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Bonne nouvelle : tout le monde ne veut pas être manager

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Sylvia Di Pasquale

08/10/2018

Seulement 34 % des salariés aspirent à encadrer, nous apprend l’organisme Cegos dans sa dernière « Radioscopie des managers ». Et si c’était le signe que le management est enfin devenu un métier, et non une décoration que l’on porte en sautoir.

A écouter en podcast sur Soundcloud, Pippa ou iTunes.

Stop, halte au feu. En examinant les résultats du dernier baromètre « Radioscopie des managers » signé Cegos*, on va encore entendre siffler les balles autour de l’entreprise, cette inhumaine. Tout ça parce que, oh stupeur, le spécialiste de la formation nous apprend que 66 % des salariés ne souhaitent pas devenir managers.

C’est terrible, ma pauvre dame, car si tous ces gens ne sont même plus attirés par (un peu) de pouvoir et (un peu) plus d’argent, c’est que, forcément, ils ont le sentiment qu’on les envoie au casse-pipe, au front, en première ligne, où ils vont se faire hacher menu.

Et si ce petit chiffre était au contraire une grande et bonne nouvelle ? Et si les 34 % qui souhaitent réellement devenir managers constituaient un bataillon largement assez important ? D’une part, si tous les actifs souhaitaient devenir chef, les déceptions seraient nombreuses. De plus, si malgré les difficultés, un tiers d’entre eux se sent néanmoins prêt à manager, c’est qu’il a déjà l’une des qualités requise : la motivation indispensable.

Le management est devenu un métier, et non une décoration que l’on porte en sautoir

Les 66 % qui ne tiennent pas à endosser ce rôle sont donc des pleutres ? Pas vraiment. Frédéric Fougerat, manager lui-même et auteur de livres sur ce sujet*, le rappelle dans cette interview donnée à Focus RH. « Ce n’est pas une fin en soi, on n’est pas obligé de devenir manager. C’est pas le graal. » Et de revenir sur ce qui a changé dans ce domaine depuis trente ans. Avant, c’était une fin de carrière, un acquis de l’expérience. Chacun attendait son tour, comme une promotion automatique. « Aujourd’hui, c’est une somme de vraies compétences : l’empathie, l’animation d’une équipe et la prise de décision. Il faut être leader et jouer le rôle de bouclier ». Avoir le goût de l’autre en somme et c’est justement le titre de l’ouvrage que Frédéric Fougerat a consacré à ce sujet en décembre dernier.

Cette étude Cegos, plutôt qu’attristante, est donc rassurante. Car elle rappelle que le management est devenu un métier, et non une décoration que l’on porte en sautoir, comme une médaille du travail. Un métier que tout le monde n’a pas appris, que n’importe qui n’a pas envie d’exercer. Une profession à part entière. Alors que les entreprises tirent les enseignements de cette étude, non en dénigrant ceux qui ne souhaitent pas devenir encadrants, mais en repérant ceux qui y aspirent, et qui, parfois, n’osent pas le dire. Et en se méfiant de ceux qui revendiquent ce titre, sous le simple prétexte qu’ils ont suffisamment de bouteille et d’expérience. N’est pas manager qui veut.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

* Le goût des autres, mes recettes de manager. Frédéric Fougerat. Editions Bréal, septembre 2018.

[Cet article est un éditorial qui reflète le point de vue de la rédaction. Le forum ci-dessous vous permet de le commenter ou d’apporter votre témoignage en lien avec le sujet évoqué, dans le respect des principes éthiques et de savoir-vivre (comprenant l’écriture avec un certain soin). Nous avons hâte de vous lire et vous remercions de votre visite.]

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commentaires

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Philippe

10/10/2018

à 10:05

Vouloir devenir manager à tout prix ou parce que c'est la supposée "suite logique" de sa carrière, c'est aussi s'exposer aux risques du fameux "Principe de Peter", selon lequel on finit par atteindre son niveau d'incompétence...

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lorenzo

09/10/2018

à 16:43

aujourd'hui j'occupe un poste de conseiller commercial dans une grande entreprise d'assurance suisse. il y a un an lorsque le poste de directeur commercial s'est libéré du fait d'un licenciement j'aurais pût y prétendre. je suis présent dans l'entreprise depuis 6 ans, j'ai de très bons résultats et m'entends bien avec le reste de l'équipe. j'ai fait le choix de présenter quelqu'un de mon entourage qui me semblait plus adapté à ce poste. il a été embauché et a de bons résultats. je ne regrette pas cette décision : j'ai l'expérience et le réseau qui me permettent d'assurer mon travail à mon rythme et j'ai un salaire qui dépasse le sien. en réalité ce qui m'a le plus freiné c'est la mentalité actuelle des salariés : j'ai 52 ans et je continue à me battre tous les jours avec passion, mais ce n'est pas toujours le cas des gens avec qui je travaille et je trouve qu'il est extrêmement difficile de travailler avec cette nouvelle génération. je sais que mon témoignage peut choquer certains mais il n'est pas le seul et c'est le reflet d'une réalité.

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En réponse à lorenzo

Florent-Maguy

15/10/2018

à 13:26

"N'est pas manager qui veut ". Je pense avant tout que c'est un statut qu'il fait désirer et aimer, aimer encadrer, relever les defis, essuyer les échecs des collaborateurs....

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