1. Accueil >
  2. Actualités >
  3. L'édito de Sylvia Di Pasquale >
  4. Intelligences RH artificielles : qui vont-elles augmenter ?

Intelligences RH artificielles : qui vont-elles augmenter ?

intelligences-rh-artificielles--qui-vont-elles-augmenter-

Sylvia Di Pasquale

27/03/2017

Ressources Humaines

On ne va pas vous rejouer chaque semaine l’allégorie de Terminator et des robots qui dominent le monde. Pourtant, dans les allées du salon Solutions Ressources Humaines qui s’est tenu la semaine passée, Arnold n’aurait pas déparé. L'intelligence artificielle déferlant sur toutes les activités humaines, pourquoi les RH y échapperaient-elles. De stand en stand, une seule sarabande : faciliter la vie des professionnels des ressources humaines. 

C’est que les concepteurs d’IA affichent les meilleures intentions du monde à l’égard de ces pros : tous veulent les libérer des tâches répétitives. Et pour prendre en charge la basse besogne, rien ne vaut un petit bot avec ses bras musclés. Comme ceux de Yaggo. La start-up propose de s'occuper du rocher de tous les Sisyphes-recruteurs : répondre de façon personnalisée aux candidats. C’est bénef pour tout le monde : le récipiendaire de la missive garde une bonne image de l’entreprise malgré la déception – c’est la promesse –, et l’entreprise les données des candidats les plus pertinents pour elle.

Mais quid des autres tâches basiques des RH comme la gestion des congés, les demandes de formation, le suivi des carrières, l’épanouissement personnel… ? Pour tous ces fardeaux chronophages, heureusement Petra est là. Cette IA développée par Eroiq fait le job sans renâcler. Elle compile les petites données de tous en matière de comportement, de management, de performances business et hop : le robot régurgite ses recommandations en matière de formation. Cerise sur les relations sociales, Petra prémâche aussi les entretiens d’évaluation annuels. Un pur bonheur, un délice de responsable RH, un ravissement de salarié qui n’en demande pas tant.

Face à cette sollicitude digitale, il conviendrait de dresser devant le pas lourdement botté du Terminator un lit de pétales de roses. Mais en lançant les fleurs, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il adviendra des données aussi précises que nombreuses accumulées par les Petra et autres Yaggo. Ce que Jérémy Lamri ne manque pas de rappeler dans sa tribune pour le magazine Forbes dans laquelle il suggère de ne « pas jouer à l’apprenti sorcier. Comme par exemple avec cette expérience du MIT, enregistrant les conversations de collaborateurs, pour y déceler les changements dans la voix ou la durée, révélant les variations du niveau d’engagement. »

Reste qu’il est quasi impossible de renoncer à ces facilités destinées à soulager une part de pénibilité du travail et à optimiser la part qui peut l’être grâce aux bots. Mais on peut rêver à un comité d’éthique RH mondial, baptisé Hasta la vista baby, et qui veillerait au grain des intérêts humains.

@Syl_DiPasquale ©Cadremploi

Dessin de Charles Monnier ©Cadremploi

2

commentaires

Participez à la discussion

Réagir à cet article

toto

31/03/2017

à 13:28

oui, ce serait franchement très louche que l'IA décide que le PDG sera seul augmenté (démontrant ainsi la réalité augmentée de l'emploi bien sûr!

> Répondre

ENzd

29/03/2017

à 13:14

Madame,

Merci à vous de parvenir à associer une vision fine et acérée avec l'humour qui procure le recul nécessaire.
Finalement, toutes les fonctions sont concernées par la marginalisation inéluctable de la valeur ajoutée humaine, dans l'exécution des processus courants destinés à créer une illusion de sens et de raison d'être, chez les humains.
Ne sommes-nous pas simplement sur le point de transmettre le jalon de la vie que nous avons porté jusqu'à nos limites. Après, porté par le Terminator jusqu'à notre couchette de raccordement à la matrice, peut-être n'aurons nous plus qu'à nous endormir, lentement, sans nous en rendre compte, dans une débauche de réalité virtuelle et lénifiante (mais n'y sommes-nous déjà pas?).

> Répondre

+