1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'édito de Sylvia Di Pasquale >
  4. Branle-bas de combat contre les délais de recrutement

Branle-bas de combat contre les délais de recrutement

branle-bas-de-combat-contre-les-delais-de-recrutement

Sylvia Di Pasquale

17/01/2017

On savait que c’était long. Mais en découvrant les chiffres, c’est pire encore. Entre la parution d’une offre d’emploi et l’aboutissement d’un recrutement de cadre en CDI, il se passe entre trois et six mois dans plus d’un tiers des cas, selon l’Apec. Et pour un candidat, le processus dure 9 semaines, entre le moment où il postule, et celui où il obtient une réponse positive. Et pendant tout ce temps ? L’entreprise bricole, faute de troupes, et le postulant poireaute, faute de certitudes. 

A qui la faute ? Aux entreprises évidemment, si l’on écoute le candidat. A qui l’on demande lors d’interminables parcours d’embauche à douze entretiens si les oignons le font pleurer, s’il est capable de marcher sur des braises, s’il est à même de résoudre un Rubik’s cube en 15 secondes. Et que l’on teste pour savoir  s’il pourra plaire à Pablo des service généraux autant qu’à Annabella de la compta.

Que faire pour améliorer les choses ? Côté offreur, voilà que tous les yeux se tournent vers les DRH et leurs équipes de recruteurs. Pardi, c’est forcément de leur faute, à ces punching-ball des organisations qui dysfonctionnent. Sauf qu’ils ne sont pas seuls responsables de ce grand ralentissement.  La peur gouverne les entreprises. Celle de la direction financière qui a peur du prix d’un recrutement raté, à celles des directions générales qui ont peur de se tromper. Sans parler des managers opérationnels qui ont peur de trainer des boulets. Et in fine, les directeurs de ressources humaines ont peur des réactions des autres peureux. Quand la peur gouverne les entreprises, elle gouverne forcément ses recrutements.

Sauf que la peur de se tromper est devenue une excuse pour perdre du temps. En auditant les circuits de validation, des DRH bien intentionnés ont réalisé que les délais entre les entretiens devenaient délirants. Du coup, ils ont décidé de bloquer un créneau fixe de rendez-vous chaque semaine dans l’agenda des managers concernés par le recrutement d’un cadre-clé de l’entreprise. Bim, pour Pablo, le mardi de 18h à 20h, c’est entretien. Aucune excuse n’est acceptée, c’est gravé dans le marbre et inamovible. Résultat, le process est accéléré, le candidat n’attend pas qu’un des décisionnaires de son embauche se libère.

Car à moins d’être totalement inutile, le cadre manquant contrecarre forcément les activités de l’entreprise. A l’entreprise de décréter le branle-bas de combat pour trouver la perle rare. Réciproquement, un candidat déjà en poste, et qui attend la réponse pour une prochaine aventure, est moins productif dans la fonction qu’il souhaite quitter. A lui aussi de se décider vite s’il a plusieurs pistes.  

@Syl_DiPasquale

Dessin de Charles Monnier ©Cadremploi

14

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

requyem

23/01/2017

à 15:14

et à côté de ça on peut pour une petite entreprise envoyer son CV le dimanche après-midi, passer un entretien le lundi et avoir son contrat le mardi matin...
Sinon je suis d'accord que forcer le créneau d'entretien de 18h à 20h c'est le meilleur moyen pour que le recruteur est la tête ailleurs, soit embêté parce qu'il a une vie, etc.... par génial.

> Répondre

En réponse à requyem

Sylvia Di Pasquale, rédactrice en chef de Cadremploi

25/01/2017

à 18:00

Je comprends bien mais 18h-20h, ça peut être pratique pour le candidat quand il est en poste, non ?

> Répondre

cel

19/01/2017

à 17:56

c'est bizarre les réponses pour des postes en interim sont les plus rapides et battent tous les records !!!!

> Répondre

Lucien

18/01/2017

à 20:06

Je comprends mieux mon entretien passé en 2015.
2 mois en attente de oui ou non.
Annonce republiée simultanément sur Pole Emploi par 8 sources différentes (cabinet de recrutement, intérim et sites agrégateur d'annonces).
Une vraie bonne enquête à mener sur la réalité des chiffres annoncés en page d'accueil de Pôle Emploi sur la véracité, les doublonnages et la conformité des annonces publiées.
En recherchant dans mes archives, ce poste était en phase de recrutement depuis 2012.

