Il fait trop chaud pour télétravailler

Publié le 29 juillet 2019 Sylvia Di Pasquale

Il fait trop chaud pour télétravailler

Je ne sais pas vous, mais ça m’a fait bizarre quand la ministre m’a conseillé de rester chez moi. C’était jeudi, et Elizabeth Borne, ministre du Développement durable, demandait aux Français de « privilégier le télétravail ». Amaury, Vincent, Claire, Paule et les autres ont eu la même réaction que moi :

 

- Tu télétravailles aujourd'hui ? - Sûrement pas, c'est canicule !

 

Elle n’est jamais venue chez moi Babette, sinon elle ne me conseillerait pas d’y rester quand la température frôle les 37, volets fermés et rideaux humidifiés, tandis que le thermomètre extérieur s’envole à 42°C.

Elle ferait comme nous, la ministre, et d’ailleurs, elle fait peut-être comme nous : le matin tôt, quand il fait déjà beaucoup trop chaud dans son chez-soi, on est tout content d’aller au bureau. Car là-bas, dans l’open space, il y a ce truc incroyable : la climatisation. Un truc dont peu de gens disposent à la maison.

Depuis ces canicules à répétition, le bureau et sa clim sont notre oasis, notre havre, notre refuge. On en vient même à hésiter à le quitter.

Allez déjeuner ? Oui mais non. Si c’est pour se prendre un choc thermique dans la rue, non merci. Si c’est pour faire la queue dans un resto blindé – et climatisé lui aussi – dont tout le monde a fui la terrasse, nein danke. Et puis, avaler sa salade avec un collègue qui est capable de tenir une heure sans respirer sur ses réactions cutanées aux fortes chaleurs, no thanks. Alors on déjeune d’une pomme ou on avale un Feed (la pomme, version techfood).

Et quand vient le soir, on fait même du zèle, on prolonge le plaisir climatisé, on se permet de faire du présentéisme. Ce dossier à boucler pour mars 2020 ? Ben non, il ne peut pas attendre. Du moins jusqu’à ce que le mercure devienne raisonnable.

Finalement, la canicule aura au moins un (tout petit) effet positif : celui d’augmenter la productivité des salariés climatisés. Avec une pensée, quand même, pour tous ceux qui ne le sont pas. Ils ont au moins la consolation de combattre le réchauffement climatique. Eux.

Sylvia Di Pasquale
Sylvia Di Pasquale

Je suis rédactrice en chef de Cadremploi depuis 2006, en charge de la rubrique actualités du site. Je couvre des sujets sur la mutation des métiers, l'évolution des rapports recruteurs/recrutés, les nouvelles pratiques managériales ou les avancées de la parité. A la fois sous forme de textes, d'émissions video, de podcasts ou d'animation de débats IRL.

Vous aimerez aussi :