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A quand la Journée du pantalon ?

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Sylvia Di Pasquale

07/03/2011

C'est comme chaque 8 mars et c'est demain. La Journée internationale des femmes va encore tenter de nous fourguer ses bonnes idées pour améliorer le sort du sexe dit "faible" dans les entreprises françaises. Elle va aussi nous asséner une palanquée de chiffres pour nous expliquer que tout va mieux, que les différences de salaires hommes-femmes, c'est presque du passé, que le plafond de verre s'effrite tellement qu'il n'y a plus que Carglass qui puisse le sauver. Et que la loi obligeant les conseils d'administration des grosses boîtes à réunir autour de la grande table pas moins de 40 % de femmes, va pulvériser les derniers préjugés en matière de parité.

On veut bien. On va nous expliquer aussi que s'il y a si peu de femmes à la tête d'une grande boîte française, c'est un peu de leurs fautes. Car elles sont elles-mêmes bourrées de préjugés, qu'elles n'osent pas, qu'elles se sous-estiment.

On est d'accord. On va nous démontrer enfin, que c'est à coups de réseaux, clubs, cercles, think-tank, associations, réunions, célébrations, conférences et congrès qu'elles sensibiliseront leurs consœœurs qui n'osent pas et leurs chefs qui ne veulent pas.

On applaudit. Mais on s'interroge aussi. Car on en oublie un peu le fondamental obstacle. Parce que le principal défaut de la cadrette n'est pas, comme on aimerait nous le faire croire un peu trop souvent, elle-même. Mais, pour paraphraser Arnaud Montebourg, « c'est son compagnon ».

Du coup, plutôt que de célébrer une Journée de la femme chaque 8 mars, changeons son intitulé. Et braquons les projecteurs sur le seul qui puisse vraiment changer la donne : l'être qui partage sa vie. La rebaptiser « Journée international de l'homme » ? Trop vague, trop vaste et trop générique, puisque l'homme représente l'humanité toute entière, dans un grand élan de machisme originel.

Pourquoi pas « la Journée du pantalon » ? Érigeons en exemple ces hommes qui osent. Ce cadre très sup' d'une grande banque française qui bosse en 4/5e et qu'il est hors de question de déranger le vendredi (j'en connais un !). Célébrons ces messieurs qui prennent un congé parental de trois ans (vous en connaissez ?). Et même plus modestement, et tout aussi rarement, ceux qui prennent les journées « enfants malades » auxquelles ils ont droit, pour s'occuper de leur progéniture grippée, pendant que Maman est en voyage d'affaire.

Ces hommes existent. Mais ils se cachent, honteux qu'ils sont de passer pour des gonzesses auprès des collègues. L'idée d'être exclu de la grande confrérie des chevaliers de la réu de 19 heures et du pot qui s'en suit au bar d'en face, les fait tellement cauchemarder qu'il jouent au papa en douce, quand ils ne renoncent pas carrément. Démontrer au cours d'une journée qu'ils ne sont pas moins virils que leurs collègues qui n'ont pas vu un aspi depuis qu'ils ont quitté leur chambre de bonne pour emménager avec la ménagère de leur vie, est une excellente façon de faire avancer la parité à la maison et, à fortiori, dans l'entreprise.

Livrer ces pionniers en exemple, ne serait-ce qu'un jour, va forcément décomplexer les autres. Et créer des émules du rééquilibrage des rôles dans la vie familiale. Cette Journée du pantalon en ferait beaucoup pour celles qui portent la jupe. Au moins autant que la Journée de la femme. Messieurs, sortez du bois, on attend vos témoignages. Anonymes ou pas.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 7 mars 2011

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No shame for the braves

Dessin de Charles Monnier © Cadremploi.fr

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commentaires

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JDoB

23/03/2011

à 13:06

"Bon ben on pensait fusionner le groupe GAG avec le groupe Femmes!"

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Ang

14/03/2011

à 12:47

@marc : vous êtes hilarant ! Si l'absence de loi discriminante (encore heureux !) était garante de l'absence de discriminations, le monde serait pur et parfait... Pour votre info, les femmes enceintes travaillent aussi et 3 enfants = 58 semaines de congés maternité soit un peu moins de 14 mois, ce qui nous fait une activité réduite sur 10 ans de 11.5 %, et non pas 30%.
Le plafond de verre pour les femmes est une réalité car beaucoup de dirigeants réfléchissent comme vous.

