De quoi les chatbots libèrent-ils le recruteur ?

Publié le 06 novembre 2017 Sylvia Di Pasquale

De quoi les chatbots libèrent-ils le recruteur ?

Appelez les Sam, Marco ou Aloha. Ce ne sont pas les employés du mois mais des chatbots dédiés au recrutement. Un robot qui embauche ? Mais c’est le diable qui s’habille en recruteur, la fin d’un monde, le début des Terminators qui vont tuer le travail. Pas si vite. Ils ne remplacent personne et ne recrutent personne. Ces braves « agents conversationnels » se contentent de renseigner qui veut bien échanger avec eux sur Messenger. Ils automatisent certaines interactions recruteurs-candidats qui peuvent paraître fastidieuses des deux côtés.

Le petit bot de 3X conseil, un cabinet de RH, propose aux candidats de vérifier si l’esprit de la boîte est compatible avec le leur (et non l’inverse). Pour débusquer les félons qui voudraient cacher leur individualisme derrière un faux esprit d’équipe, il leur pose des questions ultra piégeuses. Que choisir à midi ? Rentrer à la maison, ou déjeuner avec des collègues ? Se la jouer perso ou corpo ? Cruel dilemme que seuls les plus rusés peuvent déjouer. Une fois l’exercice, oh combien complexe, réussi, les candidats peuvent passer un pré-entretien en vidéo.

Changement de registre avec « Sam ». Ce rejeton de Mazars, c’est un peu le Spirou du recrutement : un groom d’ascenseur qui s’arrête où l’internaute le souhaite. Au 1ᵉʳétage, un coach prépare les candidats à leur entretien d’embauche, et au 4ᵉ il répond aux questions qu’ils peuvent se poser sur la boîte. Avec « Marco », on change de niveau. Le petit robot du voyagiste Marco Vasco présélectionne les candidats, leur fait raconter leurs vacances, histoire de vérifier qu’ils connaissent le monde et le terrain, avant de les envoyer vers un recruteur de chair et d’os pour un entretien de visu et d’embauche.

On le voit, dans tous ces cas, les bots sont plutôt des gadgets inoffensifs que des éradicateurs de recruteurs. L’usage qui en est fait est autant à l’avantage des candidats que des entreprises qui les déploient. Aux réticents des démarches classiques – millenials ou autres candidats archi convoités par les recruteurs –, ils permettent de candidater de façon ludique. Quant aux recruteurs, les vrais, ils se trouvent face à des candidats déjà informés et mieux préparés pour décrocher le job. En simulant le comportement humain, le bot libère le recruteur de dialogues répétitifs.

Évidemment, la robotique va plus vite que la musique et un jour elle pourrait faire aussi bien, si ce n’est mieux, que l’homme dans tous les domaines. Y compris dans le recrutement. Qui en a envie ?

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

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Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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