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C’était tellement mieux avant

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Sylvia Di Pasquale

16/03/2015

La recherche d’emploi en passe dorénavant à 80 % par le Web. Une drôle d’étude tout récemment publiée par le Conseil d’orientation pour l’emploi, sobrement intitulée « L’impact d’Internet sur le fonctionnement du marché du travail », nous plonge néanmoins dans un grand bol de nostalgie. Les chercheurs y ont analysé le comportement des principaux intéressés suite aux profondes mutations du marché. Le constat est sans appel : depuis que la chasse au boulot a basculé sur le Web, tout le monde se plaint. Les candidats qui trouvent que tout va trop vite et qu’ils doivent absorber trop d’infos. Mais aussi les recruteurs qui râlent parce qu’ils reçoivent trop de dossiers de postulants éloignés de leurs critères de sélection.

C’était tellement mieux avant. Au temps où les offres d’emploi étaient imprimées et seulement imprimées. Qu’il fallait acheter quelques kilos de journaux pour dégotter cette annonce de responsable logistique – on ne disait pas encore supply chain manager. Et pour le Parisien qui voulait se délocaliser en Bretagne, c’était l’occasion rêvée de prendre le métro et de visiter les kiosques de la gare Montparnasse. Puisque c’était le seul endroit de Paris où l’on pouvait dénicher le cahier emploi de Ouest France. Il suffisait de vivre sa vie tranquille de chercheur d’emploi qui attendait l’annonce taillée pour lui et n’avait pas besoin de se remettre en question, avec plein d’offres lues sur le Web risquant de lui donner envie de sortir de son sillon habituel. Ensuite, il ne restait plus qu’à répondre par courrier dûment estampillé et d’attendre le bon vouloir du facteur. Puis la réponse par une missive de retour. 

C’était tellement mieux avant. Pour les recruteurs aussi. Évidemment, ils devaient décacheter les enveloppes.  Mais à l’époque, il y avait des secrétaires pour le faire. Après, les CV s’empilaient sur leur bureau. Mais le tas n’était pas si épais que ça. Car seuls les candidats qui s’étaient acquittés des francs nécessaires à l’achat d’un journal et d’un timbre osaient leur répondre. Au moins, grâce à ce filtre, les rois des RH échappaient aux déviants, à ceux qui n’étaient pas pile-poil dans leur fiche de poste. Des gens qui auraient pu leur apporter du sang neuf ? Quelle horreur.

C’était tellement mieux avant. Mais c’est beaucoup mieux maintenant. Car le Web et le mobile ont démultiplié les opportunités, médiatisé des besoins cachés et même fait basculer le marché de la rencontre candidat/recruteur dans l’immédiateté. Évidemment, on peut se plaindre de tout et n’apprécier rien. Les moines copistes étaient ainsi. Fustigeant ce bon vieux Gutenberg de multiplier les livres en les imprimant. Ce salaud les a mis à la portée de tous, alors que leur recopiage les réservait à quelques-uns. C’était tellement mieux avant.

@Syl_DiPasquale

Dessin de Charles Monnier 

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commentaires

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clea meem hawlett

30/03/2015

à 15:33

bien dit et bien vu hervé.
enveloppe ou internet ce ne sont qur des moyens.
reste l'element humain, qui est stable !

et "savoir ce qu'on veut". un gros caillou indispensable.
amicalement

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Défis 2015

24/03/2015

à 16:26

Bonjour ,

J'ai utilise les outils du web , en 2002 suite à un licenciement économique , j' ai investi sur un ordinateur et souscrit à un opérateur afin d être a l'écoute du marché. Cet investissement avait pour objectif de trouver un poste. Merci internet et le web. Or nous sommes en 2015, cela fait deux ans que je cherche un poste de directeur des ventes et j'ai même postuler à des postes de commerciaux, peu de réponse et seulement 3 entretiens.Oui c'est votre cv, c'est votre lettre, trop d'expériences, trop de compétences, peur que vous quittez l'entreprise pour un poste de votre niveau, trop âge 47ans, mohamed ? Est ce que le cv et la lettre de motivation arrive à transmettre la confiance, la motivation, l'enthousiasme , la volonté de reussir ? Deux partenaires IROGWANE et DmKg Consulting me font confIance pour un futur partenariat , car beaucoup de société ont besoin de développeur de marché qui n'ont pas peur de développer , de prospecter. Je choisit de devenir un indépendant car j'estime que les sociétés sont plus dans la communication qu' à la recherche de candidat, créer un vivier de cv c'est bien après il utile de savoir l'exploiter. Les entreprises oublient qu'il laisse une force vive sur le quai alors qu'il cherche à prendre le train et conduire avec eux des projets vers la réussite commune.
Mohamed HAMIDI

