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Je veux un vrai chef mais pas trop

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Sylvia Di Pasquale

15/07/2019

Quoi de plus contradictoire que le rapport des Français à l’autorité. Cette curieuse ambiguïté, en matière hiérarchique, vient de jaillir de deux études réalisées à moins d’un mois d'intervalle. Au moins de juin, dans une enquête d’OpinionWay pour Dropbox, il apparait que 88 % des salariés interrogés trouvent que les petits chefs abusent de leur autorité. OK, donc si on les suit dans leur révolte, trop de chefaillons rendent la vie insupportable au bureau.

D’autant, que quelques semaines plus tard, Opinionway est toujours à la manœuvre, mais pour Lumio cette fois, un logiciel RH. La salve anti-chefferie est moins puissante, puisque « seulement » 54 % des interrogés trouvent que les chefs en question sont trop nombreux.

L’hostilité est donc majoritaire contre l’autorité ? Que nenni. Car dans les mêmes sondages se dégagent d’autres pensées qui semblent traverser l’esprit de nos contemporains. L’autorité dénigrée ne l’est pas tant. Du côté de l’enquête Lumio, ils sont 67 % à plébisciter l’autorité pour progresser. Chez Dropbox, ils sont 8 sur 10 à respecter l’autorité.

Alors quoi ? Tous schizo les salariés français ? Peut-être qu’ils sont tout simplement lucides. Peut-être que leur attitude témoigne d’une erreur de casting généralisée. D’un vieux truc qui prévaut toujours dans l’organisation des entreprises hexagonales. Un truc lié à la promotion quasi automatique des cadres en fonction de leur expertise, et non de leur sens du management et du leadership.

D’ailleurs, Opinionway a posé la question à tous ces collaborateurs en mal de vrais chefs. Et que répondent-ils lorsqu’on leur demande « Quels sont les fondements de la légitimité de l’autorité en entreprise ? ».  À 72 %, que ce sont les compétences, et à 30% seulement, le leadership qui fait un vrai chef.

Rien n’est donc gagné et le changement, c’est pas pour maintenant. D’autant que la moitié des sondés, toujours selon l’enquête Lumio, s’estime capable de devenir chef à la place du chef. Et d’être aussi détesté que lui ?

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