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Pascal Brier (Altran) : "Candidats ingénieurs, travaillez vos soft skills"

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Sylvia Di Pasquale

30/06/2014

Altran vient de lancer sa nouvelle campagne de recrutement qui a pour but de séduire 4 000 consultants à travers le monde dont 2 200 en France. Le groupe reste élitiste sur la sélection de ses futurs ingénieurs et alerte sur l’importance des compétences.

On peut être le leader mondial du conseil en technologies avancées. On peut équiper les meilleurs avions, les radars les plus pointus et les F1 les plus rapides. Mais quand sévit la pénurie d’ingénieurs, il faut néanmoins se décarcasser pour attirer les meilleurs. Surtout lorsqu’il s’agit d’en recruter environ 4 000 pour cette seule année à travers le monde, dont plus de la moitié en France. « Nous avons aussi des besoins dans la vingtaine de pays où nous sommes implantés, d’abord en Allemagne, en Espagne et en Italie, détaille Pascal Brier, directeur général adjoint du groupe Altran, qui emploie 21 000 personnes à travers le monde. Mais  aussi par ordre décroissant pour le Benelux, le Portugal, la Chine, l’Angleterre, les États-Unis et l’Inde. »

« Soft skills » indispensables

Près de 90 % de ces recrutements concernent des ingénieurs. « Notre capacité à les attirer est vitale pour notre business. Environ 50 % de nos salariés travaillant directement au sein des équipes de nos clients, nous sommes donc très exigeants sur leurs profils. » Une attention particulière est portée aux « soft skills », aux qualités comportementales. « En général, les ingénieurs français maitrisent parfaitement les savoirs technologiques. Mais cela ne suffit pas. Nous recherchons aussi l’ouverture culturelle, la maitrise parfaite de l’anglais professionnel qui les rend capable d’interagir dans des équipes pluridisciplinaires et transnationales, le sens du design, la capacité à manager… Ces aptitudes sont déterminantes pour faire carrière chez nous à l’international. »

Un même message universel…

Alors le groupe a décidé de séduire les ingénieurs férus d’innovation, les futurs « innovation makers » selon le sabir maison, avec un message, unique pour toute la planète, qui titille leur créativité : « Et si vous transformiez une idée en innovation ? » interpelle la toute nouvelle campagne de recrutement digitale, qui utilise les dernières technologies de communication et notamment la réalité augmentée, histoire de prouver que le high-tech n’est pas un vain mot dans la maison. Sur les 4 000 recrutements, 70 % concernent des postes de consultants qui vont travailler sur les missions, 15 % de directeurs ou de chefs de projets capables d’animer ces missions donc ayant déjà une certaine expérience et 15 % des fonctions commerciales ou de support.

… pour des motivations communes

Tout de même, l’uniformité du message ne risque-t-elle pas de se heurter aux cultures locales ? Le DGA du groupe – qui emploie 21 000 personnes – est persuadé qu’il n’en est rien car « les meilleurs ingénieurs ont des motivations communes : ils veulent apprendre, relever des défis et travailler dans un environnement créatif. » Alors le groupe tente de leur apporter ces trois éléments-clés et s’appuie sur son ADN pour les séduire : « Chez nous, c’est un bouillon d’idées, qui fait que l’innovation va plus vite. Nos ingénieurs aéronautiques ou de la santé côtoient ceux des télécoms ou de l’énergie entre autres. C’est cette « pervasivité » des technologies, le fait qu’elles passent d’un secteur à un autre, qui attire les ingénieurs. »

Un environnement de travail différent

Après avoir été séduits, les ingénieurs en herbe ou fraichement expérimentés veulent que le charme continue à opérer au boulot et au quotidien. Altran leur a concocté un environnement conçu rien que pour eux. « Durant les cinq dernières années, nous avons revu les locaux du monde entier », se félicite Pascal Brier. Mais un coup de peinture ne modifie pas un environnement de travail. « Nous avons adapté le cadre de travail au cadre de vie, avec de nouveaux espaces de détente et des services de conciergerie par exemple.» Alors si le leader mondial a quelques chances de les séduire, on tremble pour les autres entreprises avides d’ingénieurs mais aux moyens plus modestes.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi

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Théo

30/09/2014

à 13:16

La réalité peut s'avérer bien différente de cette présentation idyllique d'une société de conseil technologique "leader mondial" dans le domaine.

Un ingénieur fraichement recruté se verra probablement confier un poste dans une équipe dispatchée chez un client pour une mission de 6 mois à 2 ans, au bout de laquelle il devra lui-même trouver son prochain projet, à défaut duquel il se verra éjecter de sa position - CDI strapontin.
Ce qui explique sans doute que les sociétés de conseil et de services se retrouvent systématiquement en tête du peloton des recruteurs d'ingénieurs jeunes diplomés, afin de palier à un turn-over également leader sur le marché de l'emploi.

