1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'édito de Sylvia Di Pasquale >
  4. Il démissionne pour rendre 1 milliard d’êtres humains heureux

Il démissionne pour rendre 1 milliard d’êtres humains heureux

il-demissionne-pour-rendre-1-milliard-detres-humains-heureux

Sylvia Di Pasquale

19/03/2018

Il s’appelle Mo Gawdat, c’est le boss du département des inventions secrètes de Google. En pleine tournée promo française de son bouquin*, il vient d’annoncer sa démission. Et d’expliquer qu’après avoir passé 10 ans chez Google à développer des technologies qui devaient apporter le bonheur, il a décidé de se consacrer à sa fondation pour rendre 1 milliard de terriens heureux. Rien que ça.

En cette journée internationale du bonheur, voilà qui devrait un tantinet intriguer Antonio Guttieres, le secrétaire général de l’ONU qui, beaucoup moins ambitieux, doit se contenter d’obtenir quelques cessez-le feu par ci par-la, parfois en vain.

Mo Gawdat semble bien moins pétri de doutes sur l’humanité que le diplomate. Le bonheur qu’il explicite longuement dans son livre*, il le conçoit comme un ingénieur peut concevoir une vis sans fin : avec pragmatisme et détermination. Son bonheur à lui est d’ailleurs une équation mathématique :  le bonheur est supérieur ou égal à notre perception des événements de notre vie, moins nos attentes concernant ce que devrait être notre vie.*

 

En d'autres termes, on se sent heureux quand les événements de notre vie correspondent ou dépassent nos attentes et malheureux quand nos attentes, pas forcément réalisées, plombent notre moral.

Selon cette formule, on se sent heureux quand ce qui nous arrive correspond ou dépasse nos attentes. Et si l’on n’est pas heureux ? C’est que l’on a décidé de ne pas l’être. Car, après tout, on est toujours mieux loti que les plus pauvres que nous. « Les Français devraient être un peuple heureux, par rapport à la Syrie », expliquait-il dimanche matin au micro d’Europe 1.

Le bonheur, il a donc décidé de le décréter pour 1/5e de la planète. Le bonheur à la maison, dans le bus, mais aussi au boulot, forcément. Et pour lui, travailler dur, mais sans stress ni malheur, c’est possible.

Un bon job, c’est quand on bosse pour « une entreprise ou une cause qui nous plaît, avec des collègues qu’on admire ». Et si on travaille du coté obscur et que le voisin d’open space mange trop d’ail ? Si le pont d’or et le gros poste de manager est chez Darth Vador ? Mo remet de l'ordre dans nos priorités :  « une carrière ne se mesure pas au salaire, ni au titre ou aux perspectives d’évolution, mais au bonheur qu’elle engendre. » Bon, bon, mais on fait quoi ? « Il ne faut pas avoir peur de quitter un emploi qui ne nous satisfait pas. » Bon sang bien évidemment. Et dire qu’on n’y avait même pas songé.

On peut se moquer de ces quelques sentences délivrées par l’homme et la fondation qu’il a créée. Sauf qu’on n’est pas à l’abri de voir débouler dans les entreprises le positivisme mâtiné de data-scientisme prôné par la méthode Gawdat. « 96 % des 2 000 Googlers à qui j'ai enseigné ma théorie disent que cela a changé leur vie. Un record pour une formation interne de deux heures chez nous. Mais j'ai également donné des formations dans d'autres entreprises comme Mastercard, Salesforce ou Booking.com. Et les entreprises sont demandeuses », rapportait le JDN l’an passé au moment de la publication US du bouquin magique.

Si d’aventure le Google boy songe à investir dans des sessions de formations destinées aux cadres européens en mal de bien-être au travail, il n’est pas à l’abri d’un gros succès.

 @Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier

* Source : Solve for happy, Gallery Books, 2017 / La formule du bonheur, Larousse, 2018

[Cet article est un éditorial qui reflète le point de vue de la rédaction. Le forum ci-dessous vous permet de le commenter ou d’apporter votre témoignage en lien avec le sujet évoqué, dans le respect des principes éthiques et de savoir-vivre (comprenant l’écriture avec un certain soin). Nous avons hâte de vous lire et vous remercions de votre visite.]

4

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

Jean de la Cote

21/03/2018

à 12:01

J'hésite entre rire et pleurer devant tant de fadaises érigées en leçon de vie...comme je préfère soigner mon bonheur,je choisi d'en rire.
Sinon, comme le disait le célèbre philosophe :
"Les c..s ça osent tout c'est même à ça qu'on les reconnait"

> Répondre

En réponse à Jean de la Cote

Sofia

25/03/2018

à 16:47

Heureusement, il reste Michel Audiard. Bien d'accord avec vous Jean de la Cote.

> Répondre

Caplier Diana

21/03/2018

à 09:25

Commencez à rendre heureux les personnes de votre environnement familial, amical, etc. ! cela vous permettra d'être à la hauteur de vous-même ! C'est la connaissance de soi qui permet la connaissance des autres et la connaissance des autres qui permet la connaissance de soi. On a toujours besoin d'un plus petit que soi..
Bonne introspection...

> Répondre

Corinne

21/03/2018

à 08:21

On voit des donneurs de leçons à tout va. Mais le possible n'est pas forcément réalisable pour tous. Alors arrêtez de nous faire culpabiliser, de nous faire passer pour des "has been" ou je ne sais quoi. C'est insupportable. En fonction de la situation personnelle de chacun, le curseur du champ des possibles n'est pas forcément le même. Cette personne devait avoir le compte en banque bien fourni pour s'ouvrir d'autres horizons. Ou alors donnez lecture de ces belles pensées uniquement aux personnes à fort potentiel financier.

> Répondre

+
Confidentialité de vos données
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires permettant l’utilisation de données relatives à un même utilisateur par notre société ainsi que par des tiers comme les régies publicitaires partenaires, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services en lien avec votre recherche d’emploi, une offre publicitaire adaptée à vos centres d'intérêts et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus
J'accepte