Dis-moi qui est ton DRH, et je te dirai comment va ta boîte

Sylvia Di Pasquale

Dis-moi qui est ton DRH, et je te dirai comment va ta boîte

Au mieux, il ne sert qu’à établir les fiches de paie et à valider les formations. Au pire, il ne sert à rien. Ce maudit de l’entreprise, c’est le DRH, le chef du personnel, le gardien du salaire et de la promo. À ce titre, il polarise les rancœurs d’une rémunération jamais à la hauteur des espérances, et de ce chouette poste décroché par le voisin d’open space et qui nous a échappé.

Mais ce rôle de punching-ball est peut-être en train d’évoluer. En témoigne une étude publiée cette semaine par SAP et The Boson Project. Évidemment, elle ne fait qu’ausculter l’univers très particulier du digital, mais à l’heure du basculement numérique, elle peut parfaitement servir d’observatoire pour tous les autres. Et ce qu’elle dit des ressources humaines est le signe d’un vrai changement. Selon cette enquête, 73% des salariés estiment que les DRH sont insuffisamment valorisés.

Tiens donc. Le vent serait en train de tourner à l’heure du désarroi ? Un désappointement lié aux grands changements que connaissent toutes les entreprises, et leurs collaborateurs à fortiori, qui ne savent plus à quel saint se vouer puisque leurs métiers, et leur carrière, évoluent. Alors on se tourne forcément vers celui qui se doit de disposer des clés du château de la nouvelle donne. Mais pour que le serrurier soit bien équipé, il ne peut plus se contenter de ronronner. Ce DRH plébiscité doit être un homme ou une femme d’un nouveau genre, un DRH qui ne soit pas que DRH. Un ou une ancien(ne) opérationnel(le) qui a navigué dans l’entreprise avant de s’ancrer aux ressources humaines*. Un atout plus qu’un errement. Car le poids qu’il(elle) exerce, comme tous ceux(celles) qui ont eu un parcours différent et parfois éloigné de la sphère RH leur permet de peser face au big bang du changement. De s’imposer face aux DSI ou aux DAF, de ne plus se voir retirer les commandes stratégiques, qu’elles soient budgétaires ou digitales, sous prétexte qu’ils n’y entendent rien.

Ce nouvel homme fort, ce contre-pouvoir de l’entreprise, semble aujourd’hui réclamé par les salariés. À lui de ne plus se laisser déposséder. Et aux dirigeants des boîtes de le laisser prendre les commandes du mieux-être et de l’évolution des salariés.

@Syl_DiPasquale © Cadremploi

* C'est le cas de François Abrial, élu DRH DE L'ANNEE 2016, le 20 juin 2016 par un jury composé de ses pairs. Ce prix est organisé depuis 20 ans par Cadremploi, Le Figaro Economie et Hudson.

Dessin de Charles Monnier

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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