> Répondre

Lucien

18/01/2017

à 15:24

Je comprends mieux mon entretien passé en 2015.
2 mois en attente de oui ou non.
Annonce republiée simultanément sur Pole Emploi par 8 sources différentes (cabinet de recrutement, intérim et sites agrégateur d'annonces).
Une vraie bonne enquête à mener sur la réalité des chiffres annoncés en page d'accueil de Pôle Emploi sur la véracité, les doublonnages et la conformité des annonces publiées.
En recherchant dans mes archives, ce poste était en phase de recrutement depuis 2012.

> Répondre

Isabel5

18/01/2017

à 09:57

Le candidat doit dans son expérience de recherche d'emploi black lister les entreprises se foutant du monde en retardant le processus, des processus de recrutement qui durent 1 an pour 1 seul poste ce n'est pas sérieux, si ils prennent autant de temps c'est qu'ils n'ont pas de réels besoins.

> Répondre

Ata

18/01/2017

à 09:31

Egalement d'accord avec l'article et les commentaires précédents puisqu'en plein dans le sujet, malgré une réponse positive du recruteur je suis en attente depuis 2 mois... du coup je ne flippe plus grâce à l'article :)
On oublie de dire également dans l'article que le candidat n'ose plus relancer le recruteur de peur de passer pour un imbécile, pour un désespéré, ou autres joyeusetés

> Répondre

En réponse à Ata

Gaius

18/01/2017

à 14:47

Essayez l'étranger. Suisse, Allemagne, RU, vous pouvez espérer une réponse du recruteur dans les 2 semaines. Et dans certains cas, si ce n'est pas le cas, vous recevez un e-mail automatique d'excuse vous avertissant que votre candidature est toujours à l'examen.
On veut nous faire croire qu'il est difficile de recruter en France, alors qu'il y a pléthore de candidats.

> Répondre

Vincent

18/01/2017

à 09:30

D’accord sur le constat en revanche en ce qui concerne la solution proposée : catastrophique !
18h - 20h... Que cela soit pour le candidat comme pour le manager c'est une aberration.
Un signal négatif pour le candidat. Quel est le degré d’urgence et l’importance de ce recrutement s’il n’est pas possible de dégager du temps à une heure normale de bureau. Quel signale également en ce qui concerne l’équilibre vie pro / perso proposé par cette entreprise.
Et que dire de l’état d’esprit du manager à qui l’on bloque de force un créneau tardif. Bonne ambiance pour attaquer un entretient qui doit être un moment d’échange et de disponibilité.
Bref, une solution imposée de force et non réfléchie sur ces impacts ne réglera pas le problème évoqué au début de l’article. Au lieu d’adresser la cause origine du problème qui semble être une peur généraliser, la proposition n’est qu’un palliatif adressant les symptômes et encore de façon bien pauvre.
Désolé pour le ton, mais ayant été dans les deux positions et ayant subi les désagréments de ce type de solution je regrette qu’il ne soit pas envisagé plus souvent une réponse collective pour diminuer ces peurs et construire une réponse adaptée à l’organisation.

> Répondre

Gaius

18/01/2017

à 07:25

A l'étranger, vous obtenez une réponse à votre candidate en maximum 2 semaines.

> Répondre

En réponse à Gaius

Elias.O

18/01/2017

à 19:01

oui mais a l'étrangers, si la personne de convient pas finalement, ils peuvent se séparer très facilement.

> Répondre

Eric

17/01/2017

à 19:31

Tout à fait en phase avec cet édito!
Et j'ajouterai: plus le processus prend de temps, plus la motivation s'étiole...difficile de rester concentrer sur une offre dont on n'a aucune nouvelle durant des semaines. Les recruteurs devraient avoir ça bien en tête.

> Répondre

Bruno

17/01/2017

à 18:39

Tout à fait d'accord qu'il est collectivement urgent de faire mieux.
Un détail: On ne colle pas des réunions de 18h à 20h. Même un cadre impliqué dans un recrutement peut avoir des contraintes extra-professionnelles :).

> Répondre

RAUT

17/01/2017

à 16:40

Tout à fait exact, et à peine caricatural !!!! Tout cela est symptomatique d'une société "risquophobe" qui déteint bien entendu sur le monde de l'entreprise. Principe de précaution poussé à l'extrême.
N'oublions pas non plus que ceux qui recrutent gèrent aussi leur carrière, et "mauvais recrutement" ça peut faire tache.....

> Répondre

+