Crise ou pas crise ?

Publié le 22 juin 2020 Sylvia Di Pasquale

EDITORIAL – La crise sanitaire sera-t-elle suivie d'une crise économique ? Télétravail OK, mais combien de jours ? Marché de l’emploi des cadres à la hausse ou à la baisse ? Face à l’incertitude qui s’immisce dans les carrières, il reste à s’informer et se former en attendant que le ciel se dégage.
Crise ou pas crise ?

D’un côté, l’OCDE nous promet une crise maousse, les sept plaies de l’Egypte sur l’économie mondiale et la France qui serait l’un des pays les plus touchés par la récession. Et de l’autre, des économistes parlent d’une reprise en V en France – ce terme de trader, devenu tendance, qui signifie qu’après une forte baisse, une valeur peut repartir aussi fort. Selon le Baromètre de la reprise, établi chaque semaine à partir d’une trentaine de critères par Emmanuel Lechypre de BFMBusiness, il semblerait que l’économie française tourne à 90 % de ses capacités.

Alors, crise économique ou pas crise ?

 

A l’heure du déconfinement, le télétravail forcé testé pendant deux mois suscite l’intérêt des employeurs. Parmi les 548 DRH interrogés par l’ANDRH, 85% disent un grand oui à la poursuite de cette formule de travail et même à son extension à davantage de métiers.

 

La grande bascule du travail en présentiel vers le travail à distance se profile. Seulement voilà : difficile de savoir quelles entreprises vont succomber. Ni à quel rythme :  2 jours de télétravail par semaine comme le préconise les DRH sondés ? ou carrément pour 3 jours ce qui signifierait que l’on passerait davantage de jours chez soi qu’au bureau comme le fait remarquer Benoît Serre dans une interview donnée à RTL.

Pour les salariés qui envisagent de changer d’employeur voire de région, faut-il partir ou ne pas bouger ? Télétravailler à plein temps dans le bocage, à mi-temps en grande banlieue ou rester en ville ? Déménager à l’autre bout de la France, ou a quelques kilomètres de sa boîte, ou rester ou l’on est ?

On ne sait pas, on ne sait plus.

Et le marché de l’emploi ? A quoi va-t-il ressembler pour les cadres ? Car si l’on déménage pour se retrouver au chômage, dans un joli coin où de boulot il n’y a point, autant rester à notre point de départ. Ce marché de l’emploi des cadres, Thibaut Gemignani, DG de Cadremploi, le voit résilient. « Avant la crise sanitaire, on comptait deux fois moins de chômeurs parmi les cadres que dans l’ensemble de la population active. Et ce sera encore le cas avec la crise économique qui vient, avec un marché du recrutement à -50% et un marché de l'emploi des cadres probablement à -25% ou -30%. »

Dans le doute, on s’abstiendra de s’exiler dans des endroits verts foncés, où il y a peut-être une connexion web de haute qualité, mais où rechercher un nouveau poste ne serait pas gagné.

Alors dans ce temps de l’hésitation et de l’entre-deux, entre la grosse crise de plusieurs années et la crisette de quelques mois, il reste une valeur sûre : la formation. Se former en attendant des jours moins incertains ne sera jamais une perte de temps. Que ce soit au travers de Mooc ou de conférences à distance pour s'informer sur les dernières tendances de son métier (les webinars n'ont jamais été aussi nombreux et chaque profession a les siens). Ou grâce à son compte professionnel de formation (CPF) si vous ne l'avez pas déjà vidé pendant le confinement. C’est le moment de l'activer.

 Dessin original de Charles Monnier

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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