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" Seule femme de mon codir. Malheureusement."

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Sylvia Di Pasquale

07/03/2011

Patronne engagée, Sandra Le Grand défend la parité et pourfend les discriminations. Pourtant, elle est la seule femme au sommet de l'entreprise qu'elle a créée. Paradoxe ou pragmatisme ?


La journée des femmes, c'est demain. Mais pour Sandra Le Grand, c'est tous les jours. Dans toutes ses prises de paroles, toutes les conférences et les réunions des différents réseaux de femmes ou de chefs d'entreprises dans lesquelles elle fait entendre sa voix. Dans son livre* aussi. Elle y encourage les femmes à entreprendre « parce qu'elles sont les plus douées et les plus capables des créateurs ». Mais chez CanalCE, la dirigeante pratique la parité à la manière de Monsieur Jourdain. Sans même y penser. « Sur mes 150 collaborateurs, 63 % sont des femmes. Mais c'est vrai que je suis seule dans mon comité de direction, entourée d'hommes. J'ai essayé pourtant... » Elle constate. Et n'en fait pas un drame. « Car ce qui compte pour moi avant tout, ce sont les compétences, pas le genre. » Bien sûr, elle pousse ses collaboratrices managers à viser plus haut. « A se former pour évoluer, jusqu'au sommet de la pyramide. »

Devoir citoyen

Comme elle pousse les jeunes qu'elle emploie. « Chez nous, la moyenne d'âge est de 33 ans. » En 11 ans d'existence, son entreprise de services de loisirs destinée aux comités d'entreprise enregistre toujours une progression annuelle de 40 % et a réalisé l'an passé un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros. Avec une embauche par mois en moyenne depuis sa création, elle est rodée à la manœuvre. Sans a priori ? « On recherche des motivations, des expériences particulières et peu importe l'âge, le sexe et la nationalité des candidats. » Et quand Sandra Le Grand parle d'« expérience », elle n'évoque pas précisément l'expérience professionnelle. Car elle croit aux vertus de l'alternance. « C'est un choix, ce devrait même être un devoir de l'entreprise. Celui de former et d'accompagner des jeunes en apprentissage. » C'est aussi une difficulté, elle en convient. « Pas facile de jongler avec leurs rythmes. Certains passent deux semaines dans l'entreprise, d'autres quatre. Il faut s'organiser. »

Pragmatisme

Va-t-elle profiter des nouvelles aides gouvernementales annoncées la semaine passée pour recruter davantage de jeunes ? « Je dois recruter 28 personnes cette année. Bien évidemment, j'essaierai d'obtenir ces aides. » Un effet d'aubaine qu'elle reconnaît aussi pour l'embauche d'un chômeur de 45 ans et plus. « Mais les 2000 euros que l'Elysée promet ne me feront pas choisir un senior moins compétent, plutôt qu'un junior qui l'est vraiment. » « Senior » - selon les termes du gouvernement - elle le sera d'ailleurs dans quelque temps. Alors, pour cette catégorie non plus, elle n'a pas d'a priori particulier.

* Entreprendre : un peu, beaucoup, passionnément, Sandra Le Grand, Editions Télémaque.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr et Figaro Economie - 07 mars 2011

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