Et il n'en est pas moins vrai que les congés parentaux pour les hommes sont très mal perçus. Mon mari (qui n'est pas cadre) a réduit son activité à 80% et a subi de nombreuses pressions pour en être dissuadé.

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cadre F

14/03/2011

à 12:04

Marc,
Faut-il donc attendre le jour où les hommes pourront entrer en gestation pour que l'égalité soit rétablie ?

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sandrine

11/03/2011

à 15:23

Sylvia je crois que je vous aime (en tout bien tout honneur bien sur...)

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Jean Claude

11/03/2011

à 12:42

Le monde est ainsi fait que tout n'est que futilité, existence d'un instant et puis plus rien, "effacé, remplacé, écrasé" par autrui (pour l'être humain) ou par tout autre thème (au sens de l'actualité). d'ou sans fin, et des débats, des polémiques, incessantes, etc. Si l'on est un être respecteux de l'autre ainsi que du bien d'autrui, (fondamentaux de l'éducation essentiels en ce sens), alors la problématique du pourquoi suis-je (homme ou femme) sur cette planète et pour y faire quoi (de bien, avec l'exigence nécessaire de respect de l'espace existentiel de l'autre) ne pose aucun problème métaphysique. Parfois, si l'on en est pas conscient naturellement, il faut/faudra parfois malheureusement un accident de vie pour s'en persuader ou à tout le moins d'en efleurer une forme de pensée / réflexion, et d'évoluer vers un univers existentiel où enfin, bien que sur terre, l'on accède à une forme de sérénité de pensée et de "vie" tout simplement, sans être impacté par de quelconque conflit de pensée en un sens et son contraire. La Paix sereine. Maintenant, il n'y a que 24 h dans une journée, et chacun doit essayer de trouver son bonheur serein, et de faire son devoir sans impacter l'autre dans ce rythme inextensible, sachant que l'être humain comme tout être vivant ne pourra jamais faire "tout" ce à quoi il/elle aspire, si tant est dans ledit tourbillon de la vie, qu'il/elle sait-il/elle à quelle finalité de sens de la vie ses "aspirations" conduisent-elles ?????? Dans mes modestes 15 années d'évolution au sein du monde industriel, j'ai toujours respecté les êtres humains, quel que soit leur sexe, seule, l'exigence partenariale réciproque, la complémentarité de compétences et d'expérience, et le respect mutuel auront guidé une existence de conduite personnelle avec autrui dans cet univers. Aujourd'hui, je collabore tous les jours dans mon travail avec une "personne" du sexe opposé au mien, ah oui, laquelle, la "Nature" tout simplement. Pas de conflit, une "femme d'exigence", mais qui, si on la respecte et que l'on participe à ses côtés à s'impliquer (comme en fédération partenariale d'équipe projet et avec respect du rythme dans le temps), et bien, elle (la nature) vous le rend bien, au sens noble du terme, en particulier dans un de ces fondamentaux de la vie, puisqu'elle m'aide à subvenir à la génération de légumes et fruits à l'année, essentiels chaque jour pour vivre, donc pour exister sans polémique de quelconque origine (sexe, couleur de peau et j'en passe et des meilleures). Je suis un jardinier heureux et respectueux d'elle, tout simplement. Les fondamentaux de la vie valeur etc, respect du temps, etc, il n'y a que cela qui permette de vivre en respect d'autrui et en conscience avec soi-même. Ah, au fait, entre la vie "industrielle" et celle depuis 3 ans de jardinier complice de ma compagne Nature, je me suis aussi impliqué sans détour et plus que de raisons selon certains jugements d'autrui (dont je n'ai que faire, jaloux, les autres, frustrés), de ma personne d'Homme, pour l'accompagnement au cours de 8 années dont 6 bénévole d'un de mes ascendants sur une lourde et longue pathologie irréversible de fin de vie,..., et bien, je n'ai rien demandé, et ne reproche rien à quiconque de quelque sexe que cela soit, simplement, une tranche de vie comme une autre ou mon objectif aura simplement été de me battre pour un être aimé ascendant dans l'accompagnement digne de la vie, pour ne pas dire la fin de vie, avec conscience, et je sais qu'il y a en France 3 à 4 millions de personnes qui en permanence, font aussi cela à un moment de leur vie pour un être en perte d'autonomie, dont majoritairement des femmes. C'est la plus grande entreprise de France, bénévole, discrêtionnaire, contribuant pour ceux qui aiment les chiffres, à l'quivalent de 7 % du PIB Français, alors que cela est du stricte bénévolat de quelqueq heurs quotidiennes à parfois du 24h/24. L'essentiel, c'est de le faire en conscience si possible, pas contraint, quel que soit le fait d'être homme ou femme. Il y a des gens "bien" partout", à chacun de s'y acheminer afin de ne pas être dans des pensées permanentes de conflit ou haine, frustrations, etc. Cordialement, et bonne continuation à chacun dans son fil conducteur permettant d'accèder à un "sens de vie vraie en respect d'autrui" tout simplement. cordialement. JC.

