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Bientôt le gant qui booste la créativité du manager

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Sylvia Di Pasquale

22/05/2018

C’est pas facile la vie d’un manager d’open space. A cause de Lalie qui veut donner du sens à sa vie et à son boulot aussi, qui demande l’installation de toilettes sèches pour accepter de se remettre à plancher « sans détruire la planète ». A cause d’Erwan qui veut télétravailler depuis les îles Grenadines, car « sous le vent, les projets sont plus grands ». Comment les motiver pour autre chose qu’eux-mêmes ? Comment résoudre ce casse-tête et tant d'autres de la vie de manager ? Peut-être en testant Dormio le gant magique. 

L’idée, et le prototype mis au point par des chercheurs du MIT, est en fait l’amélioration d’un bon vieux truc développé depuis 150 ans, et utilisé par Thomas Edison, Einstein, Wagner ou Dali. Des quidam à qui l’on ne saurait reprocher le manque d’idées. 

Et pour en avoir, ils se débrouillaient parfois pour mettre en place un dispositif qui les réveillait dès qu’ils s’enfonçaient dans un sommeil profond, juste avant de quitter la phase d’hypnagogie, cette semi-conscience de rêve éveillé pendant laquelle on fourmille d’idées.

Ainsi, Edison tenait en main une bille en fer et, lorsqu’il s’endormait pour de bon, les muscles de sa main la relâchaient. Elle se fracassait au sol et réveillait le scientifique aux 1093 brevets qui se dépêchait de noter ses pensées. C’est ainsi que l’inventeur de la chaise électrique a augmenté sa créativité grâce aux idées que son subconscient lui envoyait et qu’il se dépêchait de noter avant qu’elles ne s’évanouissent pendant la phase de sommeil profond.

Au Massachussets Institut of Technology, on a été un peu plus loin que la bille en fer. Le gant Dormio, mis au point par Adam Horowitz, détecte non seulement ce passage de la semi-conscience à l’inconscience totale, mais il passe instantanément le relais à un logiciel qui parle aux cobayes et leur permet de rester entre deux eaux. Que leur dit-il ? Pour leur expérience, les chercheurs américains ont opté pour deux mots très simples : lapin et fourchette, répétés pendant plusieurs minutes. Une fois réveillés pour de bon, les sujets volontaires pour l’expérience ont noté ce qu’il leur passait par la tête au sujet des lapins et des fourchettes. Un autre groupe, parfaitement réveillé, jamais endormi et non ganté, en a fait autant, tentant de raconter des histoires en lien avec l’animal à grandes oreilles et l’ustensile parfois destiné à manger l’animal en question. 

Évidemment, les idées exprimées par les gantés presque endormis ont été bien meilleures que celles des mains nues éveillées.

Alors notre manager de rêver en lisant cet  article : il se verrait bien faire sa nuit avec son gant Dormio. Au déclenchement du signal, la voix synthétique du dispositif lui répétera « Lalie », « Erwann ». Tiré de son état semi-hypnotique, le cadre aurait enfin trouvé la solution pour mettre ses pioupious au boulot. Il convoquerait les deux larrons pour expliquer sèchement à Lalie que ces ultimatums, il s’assied dessus. Quant à Erwann, promis juré, il appuiera sa candidature au poste de chef de produit de la Criée grenadiennes. C’est pas beau la science ? Presque aussi génial que le bon sens. 

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

[Cet article est un éditorial qui reflète le point de vue de la rédaction. Le forum ci-dessous vous permet de le commenter ou d’apporter votre témoignage en lien avec le sujet évoqué, dans le respect des principes éthiques et de savoir-vivre (comprenant l’écriture avec un certain soin). Nous avons hâte de vous lire et vous remercions de votre visite.]

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Jean-David Gallet

24/05/2018

à 13:45

Bonjour.
Merci pour la conclusion et pour nous rappeler qu'un manager, c'est d'abord quelqu'un qui se fait respecter et qui doit recadrer tous les caprices modernes de ses collaborateurs...
Ce qui m'ennuie par contre, c'est qu'un des trucs les plus précieux pour un manager d'aujourd'hui, c'est précisément son sommeil.

Je repense au Petit Prince qui proposait à l'allumeur de réverbère de marcher tout doucement sur sa planète si petite, afin que le jour y dure infiniment...
- ça ne m'avance pas à grand chose, ce que j'aime dans la vie, c'est dormir.
- ce n'est pas de chance...

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En réponse à Jean-David Gallet

Rosechloe

14/06/2018

à 20:20

Tout à fait et il est aujourd'hui contraire au bon sens (justement) de suggérer faire l'impasse sur le sommeil profond, le seul qui répare. Le corps humain alterne sans le moindre artifice les cycles de sommeil profond et d'hypnagogie; il sait parfaitement les dosages optimaux. Évitons de faire croire que ceux qui n'expérimentent pas les limites ne peuvent pas être véritablement au top de leur performance et par là même avancer professionnellement; nous nous émulons à aller dans nos derniers retranchements....pour mieux nous proposer des stages et des articles de fond anti burn-out?
Chercher les extrêmes vous ramène toujours - mais non sans séquelles - là où chacun aurait dû toujours rester : au milieu, à l'équilibre. Arrêtons de chercher le bonheur, la réussite, le succès et la performance dans ces directions; ils n'y sont pas.
Ceux qui donnent la sensation d'être dans ces surperfomances-là en toute quiétude ne sont pas dans leurs extrêmes ; ils ont juste des capacités naturelles supérieures à la moyenne...mais également on n'imagine pas à quel degré ils survolent leurs affaires et se reposent sur de solides bras droits alors qu'on les pense être à fond dans leurs dossiers comme nous pour atteindre leur résultats. Sans cette organisation et ces capacités ils n'y arriveraient pas....mieux que nous.

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