11 mai : ouvrir la "boîte de confiance" plutôt que la boîte de Pandore

Publié le 13 avril 2020 Sylvia Di Pasquale

ÉDITORIAL - Ce n’est pas une date effective de la véritable reprise des activités économiques, mais ça y ressemble fort. Le 11 mai pourrait être le début du recommencement. Et peut- être aussi le jour où le contenu de la "boîte de confiance" sera libérée, version moins plombante de la boîte de Pandore.
11 mai : ouvrir la "boîte de confiance" plutôt que la boîte de Pandore

Le 11 mai prochain, les écoles et les lycées, comme les commerces et les entreprises redémarreront progressivement, ainsi que le président de la République l’a annoncé ce 13 avril. Ce jour-là, comme l’explique Vincent Trémolet de Villers dans son édito du Figaro, marquera « le jour du début de la fin de ce pénible confinement.»

 

Évidemment, Emmanuel Macron n’a livré aucune précision, puisque, comme dans toute bataille, les généraux décident et la logistique s’adapte. Mais visiblement, l’hôte de l’Élysée souhaite une reprise rapide de l’activité économique du pays. Évidemment, le coût exorbitant lié à la mise à l’arrêt des activités pousse à cette reprise. Mais ce n’est pas la seule raison de cette volonté présidentielle.

 

C’est peut-être une autre raison qui a décidé Emmanuel Macron à pousser les entreprises et les Français à reprendre leurs activités après « seulement » deux mois de confinement, contre 2,5 mois à Wuhan en Chine, et dans d’autres villes et pays d’Asie. Hormis le fait que la plupart des pays occidentaux devraient redémarrer après une période d’arrêt similaire, l’on pourrait voir dans cette volonté, et cette date annoncée, l’ouverture de la « boite de confiance ».

C’est ainsi que Denis Troch, ex-entraineur adjoint du PSG reconverti en préparateur mental, a baptisé cette habitude qui consiste à se fabriquer des anti-corps mentaux :

 

Il est bon de remplir tous les jours ce que j’appelle la « boîte de confiance ». Dans cette boîte fictive, virtuelle, il y a tout ce qu’on a fait de bien. des références positives. Pour que, le jour où il y a quelque chose de puissant qui arrive, chacun puisse agir ou réagir.

 Denis Troch

Ouvrir la boîte, ou le pays, le rendre à ses entreprises et à leurs salariés, tout en continuant de les soutenir après deux mois d’activité à coups de recettes parfois proches de zéro est bien entendu un moyen d’éviter d’ouvrir la boite de Pandore, celles des maux d’une crise financière et sociale insurmontable.

 

Mais ce moyen est aussi un risque, celui de l’ouverture d’une autre boîte de Pandore, celui d’un autre risque, sanitaire celui-là. Qu’adviendra-t-il dans les ateliers, les open spaces, les écoles et les lycées si les distanciations sociales ne sont pas strictement respectées ? Si les masques promis ne sont pas distribués à tous ? Si les tests ne touchent pas l’ensemble de la population susceptible d’être porteuse du virus ? Ces questions, personne ne peut y répondre précisément, même pas le président de la République, qui l’a d’ailleurs avoué lors de son allocution. Mais à défaut de toujours pouvoir prévoir, gouverner c’est parfois choisir.

 

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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