> Répondre

Marc

09/03/2011

à 13:54

Quel titre provocateur !
Vous semblez insinuer que les droits de la femme sont différents de ceux de l'homme. Je vous affirme que Femmes et Hommes sont égaux ! Il n'y a AUCUNE loi qui favorise les hommes. A moins que vous n'arriviez à nous prouver le contraire.

Il n'y a donc rien en France qui bloque les femmes à briguer des postes de Direction, à voir leur salaire augmenter etc...

Les femmes font le choix de prendre des congés pour faire des enfants et les élever. Si les hommes prenaient les mêmes congés, leur rémunération serait en conséquence. Une femme faisant 3 enfants entre 25 et 35 ans sera absente 3 années sur cette période de 10 ans, cela représente 30% du temps ! Et la différence de salaire entre hommes et femmes n'est pas de 30% mais de bien moins !

Pour tenir un poste de Direction et être membre d'un conseil de Direction, il faut être pret a renoncer a certaines choses : renoncer a enmener son enfant à l'école le matin, a aller le chercher à 18h à l'école etc... Les femmes préfèrent avoir un confort de vie (que je comprends) en élevant des enfants et ne sont donc pas éligibles pour ce type de poste. Celles qui font des concessions y arrivent très bien !

Mesdames, si vous voulez nos salaires, prenez aussi les réunions qui commencent à 19h, participez à la fin de la réunion "au bar d'en face", rentrez à 20h30 chez vous et ne voyez vos enfants que le week end !

Je précise que si j'étais une femme, j'aurais librement fait ce choix d'être payé moins pour profiter plus de mes enfants !

Marc

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V35

09/03/2011

à 13:43

Il y a des hommes qui veulent s'occuper de leurs enfants!!! avant le boulot!
Le père de mes enfants en fait parti. C'est lui qui à pris le congé parental à la naissance du dernier et qui va les chercher à la sortie de l'école, les emmène à leurs activités et prépare le dînner!
Merci

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Jean-Jacques O.

09/03/2011

à 11:43

Enfin un article qui ne fait pas que désigner la femme comme victime mais la considère aussi comme une actrice, plus ou moins à l'aise, de sa propre carrière. J'apprécie, d'autant plus que, à Genève-Ville, colorée de "rose", on assiste à une véritable guerre des mots stérile (il faut par exemple dire : "Madame la Maire", *les citoyens et les citoyennes", presque "les socialistes et les socialistes",etc.) et peu propice à une réelle avancée des idées. Dommage...pour la cause des femmes !

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zaraa

09/03/2011

à 09:14

Oui pour les droits de la FEMME,mais n'oublions pas les devoirs et les obligations?

> Répondre

Vincent

08/03/2011

à 22:04

Juste pour saluer la pertinence de fond et la qualité de forme de votre édito.

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helene

08/03/2011

à 21:34

Je suis d'accord avec votre article. Le problème des femmes au travail c'est bien le partage des responsabilités familiales, les heures de ménages en plus mais aussi l'éducation des enfants qu'elles ne veulent pas (ou ne peuvent pas) partager avec leur conjoint. Moi aussi, je suis pour les pères qui prennent leur place.

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amandice

08/03/2011

à 18:47

L'auteurE Sylvia m'a bien fait rire.. c'est déjà ça... mais il n'en reste pas moins que les DROITS des femmes sont encore à défendre... et peu d'hommes pour s'y coller !

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Isabelle L.

08/03/2011

à 18:10

Tout à fait d'accord avec Laurence Fritz !

Tout le monde sait que rien ne progresse et ça régresse même mais les femmes elles mêmes préservent la chasse gardée des hommes en faisant souvent preuve d'absence de solidarité féminine...

En cette "journée de la femme" j'ai eu l'occasion de tomber sur une secrétaire odieuse en me déplaçant à un entretien de plus purement alimentaire....elle vantait pourtant les mérites de cette journée à un collègue homme, certes pas très fufute la fille....alors que les femmes tirent déjà moins dans les pattes des autres femmes avant de s'en prendre aux hommes car il n'y a quasi aucune solidarité dans le monde du travail, ça me l'a bien rappelé...

