Bientôt le gant qui booste la créativité du manager

Sylvia Di Pasquale

Bientôt le gant qui booste la créativité du manager

C’est pas facile la vie d’un manager d’open space. A cause de Lalie qui veut donner du sens à sa vie et à son boulot aussi, qui demande l’installation de toilettes sèches pour accepter de se remettre à plancher « sans détruire la planète ». A cause d’Erwan qui veut télétravailler depuis les îles Grenadines, car « sous le vent, les projets sont plus grands ». Comment les motiver pour autre chose qu’eux-mêmes ? Comment résoudre ce casse-tête et tant d'autres de la vie de manager ? Peut-être en testant Dormio le gant magique. 

L’idée, et le prototype mis au point par des chercheurs du MIT, est en fait l’amélioration d’un bon vieux truc développé depuis 150 ans, et utilisé par Thomas Edison, Einstein, Wagner ou Dali. Des quidam à qui l’on ne saurait reprocher le manque d’idées. 

Et pour en avoir, ils se débrouillaient parfois pour mettre en place un dispositif qui les réveillait dès qu’ils s’enfonçaient dans un sommeil profond, juste avant de quitter la phase d’hypnagogie, cette semi-conscience de rêve éveillé pendant laquelle on fourmille d’idées.

Ainsi, Edison tenait en main une bille en fer et, lorsqu’il s’endormait pour de bon, les muscles de sa main la relâchaient. Elle se fracassait au sol et réveillait le scientifique aux 1093 brevets qui se dépêchait de noter ses pensées. C’est ainsi que l’inventeur de la chaise électrique a augmenté sa créativité grâce aux idées que son subconscient lui envoyait et qu’il se dépêchait de noter avant qu’elles ne s’évanouissent pendant la phase de sommeil profond.

Au Massachussets Institut of Technology, on a été un peu plus loin que la bille en fer. Le gant Dormio, mis au point par Adam Horowitz, détecte non seulement ce passage de la semi-conscience à l’inconscience totale, mais il passe instantanément le relais à un logiciel qui parle aux cobayes et leur permet de rester entre deux eaux. Que leur dit-il ? Pour leur expérience, les chercheurs américains ont opté pour deux mots très simples : lapin et fourchette, répétés pendant plusieurs minutes. Une fois réveillés pour de bon, les sujets volontaires pour l’expérience ont noté ce qu’il leur passait par la tête au sujet des lapins et des fourchettes. Un autre groupe, parfaitement réveillé, jamais endormi et non ganté, en a fait autant, tentant de raconter des histoires en lien avec l’animal à grandes oreilles et l’ustensile parfois destiné à manger l’animal en question. 

Évidemment, les idées exprimées par les gantés presque endormis ont été bien meilleures que celles des mains nues éveillées.

Alors notre manager de rêver en lisant cet  article : il se verrait bien faire sa nuit avec son gant Dormio. Au déclenchement du signal, la voix synthétique du dispositif lui répétera « Lalie », « Erwann ». Tiré de son état semi-hypnotique, le cadre aurait enfin trouvé la solution pour mettre ses pioupious au boulot. Il convoquerait les deux larrons pour expliquer sèchement à Lalie que ces ultimatums, il s’assied dessus. Quant à Erwann, promis juré, il appuiera sa candidature au poste de chef de produit de la Criée grenadiennes. C’est pas beau la science ? Presque aussi génial que le bon sens. 

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

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Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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