1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'édito de Sylvia Di Pasquale >
  4. Cachez ce deuil que je ne saurais voir

Cachez ce deuil que je ne saurais voir

cachez-ce-deuil-que-je-ne-saurais-voir

Sylvia Di Pasquale

02/11/2015

À une époque où l’on se dit "pris en otage" dès qu’une rame de RER est en grève, il n’est pas étonnant de devoir "faire son deuil" de tout. De la coupe du monde de rugby, de la religieuse au chocolat (puisque cette teigne de Lucienne a pris la dernière à la cantine), ou du budget Grosboulon qui a filé à la concurrence.

On est évidemment très loin du deuil de nos chers disparus célébrés hier, jour de la Toussaint. Mais si le terme lui-même a tendance à s’appliquer à tout et n'importe quoi, le deuil fondamental est lui aussi malmené lorsqu’il touche au pire : la mort d’un proche. Le code du travail est d’ailleurs le premier à fixer la durée souhaitable du chagrin intime : un seul jour de congé pour le décès d’un frérot, d’une sœurette, d’un parent ou d’un beau-parent ;  deux jours pour la perte d’un conjoint ou d’un enfant. La société attache plus d’importance au bonheur intime, puisque le mariage se voit gratifier de quatre jours de congés.

C’est qu’un vrai deuil n’a rien de glamour. Le chagrin, contrairement à la joie, est contre-productif. Alors débarrassez-moi fissa de ce deuil. Il faut être capable de tourner la page sans s'attarder, de passer à autre chose presqu’instantanément, en bons résilients que nous devons être. C’est du moins ainsi qu’une société de la vitesse voit ses sociétaires. Un projet de loi datant du 1er avril dernier recommandait bien l’allongement du congé décès. Mais un amendement retarde toujours son adoption.

Il est un seul domaine où la vitesse a du bon à mon sens : les changements de poste ou d’entreprise.  Il en va de la santé mentale de l’individu et de sa capacité à rebondir. "Faire le deuil" de son ancien job rapido, c'est aussi se rendre plus vite supportable à ses nouveaux collègues. Qui n'ont pas envie d’entendre évoquer un vert paradis (ou un enfer) à tout bout de champ et pendant des lustres. Il faut savoir passer à autre chose. Et ranger la nostalgie de son ancien boss ou des religieuses au chocolat de l’ex-cantine au rayon souvenirs apaisés.

 

Syl_DiPasquale © Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

2

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

toto

16/11/2015

à 10:31

ce sera très dur, au vu des circonstances actuelles....
Sincères pensées vers ceux qui affrontent actuellement les épreuves si douloureuses...

> Répondre

futur retraité

03/11/2015

à 18:21

Le texte proposé m'apparait aller de l'avant .. Oui perdre son Père ou son emploi est douloureux mais la vie nous invite à aller de l'avant

Je conviens toutefois qu'il faut avoir un certaine personnalité apte à recevoir des coups ou être bien entouré

Dans mon entourage; je suis considéré comme un Hand less Il parait que je dispose des mots ou des sourires qui consolent et les attristés viennent souvent me voir

> Répondre

+
Confidentialité de vos données
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires permettant l’utilisation de données relatives à un même utilisateur par notre société ainsi que par des tiers comme les régies publicitaires partenaires, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services en lien avec votre recherche d’emploi, une offre publicitaire adaptée à vos centres d'intérêts et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus
J'accepte