Preuve que cette journée ne sert à rien pour les esprits étroits, hommes comme femmes....

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marine

08/03/2011

à 16:11

Alex

08/03/2011

à 15:55

@Nick

C'est bien de souligner que les droits des femmes sont bafoués dans de nombreux pays... mais néanmoins, ce n'est pas pour autant que le sort des femmes dans les pays dits "civilisés" ne mérite pas d'être amélioré.
Sous prétexte qu'il y a pire ailleurs il faudrait donc cesser d'aspirer à la parité??? Quelle étrange réaction!
Et lorsque l'Europe se penche sur l'égalité des sexes, c'est pour demander aux compagnies d'assurance de ne plus favoriser les femmes au niveau tarifaire... Si on veut parler d'égalité, dans ce cas, nos eurodéputés feraient peut-être bien de prévoir en priorité des sanctions pour les centaines d'entreprises qui ne payent toujours pas leurs employéEs au même salaire que leurs homologues masculins... (et là il s'agit bien d'un droit d'ailleurs!)

> Répondre

LEFEVRE

08/03/2011

à 15:10

sept.1993: naissance de deux filles jumelles qui fait passer la famille de 2 à 4 enfants.
avril 94: Je prends un congé parental à la suite du congé maternité de Catherine. Au départ, j'imagine prendre un an. Au regard de la perte de salaire très mal compensée par le dit congé parental, j'abrège à 3 mois... et je pousse un grand ouf de soulagement, ravi de retrouver ma situation professionnelle. Fin de la séquence papa-poule que j'aurais peut-être prolongée si c'était économiquement jouable.
Ceci est un message perso à Sylvia Di Pasquale, connue du temps de la Lettre du sponsoring et du mécénat alors que j'étais chez Communication CB News.

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ROUCHETTE

08/03/2011

à 13:53

En tout cas avec moi ca ne risque pas. Les résultats c'est la même chose pour tous qu'on soit homme ou femme, si on veut avoir un même salaire. Donc même salaire si pas d'absence pour la maternité, les enfants malades...

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Anna

08/03/2011

à 13:42

Il s'agit de la "Journée des droits des femmes" qui peut être abrégée en "Journée des femmes". Si vous trouvez LA femme, faîtes signe !

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nick

08/03/2011

à 13:26

Je trouve cet article complètement déplacé, c'est la journée Internationale de la femme et pas française ou Européenne ! Dans de nombreux pays il ne s'agit pas de parité mais de droits de la femme !

> Répondre

Jean-No

08/03/2011

à 13:23

Oui, bon, enfin "livrer ces pionniers en exemple", c'est élever l'aspirateur au rang de conquête et rabaisser le dessin au feutre avec un petit bonhomme fatigué au rang de corvée...

J'étais ravi de passer quelques jours avec mon petit, (non pas ravis qu'il soit fiévreux, mais de ce temps à nous deux) et je passe l'aspirateur, non pas au nom de l'égalité des sexes, mais simplement parce que le sol est sale. Je refuse de prétendre au titre d'exemple parce que je fais simplement ce qui est normal.

D'accord pour décomplexer tout ceux qui font simplement ce minimum, mais surtout ne pas le présenter comme quelque chose d'exceptionnel, sinon on entérine le fait que ce qui serait "normal" c'est que ce soit les femmes qui le fasse.

> Répondre

Fritz Laurence

08/03/2011

à 12:30

Oui, mais en attendant, cette année, la journée de la femme tombe sur Mardi-gras... Belle preuve de la mascarade !!!

> Répondre

AbdouAlg

08/03/2011

à 11:31

Oui, la journée du pantalon, pouqui pas?
Malheureusement c'est trop tard, mon collègue est venu me voir avec une remarque vraiment interessante, toutes nos collègues ce matin sont venues vétues d'un pantalon, et je confirme toutes.......pas une avec une robe ou une jupe, ce qu'on appelle chez nous "Erredj'la" le contraire de la feminité.

> Répondre

cyril

08/03/2011

à 09:52

Bonjour,
Je me retrouve assez dans le role du papa qui s'ocuppe de sa progéniture, mais pas dans le coté "qui se cache".
Simple question de point de vue...après on choisit d'etre un mouton ou pas.

> Répondre

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