Est-ce que les bots seront vos potes ?

Publié le 26 septembre 2016 Sylvia Di Pasquale

Est-ce que les bots seront vos potes ?

Le progrès ne prend jamais de vacances. À peine une nouvelle techno prend-elle ses quartiers, voilà qu’une autre tente de s’imposer. C’est le cas des bots, ces robots qui ne ressemblent à rien, puisque ce sont de mini programmes informatiques censés simuler le comportement humain ou faire des tâches répétitives à notre place. Ils devraient rapidement envahir les entreprises. Quand et comment ? D’ici deux ans, prédisent certains spécialistes. Ils sont déjà là pour d’autres experts, au service des salariés et des DRH. Des start-up plutôt américaines y veillent et s'agitent pour faciliter la vie des uns et des autres, du moins sur le papier.

Grâce aux chatbots, les versions bavardes de ces agents intelligents, l’ordinateur d’un collaborateur lui demandera s’il va bien, lui signalera l’anniversaire d’un collègue et le pot de départ d’un autre. Il scannera ses notes de frais, les classera, comme un gentil assistant virtuel. Rien de très perturbant là-dedans et rien de bien révolutionnaire non plus. 

Mais dans un second temps, l’ami bot s’autorisera quelques libertés.  Il pourra demander à son interlocuteur s’il a tenu compte des remarques qui lui ont été faites par son chef, et pourquoi pas, s’inquiètera bientôt de l’avancement du projet Molduc qui attend une réponse pour demain. Et rien n’empêchera ce bot-manager de faire son petit reporting instantanément. Il y aura aussi des bot-collègues aux RH. Charge à ces bot-recruteurs de tchatter avec les candidats, histoire de débroussailler le terrain de leurs homologues de chair et de sang. 

Allons plus loin. Dans pas bien longtemps, les entreprises devront supporter un nouveau fardeau : le prélèvement à la source. Une palanquée de paperasses qui en fait trembler plus d’une. La tentation est grande de refiler le bébé à d’autres bots qui se débrouilleront très bien avec les impôts à déduire des fiches de paie.

Le plus étonnant, dans ce progrès, ou tout du moins dans cette avancée technologique, c’est la gratuité de ces softwares, comme l’explique ce spécialiste de la transformation digitale. Suffirait de télécharger les mignons bots au grand hypermarché du web et le tour serait joué. Mais notre expert de s’interroger sur le business model des boîtes qui développent ces programmes, ignorant peut-être le déjà vieil adage du web : « quand c’est gratuit, c’est que le client est le produit ». Et quand le client livre ses notes de frais, ses profils de candidats, ses habitudes de travail et son état fiscal, c’est un sacré bon produit. Toujours vos potes, les bots ?

@Syl_DiPasquale

Dessin de Charles Monnier ©Cadremploi

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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