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Ex-syndicaliste : le nouveau it-candidat ?

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Sylvia Di Pasquale

14/03/2016

Vous le connaissez certainement. Car non content de l’entendre chaque semaine sur Europe 1, David Abiker a aussi sévi sur Cadremploi. En fin connaisseur de l’entreprise et des RH, il vient de commettre un texte pour inciter les boîtes à embaucher des candidats qui ont exercé des fonctions de leader syndical durant leurs années estudiantines. Comment ose-t-il ? Comment, dans un monde policé où il faut gommer toute trace d’opinion, peut-il conseiller à un DRH de s’enticher d’un passionario ou d’une passionaria ? 

Le journaliste pose ses arguments, et s’ils sont dénués d’idéologie, ils ne manquent pas de bon sens. Un syndicaliste n’a pas peur des responsabilités, puisque, à travers son engagement, il va les chercher. Un bon point pour lui. Il sait haranguer une foule et saura mener une réu. Le réseau, il connaît, c’est même le ferment de toute action politique. Il sait aussi négocier et c’est vital dans de nombreuses fonctions, même celles qui ne sont pas directement commerciales.

D’accord, David Abiker cantonne notre syndicaliste aux fonctions communication, affaires sociales, relations institutionnelles, lobbying, recrutement, services généraux ou relations avec les grandes écoles. Mais qu’est-ce qui empêcherait quelqu’un qui sait manœuvrer une foule de devenir un bon manager ? Un type ou une fille capable d’organiser l’occupation de son lycée ou une manif pourrait voir s’ouvrir devant lui une carrière de logisticien. Et son sens de la négociation pourrait l’amener vers d’autres sommets encore.

Sauf que ce constat ne fonctionne pas. Dans un monde idéal, les dirigeants sauraient se souvenir de leurs jeunes années. Dans un monde idéal, ils seraient débarrassés de tout carcan idéologique. Dans un monde idéal, Pierre Gattaz (boss du Medef) ne traiterait pas Carole Couvert (boss de la CGC, le syndicat des cadres) de « cégétiste » sous prétexte qu’elle est opposée à la loi El Khomri, et pas lui. Dans le monde tel qu’il est, les patrons craignent les syndicalistes comme la peste et vice-versa. Et si le monde tel qu’il est ne va pas si bien que ça, c’est aussi à cause de cela. 

 

@Syl_DiPasquale © Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

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commentaires

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Dom

15/03/2016

à 16:19

Lors des très nombreux débats sur ce projet de Loi, j'ai appris avec stupeur que dans un pays nordique (le Danemark je crois) où toutes les négociations se déroulent comme dans un conte de fées, tout repose sur une négo permanente en bonne intelligence au sein de chaque entreprise : les syndicats y sont ultra présents et actifs, car l'adhésion à un syndicat est obligatoire pour tous les salariés ! J'ai vraiment l'impression que cette adhésion obligatoire est une clé du succès, et une fois de plus je suis sidéré de voir à quel point en France on passe son temps à ignorer superbement les bonnes idées efficaces venues d'ailleurs (enfin, sauf quand ça vient des USA car tout ce qui vient des USA est forcément moderne et formidable, n'est-ce-pas). Et je suis très étonné de voir que personne n'a souligné ou repris cette excellente idée d'adhésion obligatoire, qui résoudrait le problème du salarié moyen qui n'ose pas adhérer à un syndicat "pour ne pas être mal vu de la Direction"... Un syndicalisme fort est la clé d'un dialogue sur un pied d'égalité entre employeurs et employés. Et cela ne signifie pas forcément que tout le monde va lire l'Huma en se laissant pousser la barbe dans des hamacs !

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HELLEBOID Franck Fhv35

15/03/2016

à 21:52

Ancien permanent syndical, toujours impliqué à titre militant ; je ne suis pas sur qu'une adhésion obligatoire puisse résoudre les difficultés dans les relations sociales en France, qui relèvent d'abord d'une faible culture de la négociation (pas plus que le vote obligatoire ne rendrait citoyens les français). Il y a des apriori de part et d'autre, et de faits, le comportement des uns et des autres est parfois assez caricatural... Il est exact qu'un ancien permanent syndical a capitalisé de nombreuses compétences : il est non moins exact qu'il ne peut guère les valoriser en vue d'un recrutement (je suis payé pour le savoir !)...

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