Foot : et puis vint Nathalie Iannetta

Sylvia Di Pasquale

De retour à la télé, elle revient éclairer les téléspectateurs et leur permettre de constater qu’elle est largement au niveau, voire au-delà.

Dessin de Charles Monnier

Foot : et puis vint Nathalie Iannetta
Dessin de Charles Monnier

Ça y est. La deuxième étoile est collée sur le maillot bleu pour l’éternité et la Coupe du monde est française pour quatre ans. Les responsables, les héros d’hier ? 23 garçons, un coach fortiche et un staff de 19 personnes. Une cinquantaine de types partis pour une campagne de Russie et revenus en vainqueurs.

On ne va pas reprocher à l’équipe masculine son manque de parité, ni même aux collaborateurs de Didier Deschamps d’être des garçons. En revanche, du côté des commentateurs, des journalistes et des experts qui envahissent les télés depuis un mois, on eût pu s’attendre à découvrir davantage de femmes nous parler tactique, collectif et petit pont. On eût pu, mais on n’a pas beaucoup vu.

Sur BeIn Sport, il faut scroller et scroller encore, sur la page du site de la chaîne présentant le dispositif de la Coupe du monde, pour découvrir, tout en bas, après les commentateurs et les experts, deux femmes parmi les onze reporters de la chaîne. Selon TV5Monde, la Fifa a dénombré 14 % de femmes sur les 14 000 journalistes accrédités pour cet événement.

Et puis il y a l’exception Nathalie Iannetta.

Elle est omniprésente, dans tous les mags d’après-match de TF1, technique et précise, juste et synthétique, drôle et sympa. Et personne n’y trouve rien à redire. Personne pour expliquer qu’une femme n’a rien à faire entre Youri Djorkaeff et Bixente Lizarazu. Experte, Nathalie Iannetta l’est comme eux. Mais elle arbore un CV encore plus riche.

Après les années Canal, elle a rejoint l’Elysée comme conseillère aux sports auprès de François Hollande. Des réceptions d’après-match, elle en a organisé quelques unes. Elle est ensuite entrée à l’UEFA, comme chief advisor, super conseillère auprès de la présidence. De retour à la télé, elle revient donc éclairer les téléspectateurs et leur permettre de constater qu’elle est largement au niveau, voire au-delà.

La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente.
Françoise Giroud

Car lequel d’entre eux, toutes chaines confondues, a tressé une expérience aussi chatoyante sur le foot et ses coulisses ? Denis Brogniart, à ses côtés sur TF1 ? Yohann Riou sur l’Equipe 21 ? Ou Carine Galli sur W9 ? Malgré leurs formidables prestations, ils ne peuvent pas revendiquer un tel parcours.

On est très loin de la pauvre miss France potiche, recrutée par TF1 en 2009 pour « féminiser » son émission hebdomadaire Téléfoot. Nathalie Iannetta prouve une fois de plus que dans le foot comme à la télé, et comme en entreprise, pour qu’une femme s’impose à haut niveau, elle doit être plus capée qu’un homme à poste équivalent.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

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Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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