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[Edito] Quitter Paris, vraiment ?

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Sylvia Di Pasquale

29/08/2017

Ouf. On a eu chaud. Et dire que l’on s’attendait, en cette semaine de rentrée, à des bouchons monstres dans un Paris saturé, pollué et névrosé. Une capitale d’où sa maire Anne Hidalgo a décidé de bouter les voitures, réduisant encore un peu plus leur espace de circulation, et de stationnement. Sauf que pas du tout.

 

De la rue de Rivoli au périf, de ce qu’il reste des quais de Seine aux grands boulevards, tout n’est que sérénité. Les rares autos circulent en douceur et le bruit des moteurs ne parvient même pas à couvrir le chant des oiseaux. La rentrée parisienne a des allures de quinze août et les cyclistes comme les badauds sourient à l’automne qui vient. Les bouchons, les klaxons et la fureur s’en sont allés. Tandis que la rocade de Nantes, le pont d’Aquitaine à l’entrée de Bordeaux et le tunnel sous Fourvière de Lyon sont saturés de voitures encore immatriculées 75, 92 ou 93. 

 

Mais que s’est-il passé ? Un exode, une migration massive d’anciens Parisiens, si l’on en croit la quatrième édition de notre étude sur les villes préférées des cadres parisiens. Ils sont francs, nets et précis : 80% d’entre eux veulent fuir la région parisienne. Et pas lorsqu’ils seront à la retraite : tout de suite, ou presque, pour 40% d’entre eux qui veulent s’enfuir dans moins d’un an. Près de la moitié des cadres partis vers 1) Bordeaux 2) Nantes 3) Lyon, (leurs destinations préférées), voilà de quoi soulager largement le trafic de la Ville Lumière, puisque les cols blancs sont ceux qui utilisent le plus leur auto pour aller au boulot, et qu’en plus, l’Ile-de-France est la région française qui en compte le plus. En réalité

 

En réalité, cet exode n’a pas eu lieu. Et il ne se déroulera pas plus dans 6 mois. Les cadres franciliens qui ont répondu à l’enquête de Cadremploi ne partiront pas massivement. Comme ils ne sont pas partis l’an passé, ni les années précédentes. A chaque fin d’été, ils expriment ce même désir d’exil. Ils étaient d’ailleurs déjà 80% en 2016. Résultat : ils sont toujours là. Peu d’entre eux ont franchi le pas. Certes, le ras-le-bol monte, et dans la dernière livraison de l’étude, plus de la moitié s’affirment même prêts à renoncer à 10% de leurs revenus pour cette vie meilleure.

 

Seulement voilà : les employeurs ne sont pas sur la même onde de colère. Les dirigeants souffrent peut-être moins des encombrements que leurs collaborateurs. A moins que leurs actionnaires, qui vivent peut-être au vert, n’aient aucune intention de les voir déménager. En plus, ce n’est généralement pas un seul poste que nos migrants convoitent, mais deux, puisque leur conjoint(e) est aussi de l’aventure. 

 

Alors si quelques cadres vont effectivement partir poser leurs valises à Bordeaux, Nantes ou Lyon, la grande majorité des autres vont continuer à en rêver. Un rêve éveillé qu’ils auront largement le temps d’entretenir, dans un bouchon derrière leur volant, ou coincés et compressés dans un RER.  

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi


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Thomas T.

30/08/2017

à 11:23

D'un point de vue purement comptable, si le logement représente un investissement important en région parisienne (pour peu qu'on soit propriétaire), certains postes demeurent moins coûteux qu'ailleurs. Les transports, d'abord, si tant est qu'on veuille bien utiliser les transports en commun (subventionnés par l'employeur) en combinaison éventuelle avec la marche ou le vélo. Et l'hébergement des enfants lors de leurs études, souvent. D'autres postes sont peu ou prou équilibrés avec les autres métropoles (impôts locaux, alimentation...). Bref, s'il faut renoncer à une partie de son salaire, pas certain qu'on gagne en pouvoir d'achat en quittant la région parisienne pour une autre métropole. Pour la qualité de vie, c'est une autre histoire...

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Praséodyme

29/08/2017

à 15:23

-10% de revenu pour quitter la région parisienne, on y gagne encore vu l'écart de coût de la vie.
A l'inverse, quelle augmentation demandent les cadres pour accepter un poste à Paris ?

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En réponse à Praséodyme

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29/08/2017

à 17:21

je pense que ça dépend de quel endroit en province et du différentiel de coûts de la vie, mais 10% ne parait pas de nature à attirer...sauf à un très haut niveau de salaire.

si on part sur un différentiel de loyer de 500 €/mois , c'est 6.000 € net par an soit près de 7.500 € brut ==> entre 10 et 20% minimum

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29/08/2017

à 15:22

c'est tellement vrai... néanmoins il serait intéressant que les dirigeants et autres responsables de ces sociétés entrent dans le monde moderne et numérique: il n'est plus besoin d'habiter en région parisienne pour travailler pour une société implantée en région parisienne; pas plus qu'il n'est nécessaire de s'implanter en région parisienne par ce que les sièges des sociétés clientes ou partenaires y sont implantées, pas plus que .... etc..etc...

la vraie question c'est: quand allons nous franchir le pas et offrir à tous ceux qui le peuvent la capacité de vivre et travailler d'où ils veulent en profitant des incroyables capacités des nouvelles technologies, méthodes et organisations de travail?

Mr Macron a-t-il prévu quelque chose dans ses ordonnances à venir?

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