La mission à effectuer chez le client correspond dans la plupart des cas soit à un besoin temporel d'effectifs supplémentaires pour lequel il ne souhaite pas embaucher sur le long terme, soit à travail faisant appel à des compétences spécifiques hors de son coeur de métier et ne présentant pas un caractère stratégique pour l'entreprise.
Ce qui se traduit pour le consultant par 1- la précarité de l'emploi, 2- l'intérêt parfois secondaire de la mission 3- la non-intégration du consultant au sein de l'entreprise cliente, 4- la double hiérarchie employeur-client avec des objectifs non nécessairement concordants à satisfaire.

Les différentes unités business d'une même société de conseil ne sont pas communicantes et à communauté d'intérêt mais avant tout concurrentes sur le marché des nouvelles recrues.

Le niveau de salaire est nettement inférieur à un poste équivalent chez l'industriel. A l'époque en juin 2008, un salaire dans une fourchette haute de 35000 euros était jugé trop élevé pour un poste de consultant chez Altran énergie, mais réhaussé à 37500 euros pour un poste d'ingénieur chez un industriel dans un secteur pourtant moins rémunérateur.

Quand à l'international il est évidement avant tout desservi par des recrues locales au salaire local.

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Paul

26/08/2014

à 16:47

Très motivant en effet, tout cela !

Plus spécifiquement, la société Altran dispose-t-elle d'un département dans le domaine de la sécurité et sureté de l'information numérique, à notre époque du tout numérique où l'échange et la protection des données deviennent capitales à tout point de vue ?
En effet, ce secteur fait appel aux technologie de pointe les plus sophistiquées, pour garder de l'avance face aux cyber-attaques.

Personnellement, je recherche une entreprise pour suivre une formation en alternance dans la cybersécurité.

Altran oserait-il relever le défi dans ce domaine fort en demande et en technologie ?

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Tortank

28/07/2014

à 16:41

Certes, Altran permet de changer d'univers, mais cela implique aussi une certaine précarité. Les missions durent entre 6 mois et 1 an et demie. Et à chaque mission, c'est un nouveau bureau, une nouvelle équipe dans laquelle on s'intègre (ou pas... les prestataires ne sont pas considérés comme des membres à part entière de la boîte), voire même, une nouvelle ville, ce qui implique, déménagement, et éloignement des amis, qu'on a mis 6 mois à connaître.

Tant qu'Altran ne se sera pas attaqué à ce problème d'instabilité géographique, ils auront toujours du mal à recruter chez les jeunes ingénieurs. Et ce ne sont pas de jolis graphisme sur une vidéo qui vont y changer grand chose.

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looping

10/07/2014

à 13:19

Jeune diplômé ingénieur, ayant passé de nombreux entretiens avec de nombreuses entreprise de consulting. Constat :
Pas moyen de parler du projet sur lequel on peut travailler, le rh s’entête à parler de son entreprise sur un texte appris par cœur qui me donne toujours l’envie de l’étrangler.
Au cours des entretiens, j’ai pu remarquer une attention particulière du rh pour réussir la symbiose entre le projet professionnel et les plans de l’entreprise, mais apparemment ils n’aiment pas vraiment le mouvement.
Ne pas perdre de vu le fait que le rh cherche un type avec des capacités identifiés et peu de risque. Cela se traduit en : si vous avez fait une école d’ingénieur un peu trop scientifique, vous êtes dans la m****.
Autre aspect, l’innovation est stratégique pour une entreprise, donc la confier à du consulting c’est un peut signer son arrêt de mort.

@Olivier Bleu : c’est un service facturé, pas un prêt. Donc je ne vois pas où est le problème. Et il faut tout de même reconnaitre un avantage non négligeable au consulting, si il y a crise dans un domaine les ingénieur ne sont plus limité aux frontières de leurs entreprises et peuvent aller vers d’autres domaines.

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aldo610

03/07/2014

à 10:19

Ingénieur, Ingénieur, aujourd'hui un Ingénieur à le même niveau d'études qu'un BEP il y à 30 ans dans les DOM-TOM il est fréquent de voir des personnes avec des Doctorats, Master, Architectes etc. Diplômes frauduleux ensuite ces personnes viennent sur le sol Français elles casent le marché, Salaires très bas au début RECRUTEURS et DRH PLACE ou Embauche. Il sont prioritaire puisque émigré, Nos DRH et RECRUTEURS nivelle les compétences par le bas. Du coup nos vrai ingénieur et autres têtes intellectuelles quitte la France.

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Olivier Bleu

01/07/2014

à 22:33

Bref, le bla-bla classique d'une boîte de prestation....
L'innovation, l'ingénieur Altran ne la verra que de loin, pour lui, malheureusement, il ne lui restera que les miettes que les autres ingénieurs de la boîte cliente ne voudront pas...
Ils ont du mal à recruter, mais avec ça il y a une palanquée de cadre au chômage...
Et on ne parle pas des salaires...

70% des salariés Altran chez des clients? Donc 70% de salariés en situation illégale... Et oui, car travailler en tant que consultant Altran (ou Alten, ou Akka ou Ségula et j'en passe) chez un client quoique l'on fasse et quoi que l'on dise c'est du délit de prêt de main d'oeuvre...

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