Non seulement Renault ouvre 1 000 CDI en 2015, dont 500 destinés aux cadres, mais le constructeur s’ouvre à des métiers qu’il n’avait pas l’habitude de recruter jusqu’à présent, notamment dans le digital.

Renault embauche 2 000 personnes, et parmi eux, 500 ingénieurs et cadres pour des fonctions tertiaires ainsi que 1 000 apprentis.  Si l’on avait osé livrer une telle information il y a un an à peine, la plupart des observateurs auraient hurlé à la forfaiture journalistique. Pourtant, il s’agit bien là du plan de recrutement mis en place par Renault pour 2015.

« Nous avons besoin de renouveler certains postes suite au plan de départs »

Le marché de l’automobile a repris du poil de la bête, Renault a pansé ses plaies, mis en place son plan de compétitivité et pense à l’avenir, comme son DRH France Jean Agulhon. « Nous avons besoin de renouveler certains postes suite au plan de départs ». Un plan qui concerne 8 000 salariés d’ici 2016.

À la recherche de compétences pour créer la voiture de demain

« Mais nous recherchons également des compétences dont l’industrie automobile ne dispose pas ». Des expertises assez éloignées du dessin aérodynamique ou de l’architecture d’un train avant. « Même si nous recherchons toujours ces compétences classiques ». Mais, en plus, l’auto de demain sera connectée et autonome. Alors, forcément, lorsqu’on souhaite recruter des spécialistes de la connectique ou du cloud, il faut sortir de l’entre-soi, des passionnés de l’auto qui jusqu’à présent formaient l’essentiel des troupes du Losange comme de n’importe quel autre constructeur.

Être capable de travailler avec une équipe internationale

« Nous recrutons autant de jeunes diplômés que d’expérimentés. Et voulons attirer 30 % de femmes. » Les temps changent et les ferveurs exigées aussi. « L’environnement, l’écologie sont des passions qui nous intéressent. » Il faut aussi être capable de travailler en équipe et, surtout, il est indispensable de parler anglais. « Car il faut pouvoir communiquer avec les centres de R&D qui ne sont pas tous en France, mais aussi en Roumanie et en Corée. » Chez Dacia et Samsung, filiale de la maison. En y ajoutant l’allié Nissan, de plus en plus proche, puisque certaines de ses voitures seront fabriquées chez Renault dès 2016, les candidats rejoindront une entreprise ultra-mondialisée, sans quitter l’Hexagone. Reste que ces compétences exigées, linguistiques et techniques, plus qu’automobiles, transforment Renault en une entreprise comme une autre. Face à toutes celles qui recherchent de jeunes ingénieurs versés dans le digital du moins. Et elles sont pléthore. 

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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