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Bison Futé, ministre du télétravail

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Sylvia Di Pasquale

30/11/2015

On nous prédisait un cauchemar et le résultat fut un boulevard. Ou plutôt des artères parisiennes aussi fluides qu'en pleine nuit. Rien n’y fit. Ni les fermetures d’autoroute, ni les ordres et les contre-ordres officiels indiquant une A6 fermée, puis finalement ouverte et encore moins les injonctions contradictoires de la préfecture de police, rappelant que les transports en commun étaient gratuits mais déconseillés. Aucune mesure et aucune restriction n’ont provoqué la pagaille escomptée. Chacun est resté chez soi, pour célébrer la première journée française du télétravail. Car grâce à la Cop21, grâce à Bison Futé, le nez dans ses petites cartes d’Île-de-France et grâce à l’alarmisme généralisé, le 30 novembre est ainsi officiellement désigné par nos bons soins. Bien sûr, le gouvernement a donné un coup de pouce, en demandant aux entreprises de privilégier le travail à la maison, de reporter les déplacements et les livraisons. Et il a été entendu, sans injonction, sans obligation.

Et l’on se prend à rêver. Non pas d’une utopie made in science-fiction, mais des retombées de cette journée, qui devraient être rapidement mesurées. Et si elle ne produisait pas la catastrophe économique espérée par les déclinistes persuadés qu’une boîte ne fonctionne pas sans les sacro-saintes réunions du lundi ? Et si les télétravailleurs du 30 novembre étaient capables d’être tout aussi efficaces chez eux ? Et si les conf calls qui vont se succéder aujourd’hui pouvaient être utilisées demain ?

Évidemment, certains jobs doivent toujours s’exercer au sein de l’entreprise. Forcément, il faut de temps à autre se rendre au bureau, ne serait-ce que par goût du lien social. Mais on le sait, il suffit d’une baisse de la circulation de 10 à 15 % pour que cette dernière soit fluide aux heures de pointe. Du coup, cette journée censée être noire et qui s’est avérée verte comme la conférence du Bourget va peut-être créer un précédent. En convaincant les entreprises d’adopter le télétravail plus souvent (les cadres sont déjà plus que convaincus à 71 %), en rassurant les pouvoirs publics franciliens sur les capacités de leurs infrastructures à absorber le trafic et en donnant un coup de pouce à l’écologie puisque les bouchons en moins produisent du CO2 en moins. Alors, vu le succès prévisible de l’initiative, il serait temps d’attribuer un nouveau poste à Bison Futé. Lui qui voit ses pouvoirs limités depuis quelques temps pourrait devenir ministre du télétravail.

@Syl_DiPasquale © Cadremploi.fr

Dessin de Charles Monnier

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commentaires

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PhilB

02/12/2015

à 09:49

Pour moi un des freins à l'extension du télétravail en France est le manque de formalisme : pendant une période de télé-travail à domicile dans un environnement principalement anglo-saxon, je recevais des documents assez détaillés, ou en tout cas non-équivoques sur ce que j'avais à faire. Et on attendait de moi la même chose en retour sur le travail effectivement fait.
Ceci n'est évidemment pas toujours possible ou même nécessaire, mais les managers français sont-ils prêts à consacrer un peu de temps à écrire noir sur blanc ce qu'ils veulent de leurs subordonnés ?

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LetsBeSerious

01/12/2015

à 19:48

Pour le bilan carbone de la COP21, c'est clair que ça pourrait être drôle. Si encore toutes ces délégations "vertes" faisaient l'effort de prendre des vols réguliers !
Maintenant, 2 semaines de conf call à 150, avec traducteurs et documents, faut pas rêver, c'est juste pas possible !!

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Bertille

01/12/2015

à 17:35

c'est aussi et surtout parce que la plupart des "travailleurs" qui doivent bouger tous les jours ont soit posé un jour de congé ou de RTT s'il leur en reste (et tant pis pour la balade avec les enfants ou le WE prolongé prévu), soit ont effectivement "télétravaillé", soit vont récupérer le temps manqué, soit pris un congé sans solde... Enfin, ce sont les cas de figure dont j'ai entendu parler autour de moi.
Le télétravail, c'est bien gentil, mais pas à la portée de tout le monde. Dans mon cas, je l'ai rarement fait car je n'avais pas envie de me trimballer des kilos de documents. Et certains systèmes informatiques spécifiques ne sont pas utilisable en accès à distance ! Tout le monde ne passe pas sa vie en réunions et à faire des powerpoints !!

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Dom

01/12/2015

à 17:09

Pour moi c'est le signe qu'une bonne part des automobilistes franciliens se déplacent tous les jours pour des raisons non indispensables, puisqu'ils peuvent parfaitement rester chez eux quand des difficultés sont annoncées...

En réalité, la plupart des réunions pourraient parfaitement se tenir à distance, mais entre les petits chefs qui persistent à avoir besoin de surveiller, comme au 19ème siècle, le présentéisme de leurs troupes dans l'entreprise, et les grands chefs qui déprimeraient s'ils n'avaient pas des tas de voyages super stratégiques à faire, avec leur carte Platinum Air France, on n'est pas près d'avoir droit au télétravail pour tous !
Et les cadres continuent bien gentiment à s'entasser en région parisienne, autour des sièges des grandes entreprises...

Et s'il y a UNE réunion qui aurait dû se faire en conf call, c'est bien la COP 21 ! J'aimerais bien connaître le bilan carbone du déplacement par avion des 150 Chefs d'Etats, de leur staff, de leurs gardes du corps, et de tous les journalistes !

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