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SANCHEZ

24/03/2015

à 13:32

Bonjour a tous

Après une enterprise mettre dans un journal où sur la web une opportunitè de travail, j'imagine la quantité de CV et travail qui le responsable du RH doit avoir a faire.
Mais, actuellement, la grand quantité des CV's envoié a une enterprise sont éléctroniques, donc le volume de travail ne change pas, par contre il y a une réduction pour les papiers reçu.
Si la question est réduire le travail des personnes des ressurces humaines, pourquoi pas n'utiliser un logiciel qui peut trouver des mots clés dans les CV's des candidates.
Avec ça serait possible trouver plus rapidement quelqu'un pour un nouveau post de travail, mais peut être qui ce candidat ne serait pas le meilleur choisi. Le problème est: Est que les candidats sont en train de faire un bon CV pour être analisé pour les enterprises ?

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Dom

24/03/2015

à 10:56

Il est exact qu'autrefois il y avait une certaine sélection par l'argent, car il fallait acheter des journaux (parfois très chers, je me souviens notamment de "Carrière et Emploi" je crois, spécialisé dans les annonces pour cadres, et qui a bien fait du gras pendant des années sur la misère des cadres au chômage !), et acheter des timbres, et avoir un ordinateur avec word et une bonne imprimante (pas donné à l'époque !) pour sortir des CV propres...

Mais aujourd'hui si vous n'avez pas de smartphone, si vous n'avez pas l'ADSL, si vous n'avez pas les moyens de vous offrir un billet TGV au tarif "dernière minute" exorbitant (merci le yield management de la SNCF) pour aller à un entretien, ben vous êtes mal barré...

Aujourd'hui nous pouvons postuler très facilement à une bonne partie des offres d'emploi (sauf celles réservées aux connaissances et amis, bien sûr), mais le problème c'est qu'entre-temps le chômage a explosé, et que postuler ce n'est que la première marche...

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HL06

18/03/2015

à 20:26

Entièrement d'accord. Savoir se positionner par rapport à un marché, et fertiliser son réseau, réel et non virtuel, jusqu'à trouver la société qui a besoin de ce qu'on est réellement.

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Thomas Baligand

17/03/2015

à 15:25

Bonjour,

Dans le même registre, j'avais écrit ce billet :
http://blog-experts.cadres.apec.fr/2014/12/18/la-recherche-demploi-cetait-mieux-avant/

Nous avons semble-t-il les mêmes inspirations :-)

Bonne journée,

Thomas Baligand

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herve-exchomeurrecidiviste50a

17/03/2015

à 13:56

Je ne suis pas d'accord avec cette étude. J'ai connu 4 périodes de chomage , dont deux, longue durée, dans les années 90 et 2000 , au coeur des années post guerres des bush. Tombé la deuxième fois en 2001 en même temps que les tours. Déjà à ces époques, les courriers, mailing papier ou électronique, peche au filet grosse maille, ne fonctionnaient pas 99 p cent du temps. Ce qui m'a permit de revenir à l'emploi, de retrouver des postes de durée plus ou moins longue, c'est à chaque fois des contacts directs, contacts salon, mais surtout développement systématique et structuré du réseau personnel, et bien au dela des personnes que je connaissais bien mais dans des cascades n+1.
Cette démarche, appuyé sur une mise à jour (aidée et coachée !) très précise de mon bilan professionnel et de mon projet, de mes compétences, savoir faire, savoir etre, et de ma capacité à les présenter de manière hyper synthétique en entretien réseau , jusqu'à l'entretien qui m'a permis de décrocher un job CDI en 2005 ou je suis encore aujourd'hui. Conclusion ? Ce n'est pas du " c'était mieux avant", je suis convaincu que c'est encore aujourd'hui ce qui marche le mieux, et ce qui marchera le mieux ; encore et toujours, dans le futur. Bien se connaitre, savoir ce qu'on veut faire , savoir ou est bon et ou on est le meilleur, et comment le montrer, connaitre son marché et montrer qu'on y est adapté, faire le deuil de ses emplois rêvés précédents, et développer les vrais contacts REELS tous azimuts mais avec méthode, qui vous donneront sur la durée,, d'abord une validation et un ajustement de votre projet professionnel, et finalement la rencontre avec l'employeur qui a besoin de ce que vous êtes et un emploi qui vous va bien. J'ai ensuite bénévolement aidé/coaché d'autres personnes dans cette démarche, et je confirme .. ça marche aujourd'hui encore., malgré les smartphone et internet.

