Gagner moins, c'est parti...

Sylvia Di Pasquale

Bon, on va dire que c'est un épiphénomène. Un truc qui va passer à la vitesse d'un TGV cauchemardesque et qu'on va se réveiller comme si de rien n'était. Faute de quoi, on est mal. Nous ? La grande famille des 18 millions de salariés français qui n'ont pas envie d'imiter leurs copains de Donatello. Le voyagiste aurait demandé à ses 220 collaborateurs de réduire leur salaire en procédant à un avenant à leur contrat de travail. Le tour opérateur, spécialisé dans le voyage culturel sur mesure, enregistre ces temps-ci une forte baisse de son chiffre d'affaires et n'a trouvé comme seul recours que de demander à ses ouailles de diminuer leurs émoluments. Et comment vont réagir ces derniers ?

Il y a de fortes chances qu'ils acceptent, car leur marge de manœuvre est ultra-restreinte et la démarche parfaitement légale. Un employeur peut tout à fait demander un tel geste à ses salariés par lettre recommandée (avec accusé de réception comme il se doit). Et seul le Smic peut constituer, comme il l'indique, un minimum en deçà duquel il ne peut aller. Le récipiendaire de la jolie bafouille dispose alors d'un mois pour répondre. S'il ne pipe mot, ou s'il accepte, la baisse entre en vigueur le mois suivant. En revanche, s'il refuse, son employeur peut le renvoyer définitivement chez lui, au motif d'un licenciement économique. Par les temps qui courent, une telle perspective mérite évidemment réflexion, dans le secteur du tourisme comme ailleurs.

Chez le voyagiste haut de gamme, la démarche est venue du haut; mais il arrive aussi qu'elle vienne d'en bas. De ce cadre d'une grande banque, par exemple. À la tête d'un service de huit financiers chargés de gérer des fonds et qui se retrouvent sans fonds à gérer depuis la crise que l'on connaît, a fait une suggestion à sa direction. Avec l'accord de ses collaborateurs, il a proposé de baisser le salaire de chacun pour éviter le licenciement de tous. Au final, l'employeur a tranché : il a licencié trois des financiers de l'équipe et a diminué le salaire de ceux qui restent... De cette affaire, on peut toujours tenter d'en tirer une morale.

Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - 19 janvier 2009

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

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