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Des ordonnances muséales en cas d’arrêt maladie

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Sylvia Di Pasquale

03/12/2018

C’est un chiffre à chagriner les tirs au flanc : 15 % des arrêts maladie prescrits au cours de cette année n’ont pas été pris du tout. Et chez les cols blancs, ce chiffre monte à 22 %. Quant aux dirigeants ils sont carrément 48 % dans ce cas. C’est Malakoff Médéric qui le dit dans sa dernière étude (1).

Évidemment, les cadres comme les boss ont toutes les mauvaises raisons du monde d’aller au bureau même malades : peur d’être submergés au retour, peur d’être évincés des décisions, peur de la chaise vide et d’un putch en leur absence. Ce chiffre est non seulement inquiétant parce qu’il est le signe d’une aliénation ou d’une tension en matière de charge de travail, mais aussi, comme le souligne ce patron interrogé par France 2, (à 1'06 du reportage) parce que « les salariés se forcent au-delà de ce qu’ils peuvent faire, et peuvent être contagieux ». Et le plus triste, c’est que la moitié des salariés ayant renoncé à leur congé maladie estime que cette décision a rallongé la durée de leur pathologie, un chiffre en hausse de 10 points depuis 2016.

Alors que faire ? Demander aux big boss de se faire porter pâle de temps à autre pour montrer l’exemple ? Raccompagner les malades chez eux ? Leur souffler à l’oreille de télétravailler s’ils veulent se rassurer ?

On peut aussi s’inspirer de nos cousins canadiens jamais à cours d’idées. A l’heure où le stress, la pression et autres joyeusetés du monde de l’entreprise sont responsables d’un certain nombre de burnout et d’autres réjouissantes pathologies – 39 % des arrêts maladie sont liés au contexte professionnel –, l’initiative mérite que l’on y réfléchisse. 

Elle a été prise par une association de médecins locaux, en partenariat avec le Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM). Depuis le 1er novembre, ces médecins inspirés peuvent délivrer des « ordonnances muséales » qui permettent aux patients de visiter le musée gratuitement pendant leur convalescence. Une méthode pour se confronter à l’art, au beau, à une réflexion, une émotion, et prendre du recul sur la mesquinerie quotidienne et professionnelle.

Quand on regarde une œuvre d’art, le corps sécrète des hormones semblables à celles issues de l’activité physique,

soutient la présidente de l’association.

Ce qui fait dire à la directrice du musée canadien « qu'au 21e siècle, la culture sera ce que l'activité physique était pour la santé au 20e siècle ». Pourquoi pas. Une façon douce en tous cas de soigner des maladies mentales comme physiques et de doper naturellement son taux de sérotonine, la fameuse hormone qui donne la banane.

Et même si l’on ne sort pas toujours soigné par un tableau de Picasso, on ne peut que sortir grandi d’une telle contemplation. Être subjugué, c’est une manière de se laver l’esprit et de guérir un peu.

 

(1)    Etude Le comptoir mm de la nouvelle entreprise du 28/11/2018, basée sur une étude de perception Ifop pour Malakoff Médéric menée auprès de 2010 salariés du secteur privé, un Baromètre Santé et qualité de vie au travail 2018, Malakoff Médéric / Sociovision-IFOP menée auprès de 3 500 salariés du secteur privé, une analyse statistique des DADS (Déclaration annuelle des données sociales) des entreprises clientes de Malakoff Médéric (61 000 entreprises et de 2 millions de salariés) de 2012 à 2016. Méthodologie complète ici.

 

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

[Cet article est un éditorial qui reflète le point de vue de la rédaction. Le forum ci-dessous vous permet de le commenter ou d’apporter votre témoignage en lien avec le sujet évoqué, dans le respect des principes éthiques et de savoir-vivre (comprenant l’écriture avec un certain soin). Nous avons hâte de vous lire et vous remercions de votre visite.]

 

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commentaires

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Henri

07/12/2018

à 10:09

A quand en effet de belles toiles, expositions, voire des ateliers de peinture ou sculpture dans les entreprises !

> Répondre

Henri

07/12/2018

à 09:04

A quand en effet de belles toiles, expositions, voire des ateliers de peinture ou sculpture dans les entreprises !

> Répondre

Bruno VAILLANT

05/12/2018

à 10:33

ou: "laisse tes tics et tes tocs pour l'esthétique et les Moocs"!...

> Répondre

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