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HL06

17/03/2015

à 11:04

Il est incontestable qu’internet génère de plus en plus d’accès rapides vers une pléthore d’offres d’emplois. De là à partager sans conditions la philosophie progressiste de cet article qui confine au pamphlet, il y a une marge. Soumise aux filtres hyper-sélectifs d’une inflation de prérequis souvent éloignés des exigences réelles du job, « l’immédiateté de la rencontre candidat/recruteur » reste très aléatoire. Et il n’est pas moins rare que ce premier contact, s’il est avéré, se révèle surréaliste. En matière de recrutement, la vitesse des processus permise par les NTIC est loin de favoriser l’adéquation des compétences avec les besoins effectifs du client recruteur. Le passéisme papivore est certes stérile et condamnable. Mais l’apologie du progrès (socio-professionnel) porté par la vitesse des interfaces numériques manque clairement de recul.

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ThierryFranck

17/03/2015

à 08:39

Plus humain, plus de consideration. Ce fut une autre époque. La notion humaine n'existe plus , vous n'êtes qu'un CV. Aux USA, beaucoup de candidats n'envoient plus de lettres de motivations car elles ne sont pas lues. Le CV, les exploits. A aucun moment on évalue le candidat pour savoir s'il serait capable de faire le job. Du cloning! Depuis meme le debut des années 93. Pas de risque pour personne, rentabilité immediate.
Je parle par experience dans le monde international du business.
Si vous voulez de l'humain, le démarchage direct. Si vous êtes "out" depuis des années, alors oubliez, vous n'êtes qu'un numero. Européen ou américain vous êtes des "Has been" et vous êtes trop cher.

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Un cadre expérimenté...

17/03/2015

à 08:22

Nostalgie, quand tu nous tiens...

Merci pour ce "papier" plein d'humour et de BSP*.
* le fameux - et respectable - "bon sens paysan".

En effet, l'étude que vous mentionnez ne manque pas d'intérêt, même si elle ne saurait décrire toutes les conséquences de cette révolution numérique.

S'il est aujourd'hui plus aisé pour le "candidat au changement" d'accéder rapidement à une base de données conséquente sur les offres, le marché, ses chiffres, les informations concernant l'entreprise ou le poste visé etc., il est en revanche un peu plus délicat d'optimiser ses actions et de s'assurer leur bonne fin.

Les "bonnes pratiques" de certains cabinets de recrutement, elles, n'ont pas évolué.

Si le postulant applique une approche réfléchie, avec des méthodes efficaces pour mettre en valeur ses réalisations et son potentiel dans un CV adapté à chaque annonce, et passe plusieurs heures à étudier l'entreprise et le contexte du poste avant de rédiger une lettre de motivation "intelligente", comportant tout ce que le recruteur attend pour effectuer
son choix, que trouve-t-il face à lui, dans la plupart des cas ?

Quel est le pourcentage des cabinets qui renvoient autre chose qu'un message-type généré automatiquement et annonçant que la candidature n'a pas été retenue, ou encore de ceux qui sont prêts à accorder quelques minutes d'entretien téléphonique expliquant les raisons de ce rejet, face à l'investissent en temps consenti par leur interlocuteur ?

Et que dire de certains de ces cabinets de recrutement, qui confient le premier tri à effectuer parmi les candidatures reçues à des robots, dont l'intelligence se borne à comparer l'analyse d'un texte avec une liste de mots clés, quand ce n'est pas à des débutant(e)s ou des stagiaires sans expérience ni compétences spécifiques, incapables d'apprécier l'adéquation entre les compétences qui apparaissent à la lecture d'un CV et les aspirations du recruteur.
(Situation vécue lors d'un entretien téléphonique édifiant avec l'une de ces personnes, qui confondait BtoB et BtoC...).

Je ne vous parle même pas de ceux qui se cachent derrière une ligne téléphonique branchée en permanence sur une messagerie ou ne daignent pas accorder une simple ligne de réponse aux e-mails qui leurs sont parvenus directement.

Trop d'information tue l'information, vous avez raison.

On se prend quelquefois à rêver d'une situation de retour au plein emploi, où le rapport de force recruteur/candidat serait inversé, et où le profit conséquent généré par ce marché dicterait une conduite empreinte de respect pour la personne, et le retour de véritables bonnes pratiques, comme celles que l'on enseigne en entreprise face à des clients.

La conclusion de l'étude citée est exprimée au conditionnel, pour ce qui tient de la réduction du nombre d'emplois vacants.

...et si on commençait par adopter et généraliser une démarche plus cohérente ?

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