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Dix pour cent, la série tendre avec le travail

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Sylvia Di Pasquale

15/05/2017

Évoquer une série TV quand le dernier épisode a déjà été diffusé est aussi passionnant que de livrer le score d’un PSG-Barcelone qui s’est déjà (lamentablement) joué. Heureusement le replay est là pour nous rappeler que Dix pour cent est la meilleure série française depuis des lustres. Elle nous fait vivre de l’intérieur le métier d’agent de comédiens comme aucune n’avait osé le faire, mais en plus, elle est la plus juste vision de l’entreprise depuis tellement longtemps qu’à l’époque, la télé n’existait pas.

C’est qu’en général, c’est fatiguant le monde du travail au cinéma ou sur le petit écran. C’est pénible, usant, stressant et violent, comme dans le film Corporate de Nicolas Sihol. Bien sûr, il s’agit dans ce cas, comme dans celui d’autres films récents à l’instar de Toni Erdmann de Maren Ade ou la Loi du marché de Stéphane Brizé, de fictions, de parti pris des réalisateurs. Ils en ont parfaitement le droit, et sont absolument dans leur rôle lorsqu’ils nous livrent leur vision du boulot.

Sauf que nous, foules sentimentales, on a aussi besoin, de temps à autre, qu’on nous parle du boulot avec tendresse. Ce lieu de toutes les comédies humaines, les auteurs de Dix pour cent le racontent comme jamais, avec compassion pour ses névroses, ses coups de gueule, ses coups de pression et ses coups fourrés mais aussi ses drôleries, ses passions, ses amitiés et ses solidarités. Ils filment aussi la bouée de sauvetage que peut constituer le travail quand la vie de couple vacille (c’est le leitmotiv de la saison 2), ce qui arrive à chacun des quatre agents.

Bien sûr, ces derniers n’exercent pas un métier comme les autres. Eux, lorsqu’ils se rendent dans un salon professionnel, c’est le festival de Cannes. Eux, leurs clients ne sont ni BtoB ou BtoC, ce sont des stars de cinéma. Mais leur entreprise à clients difficiles n’est pas si différente des nôtres.

Quand ils changent de boss, ils changent de méthode de management. Quand ils s’engueulent en réunion, c’est pour la vie, ou du moins pour une demi-heure. Quand leur manager leur tend une carotte et la reprend, c’est parce qu’il gouverne à la moderne. Ils le haïssent, puis déjeunent avec lui. Dix pour cent est une comédie sur le travail, un drame du boulot, une comédie dramatique de la vie. Et pas seulement la vie de Fabrice Lucchini, Isabelle Adjani ou Julien Doré. C’est la vie de nombreux salariés avec ses pentes raides, ses descentes douces et ses faux plats. Pas une vie de rêve, mais pas non plus l’enfer montré au cinéma.

@Syl_DiPasquale

Dessin de Charles Monnier

[Cet article est un éditorial qui reflète le point de vue de la rédaction. Le forum ci-dessous vous permet de le commenter ou d’apporter votre témoignage en lien avec le sujet évoqué, dans le respect des principes éthiques et de savoir-vivre (comprenant l’écriture avec un certain soin). Nous avons hâte de vous lire et vous remercions de votre visite.]

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Missy

17/05/2017

à 12:16

Sachant que le premier épisode est aussi révélateur : Camille remplace l'assistante, qui vient tout juste de péter un câble. J'adore la série, mais ce n'est pas anodin. Désolée de mon intervention courte, mais étant en arrêt, je n'arriverai pas à faire l'analyse de cette situation comme je le souhaiterai, mais ça me paraît important.

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BERTRAND Marianne maloma

16/05/2017

à 16:23

C'est une série vraiment drôle, touchante, et qui ouvre effectivement des horizons sur un milieu assez mal connu!
en revanche j'apprécie plutôt mal cette espèce de volonté farouche
d'en faire la description du monde du travail d'aujourd'hui.

L'expression consacrée et à la mode : "on n'est pas dans le monde des Bisounours"
dont on nous rebat les oreilles me parait pour une fois, tout à fait appropriée.

Une vue à dix pour cent, bien dans l'air du temps
loin des réalités du travail aujourd'hui.

Une des victimes, parmi tant d'autres du syndrome d'épuisement professionnel.

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Laurent

15/05/2017

à 22:00

Exactement. Un peu dans la veine de "Bienvenue chez les Ch'tis " qui est un conte managérial qui s'ignore. Je recommande aussi "Suits" dont Alex Pachulski a fait une remarquable chronique http://www.lestalentsdalex.com/tag/suits/

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En réponse à Laurent

toto

16/05/2017

à 10:48

Bienvenu chez les Ch'tis se déroule en Flandre qui n'est pas de cette mentalité picarde. Les Flamands sont calculateurs, économes, négociateurs,égoistes etc...Bref, en bons allemands protestants, parfaits pour les personnages de la fiction

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